Sainte-Foy-la-Grande

(2 520 Foyens, 51 ha) est une minuscule commune, ancien chef-lieu de canton de la Gironde, 60 km à l’est de Bordeaux sur la Dordogne (rive gauche), au centre du «pays Foyen» (Foyen (pays)). Il s’agit d’une bastide de 1255, ancien port et ville huguenote, où naquit le géographe Élisée Reclus (1830-1905). Elle a eu 4 000 hab. vers 1870, encore 3 300 en 1975, et sa population a diminué depuis, perdant encore 370 hab. après 1999. C’est actuellement un centre de négoce de vins et de fruits; hôpital (86 lits), un collège privé, un collège et deux lycées publics, dont l’un porte le nom de Reclus; maison du fleuve, musée du pays foyen, zone de loisirs et label «station verte de vacances».

Élisée Reclus. L’un des plus grands géographes du 19e siècle et de l’histoire de la géographie, Élisée Reclus est né en 1830 à Sainte-Foy-la-Grande dans une famille protestante, qui venait de La Roche-Chalais et s’est ensuite établie à Orthez: le voici donc triplement aquitain par ses origines. Esprit encyclopédique et généreux, il s’est orienté vers la géographie d’une part, accomplissant tout jeune un long voyage aux Amériques (1851-1857) après avoir marqué sa réprobation du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte; et d’autre part à l’action politique et philosophique, en relation avec les milieux anarchistes et démocratiques de l’époque, participant notamment à la Commune de Paris, ce pourquoi il fut condamné au bannissement. Rejeté par l’institution universitaire française, il put vivre en collaborant assidûment aux Guides Joanne et en écrivant des ouvrages. La Terre (1868-1869), la Géographie Universelle en 19 volumes (1875-1894), L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchiste (1898) et L’Homme et la Terre (1905) furent les principaux. La Suisse et la Belgique surent l’accueillir et il trouva à l’Université libre de Bruxelles une chaire à la hauteur de son savoir. Il est mort en Belgique en 1905. Il eut plusieurs frères et sœurs, dont des écrivains comme son aîné Élie, également né à Sainte-Foy, ses cadets Onésime et Armand, nés à Orthez et eux aussi géographes. Longtemps tenue à l’écart par l’institution française, son œuvre reprit notoriété dans les années 1980, en raison de ses qualités mêmes: soin et sérieux de l’information, hauteur de vue, innovation dans la recherche et l’interprétation, sensibilité à l’égard des moins puissants; plusieurs ouvrages lui furent alors consacrés; un groupe de recherche, actif de 1984 à 1997, prit même en hommage le nom de RECLUS pour sigle. En revanche, le centenaire de sa mort ne fut pas commémoré avec la qualité qu’il eût méritée.