Beauce (la)

grande plaine au centre du Bassin Parisien, connue pour ses paysages ouverts et nus de champagne céréalière et les rendements de son agriculture. Occupant environ 600 000 ha, la taille d’un département, entre la Loire, le Loir et l’Eure, l’Essonne ou le Loing, elle est partagée entre les départements de l’Eure-et-Loir, du Loiret, du Loir-et-Cher, mais déborde aussi au nord sur les Yvelines et l’Essonne. De grandes voies traversent la Beauce, surtout l’autoroute A10, le chemin de fer de Paris à Orléans et la ligne à grande vitesse Paris-Tours. Les bourgades sont menues, les principales villes étant à la périphérie, telles Chartres, Vendôme, Blois, Orléans, Étampes. Les contours sont toutefois indécis: le pays de Châteaudun se dit volontiers en Beauce, et l’on distingue en général une Petite Beauce insérée entre Loire et Loir.

La Beauce correspond plus ou moins à un grand et bas plateau établi sur les calcaires aquitaniens et recouvert de limons assez fertiles. Les bois sont rares, les grands champs dominent le paysage, l’habitat se concentre en des villages espacés, à l’exception de quelques grosses fermes d’établissement plus récent. Les densités de population sont faibles, à peine de l’ordre de 10 habitants par kilomètre carré, et la population, qui a beaucoup diminué entre le milieu du 19e siècle et la dernière guerre, n’augmente pas, sauf dans quelques communes des franges de l’Île-de-France et de l’Orléanais.

L’agriculture de ce «grenier de la France», servie par de grosses fermes qui ont bien profité de la politique agricole commune européenne, a suscité quelques usines d’agro-alimentaire et des entrepôts et silos. Le développement récent des stations éoliennes est spectaculaire; mais les projets d’implantation d’un troisième aéroport «de Paris» ont soulevé de vives oppositions.

Rabelais s’était amusé à imaginer que la jument de Gargantua avait fauché d’un coup de queue une grande part de la forêt d’Orléans afin de chasser les taons qui l’agaçaient, ce dont il déduisait à la fois l’ampleur du paysage nu, déjà frappant en son temps, et le nom de la contrée, attribué par le géant déclarant: «Je trouve beau ce» (Gargantua, chap. 16). Il existe une Maison de la Beauce à Orgères-en-Beauce (Eure-et-Loir). Charles Péguy a célébré la plaine dans son poème Présentation de la Beauce: «Nous sommes nés au bord de votre Beauce plate… Ce pays est plus ras que la plus rase table. À peine un creux du sol, à peine un léger pli». Le terme de Beauce a été repris au Canada, où il désigne une belle contrée dynamique au sud de Québec. Selon les linguistes, l’origine du nom est en rapport avec le radical bel, désignant une étendue claire, dégagée, et donc équivalent de campagne ou champagne, ce qui attesterait de l’ancienneté de ce type de paysage.

La Beauce au sens large est estimée à 450 communes et 600 000 ha dont plus de la moitié en Eure-et-Loir. Le gentilé est Beauceron. Une dizaine de communautés de communes s’affichent en Beauce, autour d’Auneau, Orgères, Herbault, Janville, Pithiviers, Marchenoir, Saint-Amand-Longpré, Mer, Ouzouer-le-Marché, Malesherbes et Voves. Leurs noms commencent tous par Beauce.