Tsingoni

9 200 hab., 3 476 ha, commune et canton de Mayotte au nord de la côte ouest de l’île. Le bourg de ce nom (2 300 hab.) est perché à 90 m au-dessus de la profonde baie de Tsingoni, au fond de laquelle débouche la rivière Ourovani; il domine vers le NO la baie et la plage de sable blond de Soulou; il a école et collège (800 élèves). Combani, 4 km à l’est, est plus peuplé (4 200 hab.) et en croissance sensible (2 400 hab. en 1997); il est encadré par les villages de Miréréni à l’est (2 100 hab., contre 1 000 en 1997), de Mroualé (ou Mrowalé) à l’ouest (510 hab.), chacun ayant son école.

Cet ensemble trône au milieu des cultures d’ylang-ylang ou de vanille et passe pour le principal centre agricole de Mayotte. La commune a 1 800 ha de surface agricole (2e de l’île après Mamoudzou), dont sa spécialité de cultures de légumes et de plantes à parfum, plus 380 ha en bananiers, 110 en manioc, et compte 1 500 bovins. Un terrain de golf y a été aménagé, ainsi qu’un centre commercial avec supermarché. Le parfumeur Guerlain y avait créé en 1995 une grande plantation de 20 ha de plantes à parfum avant de lui préférer Anjouan où la législation du travail est plus laxiste, mais la plantation s’est maintenue tant bien que mal et se visite. Combani abrite aussi la caserne du GSMA (service militaire adapté pour volontaires) et un dispensaire.

Le finage monte à l’est dans la réserve forestière de Combani et atteint 477 m au mont Combani. Vers le littoral au nord du bourg, la cascade de Soulou est l’un des sites naturels les plus réputés de Mayotte. Au sud-est du bourg de Tsingoni, le lac Kariani fait partie des possessions du Conservatoire du littoral (6 ha). Tsingoni a été le chef-lieu de l’île aux temps arabes, après Mtsamboro, de la fin du 15e siècle jusqu’à la fin du 18e siècle où elle a succombé aux invasions malgaches; la première mosquée de Mayotte y a été construite en 1566. La population communale croît: elle était de 5 500 hab. en 1997, 7 800 en 2002.