Cantons de Carpentras

Carpentras

27 200 hab. (Carpentrassiens) dont 1 200 à part, 3 792 ha dont 263 de bois, sous-préfecture du Vaucluse, 29 km au NE d’Avignon. La ville est au centre de la plaine du Comtat et d’une étoile de routes qui témoigne de sa position éminente dans les échanges. Sa fonction de marché et d’ancienne capitale du Comtat Venaissin se marque aussi à son patrimoine monumental et culturel. Carpentras fut même ville pontificale, fort brièvement il est vrai: Clément V s’y était installé comme pape en 1313, mais son successeur a préféré Avignon l’année suivante… Elle eut également une forte communauté juive, organisée en ghetto du 16e à la Révolution.

La vieille ville à la forme d’un vague quadrilatère sur la rive gauche de l’Auzon, dont les berges sont aménagées en espace vert. Elle conserve une porte des anciens remparts, et au centre une cathédrale gothique (15e s.) et un palais épiscopal du 17e s. devenu palais de justice, près d’un arc de triomphe romain; une synagogue du 14e s. restaurée, de nombreux hôtels bourgeois des 17e et 19e s. Il offre la grande bibliothèque Inguembertine (du nom d’un évêque de Carpentras du milieu du 18e s.) et le centre culturel la Charité, plusieurs galeries d’art et des musées d’arts Comtadin-Duplessis et d’arts déco (Sobirats). Hors les murs à la pointe sud, se carre un grand hôtel-Dieu du 18e s. riche d’une remarquable apothicairerie. Carpentras a aussi un aqueduc du 18e s.; elle est connue pour ses spécialités de berlingots et de fruits confits et son marché à la truffe; festivals estival et de musique juive; ses vignerons cultivent 657 ha de vignes.

La ville est dotée de trois collèges publics et deux privés, deux lycées publics et deux privés, un lycée professionnel public, un lycée agricole privé et un centre de formation agricole public; elle a un centre hospitalier (95 lits médicaux, 380 en tout), une maison d’enfants (48 places), deux cliniques de 65 et 50 lits dont une polyclinique Synergia (120 sal.) et un centre de convalescence (30 sal.), une maison de retraite (35 sal.), deux instituts médico-éducatifs et deux centres d’aide par le travail, plus un établissement de l’Institut national de formation (Infrep, 30 sal.). Une grande zone d’activités dite Carpensud a été aménagée au sud-ouest de la ville, dotée d’un marché-gare, et accueillant chaque semaine un grand marché d’horticulture et pépinières.

Les principales entreprises de production sont les plâtres Lafarge (150 sal.) et les emballages métalliques légers Crown Cork (90 sal.); automatismes industriels Erm (25 sal.), condiments Christian Potier (25 sal.) et confiserie Saint-Siffrein (25 sal.). Carpentras accueille aussi un centre Leclerc (225 sal.) et un Intermarché (75 sal.), Distrileader (30 sal.); les négoces de produits alimentaires Relais Vert (80 sal.), de surgelés Gyma (70 sal.), de pneus Ayme (45 sal.); le gardiennage SEP (Sud-Est Protection, 55 sal.), les transports Vincent (Fransud, 80 sal.) et Berthaud (35 sal.), les transports par autocars Sud-Est Mobilités (65 sal.) et Arnaud (30 sal.); EdF-GdFaffiche 60 salariés.

Carpentras a eu environ 10 000 hab. durant tout le 19e s. puis sa population a augmenté, atteignant 15 000 hab. en 1954 et 24 300 en 1975; elle n’a que modérément progressé ensuite; les estimations pour 2005 sont de 27 000 hab. (sdc). Les quartiers de l’Éléphant et des Amandiers au nord-est et le grand ensemble des Pous du Plan au sud sont classés en «zone urbaine sensible». Longtemps à droite, le conseil municipal est passé à gauche aux élections de mars 2008; le maire est Francis Adolphe, socialiste, entrepreneur de spectacles. L’arrondissement a 113 200 hab., 8 cantons, 58 communes, 126 643 ha. La ville est le siège de la communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin, qui rassemble 25 communes et 60 600 hab. et dont la majorité est restée à la droite, sous la présidence de Christian Gonnet, UMP, maire de Beaumes-les-Venise.

Les 2 cantons ont 63 700 hab., 10 communes, 22 523 ha dont 1 481 de bois. Une seule commune est de petite taille: Saint-Hippolyte-le-Graveyron (180 Saint-Hippolytains, 494 ha), 10 km au NNE de Carpentras, qui n’a d’ailleurs pas de village mais des maisons éparses et de vieilles oliveraies. Les autres sont Caromb au nord-est, Mazan à l’est, Monteux, Althen-des-Paluds et Entraigues-sur-la-Sorgue au sud-ouest, Loriol-du-Comtat, Sarrians et Aubignan au nord-ouest.

Le canal de Carpentras est une conduite d’eau pour l’irrigation qui serpente dans le Comtat sur 66 km, prenant l’eau de la Durance à Mérindol et s’achevant dans l’Aigues au nord d’Orange. Envisagé dès le 16e s., il ne fut lancé qu’en 1853 et achevé en 1869, et permet d’irriguer 36 000 ha de cultures. Le système, naguère simplement gravitaire, a été transformé en réseau à pression, permettant des pompages dans des rivières traversées. Le canal actuel mesure 85 km de long et abreuve 350 km de fossés de dérivation, dont 60% bénéficient de la pression (30 stations de pompage).


Althen-des-Paluds

2 000 hab. (Althénois), 640 ha, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras-Sud, 11 km au sud-ouest du chef-lieu; coopérative horticole. Le finage est limité à l’est par la Sorgue de Valleron. La commune a été créée en 1845 à partir d’un hameau de Monteux spécialisé dans la culture de la garance par Jean Althen, agronome d’origine arménienne (1710-1774), qui y fit fortune. La commune avait alors 1 200 hab.; tombée à moins de 900 hab. dans les années 1920, elle a retrouvé sa population initiale en 1970 et croît depuis.

La garance en Comtat

Les efforts de Jean Althen ont porté leurs fruits sous l’Empire. «En 1804, pas moins de dix moulins y réduisent en poudre les racines de garance, à la force des eaux de la Sorgue. Deux ans plus tard, ils sont quinze moulins, et en 1839 le département compte 50 usines à garance!» Le Vaucluse assure au milieu du siècle les deux tiers de la production mondiale. Puis les rendements faiblissent, la qualité de se dégrade, la chimie concurrence la teinture végétale. À la fin du siècle il ne reste plus rien de cette manne; les villages se dépeuplent, frappés encore par la crise des petites industries locales et l’attaque du phylloxéra dans le vignoble. V. http://www.garance.free.fr


Aubignan

3 900 hab. (Aubignanais), 1 570 ha, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras-Nord, 6 km au NNO du chef-lieu; porte et restes de remparts, tour de l’horloge, ancienne halle au blé du 17e s., chapelle Saint-Sixte (12e s.) et église du 11e s., château du Rocan à l’est. La commune est surtout résidentielle. Les principales entreprises sont un négoce de fruits et légumes Barba (30 sal.) et les maçonneries Arco (30 sal.) et Les Compagnons du Barroux (30 sal.). Les vignerons déclarent 524 ha de vignes. La population communale a d’abord culminé à 1 900 hab. vers 1860 puis est descendue à 1 500 dans l’entre-deux-guerres; elle augmente depuis, surtout après 1980. Elle a gagné 400 hab. de 1999 à 2004 et dépasse ainsi nettement les 4 000 hab.


Caromb

3 100 hab. (Carombais), 1 798 ha dont 252 de bois, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras-Nord. Le bourg est ceint de remparts et conserve une église romane tardive du 14e s. à riche mobilier et clocher octogonal fortifié, un beffroi de 1592; musée des vieux outils du vigneron. Le château Saint-Clou est au sud de la commune; ancienne résidence pontificale dite de la Pré Fantasti; le petit plan d’eau du Paty, créé en 1766 et qui retient 400 000 m3 d’eau, agrémente un vallon des collines terminales du Ventoux au nord du finage. Caromb cultive 944 ha de vignes (côtes-du-ventoux), et a une cave coopérative; nombreux oliviers (il reste un moulin artisanal), spécialité de figue noire allongée; horticulture et pépinières Richard (45 sal.), maison de retraite de l’Abbaye des Cordeliers (20 sal.). Caromb avait 2 600 hab. vers 1830, moins de 1 600 en 1936; sa population croît depuis mais n’a presque rien gagné de 1999 à 2007.


Entraigues-sur-la-Sorgue

6 700 hab. (Entraiguois), 1 657 ha, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras-Sud, 15 km au SO du chef-lieu sur une butte de calcaire coquillier. Le centre historique a des restes de remparts et un ancien donjon dit tour des templiers (12e-13e s.), récemment restauré; des sculptures modernes aux entrées de la ville évoquent le thème de la «mémoire de l’eau». Le site de Trévouse (ou Trévouze), à l’extrême sud de la commune, fut celui d’une fabrique de poudre de garance, dans une grosse bastide qui date du 15e s. et en conserve quelques éléments. Le nom d’Entraigues est devenu «sur Sorgues» en 1918, puis «sur la Sorgue» en 1993. La commune a atteint 2 300 hab. en 1872, avant de tomber à 1 800 hab. en 1896; sa population augmente depuis, le principal de la croissance ayant eu lieu de 1962 (2 600 hab.) à 1982 (5 300 hab.); elle a gagné 480 hab. de 1999 à 2004.

Une zone d’activités (zac du Plan) a trouvé place au sud de la commune sur un ancien dépôt de l’armée. La Sita-Sud y a acquis 30 ha pour un centre de stockage de «déchets ultimes». Entraigues a ainsi reçu d’assez nombreuses entreprises comme le mobilier urbain Urbaco (50 sal.), les réservoirs et conteneurs Fabbri (30 sal.), les engrais Vital (25 sal.); dans la distribution, se signalent la centrale d’achats le Mistral (85 sal., groupe Coccinelle du distributeur Francap), le négoce de jouets Partner Jouet (55 sal.), le négoce de droguerie et parfums Coldis (35 sal.); nettoyages Onet (250 sal.) et AZ Clean (30 sal.), transports Dentressangle (100 sal.), OTC (30 sal.), Peyrot (25 sal.), messageries Schenker-Joyau.


Loriol-du-Comtat

1 900 hab. (Loriolais), 1 129 ha, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras-Nord, 5 km au nord-ouest du chef-lieu sur la route d’Orange. Elle conserve le château de Talaud (18e s.), le château Sainte-Barbe au nord-est, un pont-aqueduc du canal de Carpentras; espaces verts Creps (35 sal.), négoce de fruits Pomona (40 sal.), 130 ha de vignes. Le nom de la commune était Loriol avant 1929. Elle n’avait encore que 900 hab. en 1968; elle croît depuis et a gagné 250 hab. de 1999 à 2005, passant largement le seuil des 2 000 hab.


Mazan

5 000 hab. (Mazanais), 3 792 ha dont 549 de bois, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras-Sud, 8 km à l’est du chef-lieu. Le bourg est longé par l’Auzon. Il conserve des restes antiques de l’allée des sarcophages (Alyscamps, 6e-7e s.) hors du vieux centre, des restes d’enceinte et de portes, plusieurs fontaines et maisons bourgeoises dans la vieille ville, la chapelle de Pareloup (12e s.) et un château de Sade transformé en hôtellerie de luxe. Elle offre un écomusée historique et archéologique de la chapelle des Pénitents blancs et des journées de théâtre comique, et dispose d’un collège public. Ses vignerons déclarent 1 648 ha de vignes et ont une cave coopérative. La principale entreprise est celle des plâtres Lafarge (100 sal.) qui exploite une grande carrière de gypse. La population de Mazan avait dépassé 4 000 hab. dans les années 1840 puis s’était tenue au-dessous de 1 800 hab. dans l’entre-deux-guerres; elle augmente depuis 1950.


Monteux

9 700 hab. (Montiliens), 3 902 ha, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras-Sud, 5 km au sud-ouest du chef-lieu sur la route d’Avignon et au bord de l’Auzon. La ville a des restes des remparts et portes du 14e s., ancien donjon (tour Clémentine), église gothique classée; elle est dotée d’un collège et un lycée publics, d’une maison de retraite et d’une maison familiale rurale; la commune a 140 ha de vignes. Monteux est un centre industriel notable: pièces plastiques MGI Coutier (420 sal.); condiments McCormick (190 et 60 sal., ex-Ducros) et conserves Ch. Parraud (95 sal.) et Louis Martin (50 sal.); construction de serres BN (50 sal.), fabrique de carrelages CMP (35 sal.) et d’enseignes Richier (35 sal.). Elle a aussi une agence d’assurances Assurema (40 sal.), un supermarché Coccinelle (30 sal.) et un ensemble de transporteurs: Lurit (180 sal.), Chevallier (80 sal.), FM Logistic (70 sal.), Quennelle (35 sal.), Aixor (30 sal.).

L’activité de Monteux fut longtemps marquée par la présence de la fabrique de feux d’artifice Ruggieri, réorganisée en 1921, mais celle-ci, frappée par une violente explosion en 1977, a été déplacée puis, après le rachat de Ruggieri par Lacroix en 1997, fermée au profit du site haut-garonnais de l’entreprise. La ville est le siège de la communauté de communes des Sorgues du Comtat (4 communes, 28 300 hab.). Monteux avait encore 4 500 hab. en 1846 après avoir abandonné le territoire d’Althen-la-Palud. Descendue à 3 500 hab. en 1891, sa population a d’abord lentement augmenté (4 700 hab. en 1954) puis la croissance s’est accélérée; la commune a encore gagné un millier d’habitants de 1999 à 2004 et dépasse ainsi sensiblement les 10 000 hab.


Sarrians

5 500 hab. (Sarriannais), 3 749 ha, commune du Vaucluse dans le canton de Carpentras, 8 km au NO du chef-lieu sur la route d’Orange. Elle conserve des restes de remparts et tour du 14e s., une église à coupole du 11e s., les châteaux Brunelly, du 15e s., et du Tourreau (17e-18e s.) à l’ouest du bourg. Elle accueille une maison de vacances, un centre de soins de suite, une maison de retraite et un Intermarché (50 sal.), Froid Climatisation Service (35 sal.), les recherches et semences Syngenta Seeds (65 sal.), le domaine d’horticulture et de pépinières des Fleurs d’Anadia (45 sal.), les transports Sciaqua (50 sal.), et cultive 1 224 ha de vignes. Sarrians a eu 3 100 hab. en 1861, moins de 2 400 en 1926, et croît depuis. Elle a atteint 4 000 hab. en 1975, 5 000 en 1982 puis sa croissance s’est ralentie (+220 hab. de 1999 à 2006).