Beaucaire

(16 050 Beaucairois, 8 652 ha dont 1 900 de vignes) est un ancien chef-lieu de canton du Gard, 25 km à l’est de Nîmes au bord du Rhône, face à Tarascon. Le nom vient de Bel Caïre, c’est-à-dire Belle Roche. Le gros château royal perché au-dessus de la ville, au nord, fait face à celui de Tarascon qui de son côté gardait l’Empire. Le Rhône est divisé en deux parties d’égale ampleur: le fleuve proprement dit, au ras de Beaucaire; le canal de dérivation, au ras de Tarascon, équipé vers le nord de la centrale électrique de Beaucaire; une mince cloison les sépare et se termine au sud par l’île de la Barthelasse.

La ville a des jardins classés et un musée municipal; elle propose en outre un musée gallo-romain de la Via Domitia, un musée Alphonse Daudet, le site du Vieux Mas (arts et traditions) au mas de Végère au sud de la commune, un musée de vins romains au domaine viticole du mas des Tourelles sur la route de Bellegarde; volerie d’aigles au château; centre nautique et de loisirs sur le Rhône en amont de la ville. Beaucaire se veut «ville et métiers d’art» et classée dans les «villes et pays d’art et d’histoire». Elle a un passé de foires dont dérivent celles de la Madeleine, à partir du 21 juillet, mais qui ont pris une fonction surtout touristique.

Équipée d’un hôpital local public (56 lits), d’un lycée et deux collèges publics, un lycée et deux collèges privés, la ville a aussi quelques entreprises en partie liées à sa fonction de passage. Les Chais Beaucairois (160 sal.) sont une ancienne filiale du groupe Casino passée en 2003 à la firme bordelaise Marie Brizard, qui traite des vins et des spiritueux mais y a transféré aussi de Seine-et-Marne une production de 150 millions de bouteilles de sirop par an. Un autre chai appartient à la firme belge Konings (60 sal.), cédée par Baccardi en 2017).

Dans la production s’joutent une fabrique de chalets mobiles IRM (Idéale Résidence Mobile) devenue Bio Habitat (130 sal.), une verrerie de vitres (Vitrage du Midi, 30 sal., groupe Saint-Gobain); métalleries Brun Triconnet (30 sal.), Caumes (25 sal.), éléments en béton Saint-Gobain Stradal (50 sal.), cimenterie Calcia (110 sal.). Dans les commerces et services, un hypermarché Carrefour(170 sal.), Mr Bricolage (30 sal.), les transports Tratel (100 sal.) et Galuy Ciampi (35 sal.); recyclage de déchets Chimirec (65 sal.) et Ecoval (30 sal.)); La Poste (60 sal.).

Deux «zones urbaines sensibles» ont été reconnues: l’une englobe tout le centre-ville, qui ne manque pas d’habitats vétustes; l’autre s’étale à l’ouest dans le quartier de la Moulinelle. La commune longe le Rhône sur 15 km; tout au nord se dresse la butte de l’Aiguille (152 m) partagée avec Comps, où sont des habitats troglodytes et restes de l’abbaye troglodytique Saint-Romain. Le canal d’irrigation du Bas-Rhône-Languedoc, nommé canal Philippe-Lamour, d’abord souterrain sur 9 km, part de la commune. Le finage est traversé par le canal de Sète au Rhône, utilisé surtout pour le tourisme depuis la construction de l’écluse de Saint-Gilles (port de plaisance de 200 anneaux). Un site portuaire de la Compagnie de navigation du Rhône (CNR) est au sud de la ville; en 2006, la CNR a installé 5 éoliennes Nordex (11,5 MW) dans la commune.

La limite communale, départementale et régionale suit la rive gauche du fleuve au ras de Tarascon. Beaucaire avait déjà 10 000 hab. au début du 19e s.; la population est descendue à 8 500 en 1911, avant de remonter à partir de 1925, dépassant les 10 000 dès 1954 et progressant continûment; elle s’est accrue de 2 100 hab. depuis 1999. La ville est le siège de la communauté de communes Beaucaire-Terre d’Argence, qui associe 5 communes, 30 500 hab. et le bureau d’un nouveau canton à son nom (7 communes, 36 900 hab.).


Beaucaire

v. Ténarèze