Canton de Moïta-Verde

Moïta-Verde

canton de Haute-Corse dans l'arrondissement de Corte, chef-lieu Moïta; 4 400 hab., 14 communes, 29 218 ha. Il vient de la réunion en 1973 des anciens cantons de Moïta et Pietra-de-Verde et s'étire sur 35 km du nord au sud, englobant Aléria et dépassant ainsi largement l'embouchure du Tavignano. Il a 24 km de côte basse, et une commune à l'extrême nord, Pianello, est incluse dans le Parc régional de Corse.


Moïta (Moita)

80 hab., 571 ha, chef-lieu du canton de Moïta-Verde en Haute-Corse, assez mal accessible sur une échine au sud de la Castagniccia, à 74 km au sud de Bastia et 20 km de la mer, à 450 m. Il faisait partie de l'ancienne piève de la Serra et son finage se trouve partagé à moitié entre montagne et plaine.


Aléria (Aleria)

2 000 hab. dont 220 à part, 5 833 ha, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 70 km au sud de Bastia sur la N 198, au cœur de la Plaine Orientale, dite aussi Plaine d'Aléria. Le Tavignano traverse la commune; elle contient son delta, des marais au sud et le vaste étang de Diane au nord. À l'ouest, l'étang de Terre Rosse est un lac-réservoir aménagé pour l'irrigation des cultures de la plaine. La partie méridionale de la commune est occupée par le domaine pénitencier de Casabianda, assorti d'une réserve naturelle depuis 1951. Le pénitencier de Casabianda existe depuis 1880 et a été installé dans une région alors insalubre en proposant aux détenus une activité agricole; il dispose de 1 800 ha et 214 places, et n'a aucune clôture, mais se flatte de n'avoir connu aucune évasion; les détenus sont majoritairement des condamnés pour crimes sexuels, issus de milieux généralement frustes, et qui sont employés aux travaux agricoles.

La principale agglomération de la commune est Caterragio, sur la grand-route sur la rive nord du fleuve. Un peu plus d'un kilomètre au sud, au confluent du Tagnone, Aléria proprement dit est au milieu des fouilles qui font revivre son illustre passé; le fort Matra, construit au 15e s. et restauré, y abrite le musée archéologique départemental Jérôme Carcopino. Aléria, en effet, succède à une première fondation coloniale des Grecs de Phocée, en 565 av. J.-C., nommée Alalia. Les Étrusques en 535, les Siciliens en 453, les Carthaginois en 280 ont tout à tour pris possession d'Alalia. Puis les Romains l'investirent en 259 et choisirent d'en faire une place forte, créant Portus Dianæ comme port de guerre, d'où vient le nom de l'étang de Diane. Sept cents ans après, ce sont les Vandales qui ruinèrent la ville en 465 de notre ère, et Aleria abandonnée fut peu à peu ensevelie sous les limons des crues du Tavignano et du Tagnone; l'insalubrité des marais et des étangs fit le reste. Il subsitait néanmoins au 16e s. une piève d'Aleria au nord du Tavignano.

La commune d'Aléria a été créée en 1824; mais Aléria n'a commencé à revivre vraiment qu'avec l'assainissement de la plaine après 1945, puis sa mise en valeur sous les efforts de la Somivac, de rapatriés et d'agriculteurs corses des environs. Les fouilles ont commencé en 1955 seulement et ont dégagé de nombreux restes de plusieurs époques, dont une nécropole préromaine et tout un ensemble romain avec forum, temples et bains.

L'étang de Diane occupe 600 ha; l'île des Pêcheurs est ce qui reste d'un énorme tas d'huîtres accumulé aux temps romains, quand l'on exportait vers Rome des huîtres écalées et salées. Une entreprise a relancé avec succès la production de coquillages dans l'étang, affinant des huîtres plates importées de Bretagne et produisant également moules et clovisses. Le reste du finage cultive un peu de vigne (408 ha) et des agrumes; centre naturiste de Riva Bella.


Ampriani

14 hab. (9 en 2005), 229 ha, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 16 km au SO du chef-lieu sur une soulane de la vallée du Cursigliese, à 600 m d'altitude, dans l'ancienne piève de la Serra: alignant une simple file de maisons sur un éperon, le village est presque désert en hiver, mais abrite toutefois une centaine de personnes en été; restes d'un ancien couvent de Saint-François.


Campi

30 hab., 490 ha, village de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 2 km au SE de Moïta, à 550 m. Son territoire atteint la punta di a Campana (1 093 m); le village a de belles vieilles maisons.


Canale-di-Verde (Canale di Verdi)

340 hab., 1 461 hab., commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 19 km à l'est de Moïta (mais 5 km à vol d'oiseau) sur l'escarpement dominant la Plaine Orientale. La commune, qui culmine à la punta di a Campana, s'étire jusqu'à la mer de part et d'autre du torrent d'Alistro, à l'embouchure duquel se trouve la tour gênoise ruinée de même nom; le lac de barrage de Peri y a été aménagé pour l'irrigation; 26 ha de vignes.


Chiatra (Chjatra)

190 hab., 822 ha, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 13 km à l'est de Moïta, à 410 m; son finage est à moitié dans la Plaine Orientale; au nord, le lac de barrage de l'Alesani, destiné à l'irrigation de la plaine, peut contenir 11 Mm3 d'eau.


Linguizzetta

950 hab., 6 479 ha, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 15 km ESE de Moïta. Le village est au pied de la montagne, légèrement au-dessus de la Plaine Orientale. La commune, qui culmine à 1 093 m au NO (punta di a Campana), est surtout étendue en plaine, parmi les vignes (586 ha) et les vergers héritiers des efforts de la Somivac. Elle possède 9 km de littoral de part et d'autre du groupe de Bravone: fleuve, embouchure, tour ruinée et marine. Outre un champ de tir, elle inclut aussi le littoral de Riva Bella à l'extrême sud, consacré au naturisme (village de vacances, camping), juste au nord de l'étang de Diane. Le domaine de Casabianca, au nord de la plaine près du Bravone, a été fondé en 1954 par le créateur du célèbre apéritif Casanis, sur 470 ha; il compte 300 ha de vignes en production (AOC corse et muscat).


Matra

40 hab., 649 ha dont 336 de bois, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 2 km à l'ouest de Moïta; le village est à 560 m, le finage culmine à 1 123 m. Il existait au 16e s. une piève de Matra.


Pianello (Pianellu)

80 hab., 1 673 ha dont 283 de bois, commune de Haute-Corse à l'extrême NO du canton de Moïta-Verde, 8 km à l'ouest de Moïta, à 820 m; le territoire monte à 1 724 m à la pointe de Caldane.


Pietra-di-Verde (Petra di Verde)

120 hab., 879 ha dont 610 de bois, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 11 km au NE de Moïta, à 480 m, donnant sur l'Alesani et dominée au sud par la punta di a Campana (1 093 m). Elle fut chef-lieu de canton de 1790 à 1973.


Tallone

310 hab., 6 817 ha, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 24 km au sud de Moïta (mais 5 km à vol d'oiseau). Le village est sur le relief, à 470 m, mais la commune possède une grande partie de la plaine d'Aléria, viticole (744 ha de vignes, 2e de Corse) et fruitière, dont le cours du ruisseau d'Arena, l'étang de Terrenzana et la partie septentrionale de l'étang de Diane. Entre les deux étangs elle n'a qu'un kilomètre de littoral, vide.


Tox (Tocchiu)

140 hab., 1 479 ha dont 1 013 de bois, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 7 km au SE de Moïta en montagne, à 440 m. Le finage s'élève à 1 093 m à la punta di a Campana au NE, et n'englobe qu'une petite étendue de piémont. La vallée du Bravone fixe la limite SO de la commune; on y cultive 78 ha de vignes. La population a diminué de 24 hab. entre 1999 et 2004: la perte est de 17%.


Zalana

130 hab., 1 320 ha, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 19 km au SSO de Moïta (3 km à vol d'oiseau), à 600 m. La commune, qui faisait partie de la piève de la Serra, compte 5 hameaux, et un pont gênois sur le Bravone; beau campanile reconstruit, à 4 niveaux de baies.


Zuani

50 hab., 516 ha dont 315 de bois, commune de Haute-Corse dans le canton de Moïta-Verde, 12 km OSO de Moïta, à 690 m. Le finage monte à 1 000 m à la punta di Figarello, et occupe un vallon affluent du Cursigliese; au village, église à porte richement sculptée.