Mont-Lozère (communauté de communes du)

intercommunalité de la Lozère, associant 21 communes et 5 500 hab. sur 71 600 ha. Deux communes (470 hab., 5 900 ha) sont dans le Gard. Le siège est à Mont-Lozère-et-Goulet.

Mont-Lozère-et-Goulet (1 080 hab., 16 621 ha dont 6 139 de bois) est une commune nouvelle créée en 2017 par fusion de six communes: Bagnols-les-Bains, Belvezet, Le Bleymard, Chasseradès, Mas-d’Orcières et Saint-Julien-du-Tournel. Le Bleymard (400 Bleymardois, 1 636 ha dont 861 de bois) en est le centre. C’est un ancien chef-lieu de canton de la Lozère, 30 km ESE de Mende, à 1 070 m au bord du Lot entre les massifs du Lozère au sud et du Goulet au nord; un collège public, village de vacances. Le finage va jusqu’au sommet du Goulet à 1 457 m (panorama) en soulane, mais se cantonne côté sud au pied du Lozère. Sa population, qui avait dépassé 700 hab. au 19e s., a connu un minimum en 1968 (moins de 300 hab.); elle a reperdu 60 hab. après 1999.

Chasseradès (150 Chasseradessois, 6 193 ha dont 3 421 de bois) est à 19 km au NE du Bleymard, au-delà du Goulet, à 1 180 m, au-dessus de la vallée encaissée du Chassezac. Le village conserve une église romane du 12e s. Il est sur la voie ferrée qui va de Mende à La Bastide-Puylaurent, et passe aussi aux proches hameaux de Mirandol et l’Estampe au SO. Le finage de Chasseradès va au NO jusqu’au Moure de la Gardille (1 501 m) et à la forêt de Mercoire, englobant les sources voisines du Chassezac et de l’Allier sur la ligne de partage des eaux entre Atlantique et Méditerranée. Au sud, il contient la forêt domaniale du Goulet, tout près de la source du Lot.

Belvézet (90 hab. 1 239 ha dont 243 de bois) est à 11 km au nord du Bleymard dans un petit vallon affluent du Chassezac, à 1 190 m, avec une gare sur la voie ferrée de Mende sur le tracé de la D106. Son finage est bordé au NE par le Chassezac et monte au sud jusqu’au sommet du Goulet à 1 497 m. Au NO, il s’allonge sur le causse de Montbel, où se voient plusieurs gouffres et que traverse la voie ferrée.

Mas-d’Orcières (100 Masorciérois, 3 656 ha dont 780 de bois) est au sud du Bleymard. Le hameau d’Orcières est à 5 km SO du Bleymard, à 1 070 m. L’habitat est très dispersé dans un finage qui tient tout le versant nord du mont Lozère au-dessus du Bleymard. Le sommet de Finiels (1 699 m) y signale le point culminant du massif; une station de ski y a été aménagée et un téléphérique monte au sommet; elle abrite un centre de vacances de l’UCPA, un centre d’information du parc des Cévennes au chalet du mont Lozère.

Saint-Julien-du-Tournel (130 Tournelois, 3 657 ha dont 814 de bois), 7 km à l’ouest du Bleymard à 960 m, est sur un petit promontoire de méandre du Lot, rive gauche. Son finage s’étend d’un massif à l’autre des deux côtés du Lot; une base de loisirs et un parc de découvertes ont été aménagés dans le vallon du Villaret au NO, partagé avec Allenc. On voit en amont au bord du Lot les ruines du château féodal du Tournel. Plusieurs clochers de tourmente (abris en cas de tempête de neige, ou burle) sont protégés par le Parc national, dont trois à Saint-Julien et un au Mas-d’Orcières, reliés par un sentier aménagé. Le sud du finage est dans le Parc des Cévennes, comme tout le haut versant nord du mont Lozère; quatre petits hameaux sur l’ombrée du Lozère, dont Auriac dans le Parc.

Plus à l’ouest, Bagnols-les-Bains (210 Bagnolais, 240 ha), 9 km à l’ouest du Bleymard, est une modeste station thermale à 913 m, également au bord du Lot. Connue des Romains pour ses eaux chaudes, mise en service en1824 et officialisée en 1857, elle a été rénovée en 1978, avec un établissement de cure (eaux sulfurées sodiques et carbonatées à 41,5 °C, traitements rhumatologiques et des voies respiratoires, 35 sal.) et même un petit casino (indépendant). Bagnols a 40 hab. de moins qu’en 1999. Son petit finage se limite aux abords de la station.

Cubières (180 Cubiériens, 4 888 ha dont 1 820 de bois) a son centre à 900 m d’altitude, 6 km au SE du Bleymard dans la vallée du Rieutort et donc sur le versant méditerranéen. Son finage va de l’échine du Goulet à celle du mont Lozère, aux sources de l’Altier, affluent du Chassezac. Mais, au NO, une fraction du finage contient la source du Lot et relève donc du versant atlantique. La limite passe par le col du Peyriou (1 152 m) au nord du hameau de Malecombe, le col des Tribes (1 131 m) sur la D901, et par le col de Santel (1 195 m) à la limite occidentale du finage. Au sud, le col de Finiels (1 541 m) permet d’accéder aux sources du Tarn.

Cubiérettes (54 Cubiérettois, 1 134 ha dont 456 de bois), 3 km SE de Cubières, est entourée sur trois côtés par le finage de Cubières. Son finage atteint au sud la crête du mont Lozère à 1 606 m.

Saint-Étienne-du-Valdonnez (690 Valdonneziens, 5 609 ha dont 1 526 de bois) a son village dans la vallée du Bramont, à 870 m, à 13 km SE de Mende. Son finage s’étend au sud jusqu’au col de Montmirat sur la route de Florac, où subsistent des restes d’une mine de plomb argentifère fermée en 1909, et mord ainsi à l’ouest sur le causse de Sauveterre. La partie orientale est sur le plateau ancien, où est l’étang de Barrandon (8 ha) à 1 373 m. Entre les deux, gorges du Bramont et hameau de la Fage, avec un clocher des tourmentes. La commune avait encore 1 100 hab. vers 1900; après une lente érosion, elle a regagné 190 hab. depuis 1999 (+38%); institut médico-pédagogique.

Brenoux (390 Brenoussiens, 1 125 ha dont 185 de bois) est à 8 km SE de Mende. Le village est dans la vallée de la Nize, qui rejoint le Bramont peu après à Saint-Bauzile. Au nord s’étend le causse de Mende, sur lequel a été aménagé l’aérodrome de Mende (codes MEN et LFNB), doté d’une piste revêtue de 1 300 m, avec aéroclub. La population a augmenté de 80 hab. depuis 1999.

Lanuéjols (320 Lanuéjolois, 3 267 ha dont 1 298 de bois), 12 km ESE de Mende à 875 m, a au NE un petit causse, dit de Masseguin, où fut exploitée une mine de manganèse. La commune a un mausolée gallo-romain du 3e siècle, une belle église romane et le château du Boy des 14e-15e s., restauré et converti en centre climatique avec cure post-alcoolique. La commune atteint à l’est le col de la Loubrière (1 181 m) d’où la D47 descend vers Bagnols-les-Bains; le relief monte au SE à 1 426 m sur la retombée occidentale du mont Lozère. La population s’est accrue de 110 hab. depuis 1999 (+52%).

Sainte-Hélène (100 Sainte-Hélénois, 673 ha dont 137 de bois), 15 km à l’est de Mende, a un petit village au pied du versant gauche du Lot, suivi par la D901; la voie ferrée passe sur le versant droit. Le finage est dans les terrains secondaires, comme celui de Chadenet.

Chadenet (100 Chadenetiens, 1 296 ha dont 565 de bois), 19 km à l’est de Mende, est au pied du versant droit du Lot un peu en amont, accompagnée à l’est par le hameau du Creuzet et jouxtant Bagnols-les-Bains; gare sur la voie de Mende à La Bastide-Puylaurent, qui emprunte la vallée d’Allenc, débouchant sur le Lot juste à l’ouest du village. Le finage monte au sud à 1 347 m, incluant le haut bassin du petit Valat, où est la maison forestière de la Loubrière sous le col du même nom.

Allenc (240 Allencois, 3 856 ha dont 1 257 de bois), 24 km ENE de Mende, s’étend sur les terrains secondaires, dont une partie forme le Causse de Montbel au NE. Le village est à 1 040 m dans le val d’Allen ou de l’Altaret, qu’emprunte la voie ferrée de Mende avant de monter sur le Causse où elle passe au hameau de Larzalier et dépasse 1 200 m; anciennes mines, ruines du château de Villaret et d’une tour à la limite de Bagnols (Mont-Lozère-et-Goulet); +40 hab. depuis 1999.

Laubert (100 Laubertois, 1 428 ha dont 262 de bois), 21 km NE de Mende, est dans la vallée de l’Esclancide, au passage de la N88, à 1 200 m. La commune a été détachée de Châteauneuf-de-Randon en 1873, est équipée pour le ski de fond et dispose d’un centre d’accueil et d’un petit téléski; plus de la moitié des logements sont des résidences secondaires. Le finage s’étend au nord sur le plateau de Margeride; hameau de Gourgons au NE, sur la N88.

Montbel (120 Montbelois, 2 287 ha dont 315 de bois, à 1 220 m), 28 km ENE de Mende, 9 km au SSE de Châteauneuf-de-Randon, également détachée de Châteauneuf en 1873, a donné son nom au petit causse de Montbel, troué d’avens et de grottes, qui est au sud du finage, la moitié nord étant sur le plateau ancien. Montbel et Laubert ont une partie de la forêt de Mercoire. Le relief monte à 1 435 m au NE, au Châtelet.

Saint-Frézal-d’Albuges (71 Frézaliens, 1 720 ha dont 480 de bois, 33 km ENE de Mende, est voisine de Belvézet (Mont-Lozère-et-Goulet). Saint-Frézal n’est qu’un très maigre hameau, l’habitat principal est aux Chazeaux, au bord du Chassezac qui a sa source dans la commune plus au nord, et plus près de Belvézet, des routes et de la voie ferrée. Elle avait 330 hab. en 1900.

La Bastide-Puylaurent (160 Bastidois, 2 419 ha dont 1 038 de bois), 48 km ENE de Mende, 20 km SSE de Langogne, 28 km NE du Bleymard, a son village à la limite même de l’Ardèche, au bord de l’Allier, desservi par la D906 et la D6, plus la D4 côté ardéchois, et à la connexion de la voie ferrée Alès-Auvergne et de la voie vers Mende. La Bastide est une création du 19e siècle, liée à l’arrivée du chemin de fer, mais sur un ancien site d’auberge et de poste sur la grande draille cévenole. Le finage, au SE du village, dépasse la ligne de crête et descend un peu dans le haut vallon de la Borne, côté méditerranéen. La voie ferrée d’Alès emprunte d’ailleurs cinq tunnels dans la commune, Gavril (1 160 m de long) tout au sud, Pradal, Bazaux et Fagoux (200 à 400 m) au centre, la Bastide (900 m) près du village au nord, pour passer sur le versant atlantique. Le territoire communal descend au SO jusqu’au bord du Chassezac sous le hameau de Puylaurent, reste de l’ancien village; le barrage de Puylaurent est le plus récent du bassin (1996), le deuxième après Villefort par sa capacité (12 Mm3); plan d’eau bifide de 60 ha. La commune s’est nommée Puylaurent jusqu’en 1917, date du transfert de la mairie.

Prévenchères (270 Prévenchérois, 3 275 ha dont 2 170 de bois), 27 km ENE du Bleymard, 15 km au nord de Villefort, issu d’un prieuré, est à 860 m le centre d’une grande commune d’habitat dispersé, traversée par la profonde vallée du Chassezac et limitrophe de l’Ardèche; belle église romane du 12e s. Le finage va jusqu’aux rives de la Borne au NE, où se voit le plan d’eau du barrage de Roujanel, qui est à Pied-de-Borne, et atteint les rives de l’Altier 14 km au sud; il touche au barrage de Puylaurent et contient le lac de barrage du Rachas sur le Chassezac (1965, à 825 m, 53 ha, 1,6 Mm3). Vers le sud, le finage s’étrangle entre le Chassezac à l’est et le vallon des Morangiès à l’ouest (bassin de l’Altier).

Cette serre très fréquentée, où passe la D906, contient le château du Roure (11e et 15e s.) et surtout le site du belvédère du Chassezac à la Garde-Guérin, dominant les gorges du Chassezac. La Garde-Guérin, hameau de Prévenchères, est un très beau petit village médiéval bien restauré entre 1965 et 1990 au titre de «village pilote» — presque trop et en tous cas très attractif — avec un haut donjon carré de 27 m et des vues superbes; il fait partie des «plus beaux villages de France». Un golf a pris place côté nord. Le tunnel ferroviaire d’Albespeyres (1 500 m) traverse la serre, entre la Garde-Guérin et le lac de Rochas. La commune de Prévenchères a gagné 50 habitants depuis 199.

Le village de la Garde-Guérin hérite d’une ancienne petite communauté de «pariers», guides obligés sur la voie Régordane, qui accompagnaient les voyageurs contre péage, passaient pour nobles et habitaient des maisons fortifiées ou une partie du vieux château. Ils formaient comme une garnison et une police, ou si l’on préfère une compagnie légale de brigands de la route, censés protéger voyageurs et denrées en échange d’un prélèvement obligatoire, exactement comme tous ceux qui se sont proclamés nobles percevaient des taxes diverses au prétexte qu’ils assuraient la sécurité de leurs sujets. Ils n’y allaient pas de main morte: droit de péage, justifié par l’entretien de la route; droit de guidage, pour la sécurité des personnes et des biens; droit de cartalage, sur les denrées se mesurant à la carte comme les grains; droit de pulvérage, sur les troupeaux transhumants à cause de la poussière soulevée par leur passage ! La Garde-Guérin obtint le privilège d’une foire d’automne. Il existait enfin un hôpital pour les voyageurs, dont il ne reste rien. Tous ces avantages furent abolis par la Révolution.

Altier (220 Altiérois, 5 445 ha dont 2 145 de bois) est à 12 km ONO de Villefort, 16 km à l’est du Bleymard à 725 m, au bord de la rivière de même nom qui descend du mont Lozère. Le finage va jusqu’à la crête du massif, tout près de la source du Tarn, atteignant 1 678 m près du Pic Cassini. Il monte au nord sur les pentes du massif du Goulet, à 1 275 m; restes de château fort, beau château du Champ (13e-15e, 17e et très restauré au 19e s.) près du village.

Pourcharesses (120 Pourcharessois, 3 179 ha dont 1 998 de bois) est un petit village perché à 765 m au-dessus du vallon des Morangiès et du lac de Villefort à 5 km NNO de Villefort. Il est à la tête d’un finage qui va jusqu’à l’échine du mont Lozère, près du pic Cassini (1 680 m), où le chalet-refuge de l’Aigle est à 1 457 m sous le Roc de l’Aigle, dans la haute vallée de Pailhères, parcourue par la D66, qui en sort au Pré de la Dame, à la limite du Gard; vers 800 m, le hameau de Pailhères a un camping. Dans la vallée de l’Altier à l’ouest, le château renaissance de Castanet, dont les bases datent du 11e siècle, avait été sauvé de justesse de la noyade sous les eaux du barrage de Villefort, mais il a brûlé en 2000 (musée de la photo, rencontres et animations). À l’est, le hameau des Morangiès a une piscine dans le lac. La mairie de Pourcharesses est à Villefort.

Saint-André-Capcèze (180 Andrécézois, 985 ha dont 193 de bois) 5 km SE de Villefort, limitrophe du Gard, est aux sources de la Cèze, comme son nom l’indique. Le finage, très accidenté, est parcouru par trois routes plus la Régordane, qui convergent au nord pour accéder à Villefort par le Collet, à 656 m. S’y ajoute la voie ferrée d’Alès, qui passe en tunnel sous le Collet. Les crêtes culminent à 1 115 m au SO, au Bousquillou.

Villefort (560 Villefortais, 735 ha dont 275 de bois) est un ancien chef-lieu de canton de la Lozère, 56 km ESE de Mende, 27 km ESE du Bleymard à 590 m d’altitude dans une vallée très encaissée tributaire de l’Altier, affluent du Chassezac. Le village, riche de belles maisons anciennes, est sur le chemin de l’ancienne Régordane, et desservi par une gare. Le barrage-voûte de Villefort (1965) est sur l’Altier, dans la commune, un peu au nord; haut de 78 m, il retient un plan d’eau de 147 ha et stocke 35 Mm3. Le village a un collège public; village de vacances, nautisme, piscine et élevage piscicole dans le lac. La commune a eu près de 1 500 hab. en 1881 et s’est dépeuplée depuis, mise à part une forte hausse momentanée en 1962 au moment de la construction du barrage; elle a encore perdu 60 hab. depuis 1999.

Pied-de-Borne (200 Piédibornois, 2 789 ha dont 573 de bois), 9 km au NE de Villefort, est au triple confluent du Chassezac, de l’Altier et de la Borne et jouxte le village de Sainte-Marguerite-Lafigère (Ardèche), la commune étant également à la limite du Gard. Cette commune a été fondée en 1964 par la réunion des trois communes des Balmelles à l’extrême sud-ouest, de Planchamp au centre au-dessus du confluent, de Saint-Jean-Chazorne au nord sur le versant gauche de la Borne: elle s’allonge sur 13 km du nord au sud. À Planchamp, camping et musée de la Châtaigne. Le finage englobe au sud la forêt domaniale de Bayard, mais n’atteint pas tout à fait 1 000 m sur ses crêtes; ancienne mine de baryte sous les Balmelles. Une centrale hydroélectrique avec conduite forcée (12 km) est alimentée par le lac de Villefort (234 GWh/an), une autre plus petite est en amont sur le Chassezac, au-dessus du hameau de Beyssac (44 GWh) et alimentée par conduite depuis les barrages du Rochas et de Roujanel. La commune contient en outre le petit réservoir du barrage dit de Sainte-Marguerite (1966, 0,6 Mm3). Au nord, le finage inclut la chapelle des Baumes et va jusqu’au barrage de Roujanel sur la Borne (1965, 11 Mm3), dont le plan d’eau est surtout à Prévenchères.

Les deux autres communes de l’intercommunalité du Mont-Lozère sont Malons-et-Elze (120 hab.) et Ponteils-et-Brésis (360 hab.), voisines de Pied-de-Borne et Saint-André-de-Capcèze mais situées dans le département du Gard.