Saint-Pierre

(84 820 Saint-Pierrois, 9 599 ha) est une sous-préfecture de la Réunion, capitale de la côte méridionale dans la CA CIVIS. La commune a été élevée au rang de sous-préfecture en 1965 seulement. La population poursuit sa croissance: elle était de 59 600 hab. en 1990, 69 800 en 1999. La ville, au plan en damier, est sur la côte même, à la jonction des routes nationales 1, 2 et 3; la voie ferrée y était parvenue en 1882. Elle offre un vaste front de mer animé et diversifié. Vers l’est sur la côte se succèdent petites plages et promontoires habités le long de la N2, jusqu’à la petite station balnéaire de Grand Bois. Côté ouest, la plaine côtière s’élargit vers l’embouchure de la rivière Saint-Étienne.

Le quartier de Pierrefonds associe un grand ensemble agricole bénéficiant depuis 1826 de l’irrigation par le canal Saint-Étienne, l’aéroport de la ville et une caserne. On y visite le jardin botanique du parc Exotica; le théâtre Talipot y a été installé dans l’ancienne sucrerie. L’ensemble devrait former une zone d’activités intercommunale polyvalente. Un musée de la Saga du Rhum, le seul de l’île consacré au rhum, a été ouvert en 2008 à la distillerie Isautier, à Frédeline. L’aéroport de Saint-Pierre-Pierrefonds (codes ZSE et FMEP), doté d’une nouvelle aérogare depuis 2001, et d’une piste allongée à 2 100 m, a été ouvert au trafic régulier en décembre 1998; il est devenu international et des liaisons fréquentes y sont assurées directement avec l’île Maurice, Madagascar et Mayotte, ainsi qu’avec Paris, Marseille et Lyon par l’intermédiaire de Saint-Denis; le trafic avait frôlé les 100 000 passagers en 2018 et 2019, avec 45 000 mouvements en 2019 dont 1 900 commerciaux; l’aérogare offre un espace d’exposition Grand Sud.

La commune occupe les basses pentes au-dessous du Tampon, sur 5 à 10 km de profondeur, et elle est très peuplée au nord de la ville, mais par des quartiers pauvres et en difficulté: Basse-Terre-les-Hauts, la Ligne Paradis, Bois d’Olives, Mahavel, la Ravine des Cabris, la Ligne des Bambous. Basse-Terre et Jolifond, au nord du centre-ville, sont en «zone de rénovation urbaine» ainsi que la Ravine des Cabris et Bois d’Olives, vastes quartiers à l’ouest dominant la Rivière Saint-Étienne. La partie orientale est moins peuplée, autour du Mont Vert et de Ravine-des-Cafres, d’où une longue queue monte jusqu’au Rempart, vers 1 600 m, le long de la ravine des Cafres.

La ville se signale par de belles maisons anciennes, un temple tamoul Narassinga-Peroumal, une belle plage de sable blanc protégée par une barrière corallienne, un port de pêche. Elle a des marchés, dont un marché aux fleurs réputé; des groupes et rencontres de musique traditionnelle; un jardin de cactus Épinacothèque à Terre Rouge, à l’est de la ville. La principale culture reste celle de la canne à sucre, qui occupe 3 500 ha.

Saint-Pierre est le siège principal du centre hospitalier du Sud de la Réunion, le plus gros de l’île avec 1 200 places (dont 290 en longue durée) et 2 500 emplois, qui a des antennes à Cilaos, Saint-Louis et Saint-Joseph. Elle accueille également une clinique, un laboratoire de l’université et son IUT-IUP dans le quartier de Terre Sainte, partie orientale de la ville où sont aussi un port de plaisance de 360 places et une unité du 4e RSMA (Régiment du service militaire adapté). Saint-Pierre a six collèges publics et un privé, trois lycées publics et un privé, plus une maison familiale rurale et un dispensaire à la Ravine des Cabris; un tribunal de grande instance et une maison d’arrêt. On y trouve également un casino (indépendant). La côte permet la pratique du surf. L’ESIROI, École supérieure d’ingénieurs Réunion Océan Indien (170 étudiants) y a été transférée de Saint-Denis, ainsi que d’autres enseignements supérieurs.

Quatre zones industrielles ont été aménagées. Les principales entreprises sont une laiterie Cilam (180 sal.), une fabrique de charcuterie et plats préparés Salaisons de Bourbon (110 sal.); transports urbains Semittel (210 sal.), autocars Charles Express (85 sal.); un hypermarché Carrefour (220 sal.), un centre E.Leclerc (100 sal.), des magasins Marebam (110 sal., sports et loisirs), MrBicolage (110 sal.), Darty (60 sal.); Casino du Sud (jeux, 75 sal.); Caisse d’Épargne (affichant 5 230 sal.), assurances CRESERFI (260 sal.); soins de suite et thalassothérapie Bethesda (90 sal.), soins à domicile ISIS (55 sal.), crèche garderie À l’Heure des Petits (70 sal.); nettoyages Locaclean (110 sal.) et Groupe Nettoyage (70 sal.), traitement des ordures SEMRRE (120 sal.) et HCE (90 sal.), service des eaux Saphir (85 sal.) et Veolia (50 sal.); EDF (85 sal.), La Poste (210 sal.).

La commune a été créée en 1815. Elle a un peuplement particulièrement diversifié avec des apports asiatiques, comoriens, etc., ce qui lui vaut de juxtaposer des temples chinois et indiens, une mosquée. Le pays de Saint-Pierre-Saint-Louis a été classé parmi les pays d’art et d’histoire. Saint-Pierre est aussi le chef-lieu de l’administration des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises), et elle héberge depuis 1973 à Pierrefonds le 2e RPIMa (régiment parachutiste d’infanterie de marine). Après Le Port et avant même Saint-Denis, Saint-Pierre est la ville dont les emplois (38 700) attirent, en proportion, le plus de personnes n’habitant pas dans la commune (11 600). Sur 55 400 hab. de 15 à 64 ans, 48% sont actifs avec un emploi, 22% chômeurs, 30% sans emploi. La moitié de la population est au-dessous de 30 ans.

L’arrondissement a 281 300 hab. (229 300 en 1999); il a reçu en 2006 les anciens cantons de L’Étang-Salé et des Avirons, qui étaient auparavant dans l’arrondissement de Saint-Paul.

Trois cantons nouveaux portent le nom de Saint-Pierre. Les deux premiers contiennent une partie de la commune (34 700 et 37 500 hab. Le canton 3 (34 500 hab.) contient le reste de Saint-Pierre, la commune de Petite-Île et une partie de Saint-Joseph.