Sablé-sur-Sarthe

(12 880 Saboliens dont 530 à part, 3 692 ha dont 324 de bois) est un ancien chef-lieu de canton de la Sarthe dans l’arrondissement de La Flèche, 27 km au NO de celle-ci. La ville est sur les deux rives de la Sarthe, le centre ancien sur la rive droite en hauteur à la confluence de l’Erve. Il reste peu de chose de son rôle de place forte à la limite de deux provinces et commandant un pont; mais la ville est devenue une cité industrielle active. Sablé s’est développée autour du château, sur un site protégé entre les confluences de l’Erve et de la Vaige; puis sur la rive gauche, plus plate, auprès d’un prieuré. Elle a eu des moulins, a travaillé le cuir, a exploité le marbre dans l’île de la Sarthe.

Il reste des maisons anciennes, le château classique de 1715 accompagné d’un jardin paysager, un beau manoir de 1890 (la Martinière); festival de musique baroque. Le château fut acquis par l’industriel lillois Williot, qui en fit une fabrique de chicorée entre 1918 et 1962; il abrite depuis 1979 l’atelier de restauration de la Bibliothèque nationale. Un complexe sportif édifié en 1987 reçoit des stagiaires. La commune offre un hippodrome au pied du château, avec camping en bord de Sarthe. Elle héberge un centre d’étude des langues, qui emploie 45 personnes; lycée public (180 emplois) et lycée professionnel public, lycée privé ESAS (50 sal.), lycée catholique, deux collèges publics et un privé; centre hospitalier public (115 lits). L’association CRRP emploie 60 personnes au service des handicapés au château de Montreux.

L’industrie est dominée par l’agro-alimentaire, avec trois grosses entreprises: les volailles LDC emploient 2 310 personnes à Sablé, plus 45 aux bureaux; la fromagerie Bel, 620 salariés, spécialiste notamment des mini-babybel; Charal (viandes de bœuf et de porc, 430 salariés). S’y ajoutent la fabrique de plats cuisinés Marie-Frais (160 sal.), repris par LDC au groupe Uniq; Alimab (aliments du bétail, groupe LDC, 40 sal.); négoce de céréales Anjou-Maine (35 sal.)

Le deuxième poste industriel est lié à la métalmécanique: Buisard (carrosserie et postes de conduite d’engins mobiles, 280 sal.), fonderie de fonte Grandry (Poclain Technicast, 135 sal.), Boulonneries et Visseries de Sablé (40 sal.), carrosserie de camping-cars et caravanes Ouest VDL du groupe Trigano (70 sal.).

Un troisième relève de l’électronique: Valeo (électronique pour automobiles, 410 sal., ex-Sagem passé à Johnson puis racheté en 2005), Mors-Smitt (relais ferroviaires MS, 100 sal.), SNEES (câblage, 35 sal.). Un quatrième porte sur les plastiques: Alphacan (profilés pvc, 70 sal.), Sablé Injection (65 sal.), Covex (Wesprod, mousses de sellerie, 35 sal.). À signaler encore la chimie alimentaire Mané (60 sal.).

Dans les commerces et services se signalent un laboratoire de microbiologie (Acmagro, 20 sal.), la location de linge et blanchissserie RLD1 (65 sal.); transports Salesky (95 sal.), autocars STAO (35 sal.); traitement des eaux Veolia (50 sal.); atelier protégé EIS (25 sal.); publicité Mediaposte (30 sal.), Crédit Mutuel (25 sal.), supermarché Carrefour (40 sal.), Super-U (80 sal.), La Poste (85 sal.).

La commune de Sablé a fusionné en 1965 avec celle de Gastines-sur-Erve, au nord, qui avait alors environ 300 hab. L’ancien village est sur la hauteur dominant le cours de l’Erve; son habitat se prolonge vers le sud en direction de la D306 et de Sablé, et vers l’ouest par le hameau de Saint-Charles; au nord près de l’Erve, manoir de Gautret. Vers l’ouest, le finage de Sablé est limitrophe de la Mayenne et atteint le cours encaissé de la Taude, affluent de la Sarthe. Au sud, le finage dépasse le cours de la Sarthe et mord sur la forêt de Pincé; domaine de l’Outinière, avec un golf. L’est et le sud-est du finage concentrent les zones d’activités (Le Clos du Bois, le Pont, l’Aubrée, la Denisière, la Tuilerie). Sablé, qui est «sur-Sarthe» depuis 1894, avait atteint 6 000 hab. à la fin du 19e siècle; après un léger recul dès avant 1910, elle les a retrouvés vers 1950 puis a doublé sa population dans la seconde moitié du 20e siècle. Elle a toutefois diminué de 680 hab. depuis 1999. L’intercommunalité de Sablé-sur-Sarthe (Communauté) réunit 17 communes et 29 300 hab. L’Insee limite l’unité urbaine à la commune, et l’aire urbaine à 31 400 hab. Le nouveau canton de Sablé-sur-Sarthe a 16 communes, 28 200 hab.

Le groupe LDC de Sablé. La firme LDC est l’un des grands acteurs français de la volaille et de la cuisine, et s’appuie sur les fermiers de Loué. Elle est née en 1968 de la réunion des entreprises Lambert de Sablé (42%) et Dodard-Chancereul de Saint-Denis-d’Anjou. Elle a créé l’abattoir de volailles de Sablé en 1970, et celui de la Cavol à Loué en 1980; puis elle est passée au stade de la transformation des volailles à partir de 1990, encore à Sablé, où elle a ouvert une plate-forme logistique en 1991. Dès 1984, elle se lançait dans une vaste et patiente politique de rachats d’entreprises, de la Bretagne (quatre sites) à la Vendée (six sites), de la Normandie à la Bresse (sept sites dont Louhans et Cuisery), à l’Ardèche, et même à la Gironde (Bazas) et aux Vosges (Senones).

Elle possède 34 sites de production de volailles et a étendu ses compétences jusqu’aux plats cuisinés asiatiques (Herbignac), aux pizzas (La Toque Angevine à Segré) et aux galettes (Regalette à Saint-Nolff), disposant ainsi de cinq pôles «traiteur». La société est entrée au second marché en 1995 et a également investi en Espagne et en Pologne; la vente de volailles sous label fournit 16% de son chiffre d’affaires, celle de volailles ordinaires 17%, les volailles découpées crues 47%, les plats cuisinés et pâtisseries 18%. Le groupe emploie 15 700 personnes (dont 1 800 à l’étranger), commercialise plus de 400 000 t par an et obtient un chiffre d’affaires de plus de 2 500 millions d’euros; il est le premier en France pour les volailles (1 900 M€, 350 000 t), le deuxième comme traiteur (500 M€, 70 000 t), avec des marques comme le Gaulois, Loué, Maître Coq, Marie.