Communauté urbaine d’Alençon

Alençon (CU d’)

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communauté urbaine de l’Orne, comportant 31 communes (dont 26 dans l’Orne) et 56 500 hab. sur 46 200 ha. Alençon (siège), Damigny, Condé-sur-Sarthe et Saint-Germain-du-Corbéis ont plus de 2 000 hab.

Cerisé (880 Ceriséens, 442 ha), à 4 km ENE d’Alençon, traversée par l’A28, et au nord par la N12, est équipée de deux échangeurs et d’un péage au nord. Au sud, son finage est borné par la Sarthe; à l’ouest, il contient la zone industrielle de Londeau et l’aérodrome dit d’Alençon-Valrambert (LFOF, 45 ha, avec aéroclub et deux pistes de 550 et 570 m, dont une bitumée). Elle n’avait que 90 hab. avant 1930, 260 en 1968; elle a gagné 70 hab. depuis 1999. Elle a un lycée agricole et accueille notamment la menuiserie MPO Fenêtres (140 sal.), le laboratoire pharmaceutique Vedalab (50 sal., immunodiagnostics), FP Natural Ingredients (bouillons de poules, 25 sal., au japonais Ariake); nettoyage Deca (640 sal.), transports Schenker (25 sal.), plusieurs garages.

Valframbert (1 770 Valframbertois, 1 395 ha), 5 km NNE, est plus étendue, traversée à l’est par l’A28, à l’ouest par la D428 et la voie ferrée, au sud par la N12 équipée de deux échangeurs. Elle accueille la logistique de Maximo pour l’Ouest (vente à domicile, 50 sal.) et plusieurs ateliers dont Asteel (composants électroniques, 100 sal.), la maintenance de matériels médicaux Althea (20 sal.), le négoce de matériel agricole Lesieur (Serma, 25 sal.), un négoce de quincaillerie (Roimier Tesnière, 35 sal.); comptabilité Fiteco (35 sal.); travaux publics Rouxel (35 sal.). Valframbert est passée de 530 hab. en 1968 à 1 000 en 1984, et poursuit sa croissance; gagnant 220 hab. depuis 1999. L’aérodrome ne concerne qu’une fraction de la pointe du finage à l’extrême sud.

Semallé (370 Semailléens, 1 404 ha), 9 km au NE d’Alençon, a plusieurs haras avec hippodromes; elle est traversée par la N12 au sud-est. Le finage est limité au sud par de grandes courbes de la Sarthe; charpentes Denis Marie (25 sal.).

Larré (440 Larrétois , 567 ha), 11 km NE d’Alençon, est une petite commune avec haras. Elle a 50 hab. de plus qu’en 1999.

Ménil-Erreux (230 Hirouldains, 1 105 ha), 14 km NE d’Alençon, est bornée au nord par le cours de la Vandre.

Écouves (1 750 hab., 3 640 ha dont 1 546 de bois), est une commune nouvelle au nord d’Alençon, apparue en 2016 et qui porte le nom de la grande forêt dont elle occupe une partie. Son habitat principal est Radon (1 080 Radonnais, 1 981 ha dont 1 134 de bois), 11 km au nord d’Alençon, en progrès depuis 1950 (420 hab. alors) mais qui n’a guère gagné que 50 hab. depuis 1999; ancien champ de tir et étang de Radon (5 ha)dans la forêt. Forges (230 Forgerons, 501 ha), juste à l’est de Radon, a perdu quelques habitants depuis 1999.

Vingt-Hanaps (450 Vingt-Hanapsiens, 1 158 ha dont 403 de bois) est 4 km au NE de Radon; le nom (Vishenas ou Vianas vers 1200) est une réécriture médiévale pittoresque d’un nom plus ancien qui reste obscur, peut-être de vic et hanap (chanvre, du nordique). Le grand faisceau de circulation formé par l’A28, la voie rapide D438 et la voie ferrée traverse toute la commune à l’est (gare); gouffre près du village, forêt d’Écouves au NO.

Colombiers (350 Colombariens, 1 234 ha) est à 6 km NO d’Alençon , au bord de la Briante.

Saint-Nicolas-des-Bois (300 hab., 2 526 ha dont 1 864 de bois), 10 km d’Alençon, est une commune sans village. Son territoire occupe une bonne partie de la forêt d’Écouves et va jusqu’au rocher du Vignage (panorama, nécropole nationale) à l’est; l’altitude atteint 411 m sur la crête qui limite le finage au nord.; +60 hab. depuis 1999.

L’Orée d’Écouves (720 hab., 4 445 ha dont 1 956 de bois) est une commune nouvelle de 2019 unissant quatre communes. Fontenai-les-Louvets (270 Fontenaisiens, 1 877 ha dont 1 151 de bois), 16 km au NO d’Alençon, occupe le haut bassin de la Belle Fontaine, sous-affluent du Sarthon assorti de trois étangs, entre deux reliefs de la forêt d’Écouves. Au NE, le Signal d’Écouves, point culminant de toute la Normandie, monte à 413 m. La commune a gagné 50 hab. depuis 1999.

Saint-Didier-sous-Écouves (160 Désidériens, 878 ha dont 250 de bois), 20 km NO d’Alençon, a son finage limité au nord par la crête principale de la Forêt d’Écouves, qui y atteint 411 m. Livaie (200 Livayens, 1 246 ha dont 500 de bois) est à 17 km NO d’Alençon; hauteur boisée et rivière de Roche-Elie. Le Sarthon borde le finage au SO. Longuenoë (120 hab., 444 ha), 21 km NO d’Alençon, est sans village; le finage est longé à l’ouest par le Sarthon.

Saint-Ellier-les-Bois (240 hab., 1 368 ha), 24 km NO d’Alençon, s’étire du nord au sud le long du Sarthon, qui fixe sa limite orientale.

Ciral (410 Ciraliens, 1 799 ha), 25 km ONO d’Alençon, a son village sur la D909, qui traverse le finage: celui-ci est limitrophe de la Mayenne à l’ouest.

Lalacelle (290 Lacellois, 1 337 ha dont 300 de bois), 22 km NNO d’Alençon, limitrophe de la Mayenne, est à la source de la Mayenne. Le finage grimpe au sud dans la forêt de Multonne jusqu’aux abords du Mont des Avaloirs. La N12 y suit la vallée du Chandon, la D909 la rejoint sur la croupe du partage des eaux entre bassins de la Mayenne et de la Sarthe.

Gandelain (410 Gandelainais, 1 531 ha dont 263 de bois), 19 km NNO d’Alençon, donne à l’est sur le Sarthon et au sud sur son petit affluent le Chandon, que suit la N12.

La Roche-Mabile (160 Rochessois, 521 ha), 18 km ONO d’Alençon, est aux abords du Sarthon, qui limite son finage à l’est.

Saint-Denis-sur-Sarthon (1 150 Dionysiens, 1 381 ha dont 152 de bois), 15 km ONO d’Alençon), est sur la N12, face au confluent du Sarthon et du Chandon. Au NE, se dresse la Butte Chaumont, boisée, qui atteint 378 m. La commune cache plusieurs châteaux et une ancienne forge dans un pays de vergers; elle héberge l’imprimerie SDPS (65 sal.). Sa population, assez stable depuis longtemps, s’est accrue de 70 hab. depuis 1999.

Cuissai (440 Cuisséens, 878 ha dont 280 de bois) est à 9 km ONO d’Alençon et monte aussi à la Butte Chaumont au NO.

Lonrai (1 180 Lonréens, 614 ha), 5 km au NO d’Alençon, est traversée par la N12, munie d’un échangeur qui a attiré une petite zone d’activités et des lotissements. Elle accueille l’imprimerie du groupe Maury (Roto-Impressions), qui occupe 140 personnes; transports Normtrans (60 sal.) et Frevial (40 sal.); négoces de lubrifiants TTA (45 sal.) et de papeterie Dalbe (25 sal.), installations électriques Eiffage (40 sal.). Le nombre d’habitants s’est accru de 330 depuis 1999 (+39%).

Pacé (370 Pacéens, 756 ha), 8 km ONO d’Alençon, limitrophe de la Mayenne le long du Sarthon, a une grosse laiterie de la Sodiaal (Riches-Monts-Le Rustique, 200 sal.) au bord de la N12 et près du village; château du 15e s., église du 12e;+40 hab. depuis 1999.

La Ferrière-Bochard (760 hab., 1 082 ha dont 143 de bois), 8 km OSO d’Alençon près de la vallée du Sarthon qui limite le finage à l’ouest et fixe la limite départementale, est le site de la source Roxane d’eaux de table (Cristaline, 130 sal.). La commune a gagné 140 hab. depuis 1999.

Saint-Céneri-le-Gérei (130 Girois, 386 ha), 15 km SO d’Alençon à la limite de la Mayenne et de la Sarthe à la fois, au confluent de la Sarthe et du Sarthon, a une belle église romane (11e s., classée) à peintures murales, un site escarpé d’éperon de confluence et des maisons qui lui ont valu d’être promu parmi les «plus beaux villages de France». Il a eu pour originalité d’élire de 1995 à 2014 un maire britannique, fixé dans la commune en 1970 et conseil en exportation, qui y a créé dès 1998 le premier centre d’appels du département. Le village attire des visiteurs, mais n’a ni hôtel ni camping; un quart de résidences secondaires (une trentaine); jardins de la Mansonnière.

Mieuxcé (650 Mieuxcéens, 1 036 ha), 9 km SO d’Alençon, en limite du département de la Sarthe, a un habitat dispersé, avec un minuscule village au bord de la Sarthe; golf à la Bichonnière.

Héloup (950 Hélouins, 1 296 ha), 8 km SO d’Alençon, a un gros village sur le versant gauche de la Sarthe. Le finage est limitrophe du département de la Sarthe.

Le territoire communautaire comprend cinq communes de la Sarthe à l’est d’Alençon: Arçonnay (2 070 Arçonnéens), Champfleur (1 400 Champflorains), Chenay (230 Cheneysiens), Saint-Paterne - Le Chevain (2 320 hab.) et la commune nouvelle de Villeneuve-en-Perseigne (2 260 hab.).


Alençon

(27 220 Alençonnais, 1 068 ha) est la préfecture du département de l’Orne, 100 km au SSE de Caen, au bord de la Sarthe et à la limite de la région. Alençon s’est illustrée dans l’histoire par l’invention d’un point de dentelle considéré comme un perfectionnement du point de Venise, vers 1650, et elle le rappelle par deux musées (de la Dentelle au point d’Alençon, des Beaux-Arts et de la dentelle). L’autre grand musée est consacré au maréchal Leclerc, dont la 2e DB (division blindée) combattit dans la région en 1944. La vieille ville se pare d’un bel ensemble de maisons anciennes (maison d’Ozé, 15e s.; hôtel de Guise), des tours de l’ancien château des ducs abritant palais de justice et hôtel de ville, d’une église flamboyante; nombreuses animations, dont un festival des folklores du monde.

Alençon disposait aussi depuis 1812, en plein centre-ville, d’une halle au blé circulaire de fort belle allure, du début du 19e siècle, couronnée d’une verrière en coupole de 1865, mais qui n’avait plus d’emploi. Elle a été rénovée au cours des années 1990 pour en faire un centre de rencontre, d’information et de formation spécialement ouvert aux «NTIC» (nouvelles technologies de l’information et de la communication). Offrant deux niveaux sur une surface au sol d’environ mille mètres carrés, elle a été abondamment équipée, permettant tous les branchements souhaités, la visio-conférence et le télé-enseignement, et elle reçoit expositions et rencontres professionnelles; l’inauguration a eu lieu en 2000.

Alençon est un centre de services à la hauteur de ses fonctions de préfecture, accueillant un centre hospitalier de 360 lits et un établissement psychiatrique, des cliniques dont une de 120 salariés, des maisons de retraite (dont Korian, 60 sal.); six lycées dont quatre publics, plus un lycée agricole public; IUT, école supérieure du professorat et de l’éducation (ex-IUFM), antenne universitaire, tribunal de grande instance. L’animation de l’agriculture se manifeste par les organismes de crédit et de mutualité, le syndicat de contrôle laitier (170 sal.) et le centre de gestion et de vulgarisation (120 sal.).

En revanche, il lui reste peu de ses traditions textiles et elle a été durement touchée par la fermeture en deux temps de l’usine Moulinex, qui y est née sous le nom de Moulin-Légumes en 1937 et y employa plus de 2 000 personnes; le repreneur Seb ne conserve qu’un magasin d’usine, dont les braderies attirent les chalands.

Quoique limitées par la petite taille de la commune, entourée de plusieurs communes de plus de 2 000 habitants dont certaines dans la Sarthe, les autres productions sont très diversifiées. Une usine de cuves en inox (Goavec Engineering, 180 sal.) est issue d’une ancienne fabrique d’alambics. Soveriso (groupe Devglass), dont le siège est en Vendée, a ouvert en 2002, dans le cadre des opérations post-Moulinex, une fabrique de verres isolants (Vitraglass) de 180 emplois; plastiques Augros (65 sal.), divers ateliers de moins de 50 emplois; découpe des viandes (Elivia 85 sal.), mais l’agro-alimentaire est surtout alentour, avec la fromagerie Riches-Monts de Pacé et l’eau de table Roxane de La Ferrière-Bochard. L’Imprimerie Alençonnaise, qui a eu 130 employés, a disparu en 2005.

Alençon est aussi un centre de commerce et de distribution à large rayon, en raison de sa bonne desserte au croisement de la N12 et de l’axe Caen-Le Mans, renforcée en 2005 par l’achèvement de l’autoroute A28 qui la relie à Rouen (125 km) et au Mans. Un hypermarché Carrefour (160 sal.) est en banlieue à Condé-sur-Sarthe; à Alençon même sont un Super U (65 sal.) et des négoces d’appareils sanitaires Maillard (65 sal.), d’équipements automobiles ADMN (55 sal.); plusieurs fournisseurs du bâtiment dont les Maisons France-Confort (80 sal.), et les sociétés immobilières Sagim (100 sal.) et HLM d’Alençon (60 sal.); travaux publics Colas (55 sal.) et Eurovia (50 sal.); assurances SPB (100 sal.), collecte de déchets Suez RV (70 sal.); transports par bus Veolia (85 sal.).

Alençon était censée animer un ensemble d’activités consacré au moule (pour l’industrie plastique) et à l’emballage, né de sous-traitances de Moulinex et qui s’efforce de lui survivre. Dans la foulée, la Ville et la Chambre de Commerce d’Alençon ont choisi dès 1983 de promouvoir une spécialité industrielle inattendue mais alors en croissance: la plasturgie (industrie des plastiques). Un «pôle Plasturgie» a été lancé en 1985; en 1993 ouvrait à côté de l’Institut universitaire de technologie, sur le campus de Damigny, l’ISPA, Institut supérieur de plasturgie d’Alençon; il forme à tous niveaux, BEP, baccalauréat et diplôme d’ingénieur. Un Institut supérieur du Moule (ISMO) s’oriente vers les techniques des moules pour l’industrie plastique. Un Plastimart tient des rencontres professionnelles dans l’ancienne halle au blé. Ce pôle rassemble bien des industriels, mais ils ne sont ni très nombreux ni de tout premier plan; la plasturgie n’est pas encore une grande spécialité régionale, si l’on compare au pays d’Yssingeaux (Sainte-Sigolène) ou au pays d’Oyonnax, et à bien d’autres régions encore.

La commune d’Alençon avait 13 000 hab. au début du 19e s., 17 000 vers 1900, 22 000 en 1954; sa croissance s’est arrêtée au maximum de 1975, à 33 700 hab.; la population diminue depuis, avec une érosion de près de 5 000 hab. entre 1975 et 1999. Elle a encore perdu 3 160 hab. après 1999. La ville a deux zones urbaines sensibles au nord-est (Courteille) et au sud (Perseigne), qui forment ensemble une zone franche urbaine reconnue en 2003.

La communauté de communes du Grand Alençon a obtenu un statut de communauté urbaine d’Alençon en raison de la crise due à Moulinex; elle compte 56 500 hab. pour 31 communes, dont 5 dans la Sarthe; elle a notamment aménagé l’espace aquatique Alencéa sur les bords de la Sarthe. L’unité urbaine Insee est évaluée à 41 800 hab. (huit communes), l’aire urbaine à 67 800 (56 communes). L’arrondissement, très étiré d’est en ouest le long de la limite sud du département, a 86 900 hab.,111 communes, 171 000 ha.

Les 2 nouveaux cantons d’Alençon ajoutent chacun une commune à une moitié d’Alençon.

Moulinex en Alençonnais. Aucun lieu ne se nomme Moulinex en Basse-Normandie, mais plusieurs ont été très fortement marqués par cette firme, qui y a employé durant près de sept décennies des milliers de salariés, ou plus exactement d’ouvrières. En 1991, la ville d’Alençon a honoré la mémoire de Jean Mantelet, juste après sa mort, en attribuant son nom à une avenue; un peu tard peut-être: c’est à un moment où les choses commençaient à aller vraiment mal pour la firme. Mantelet était Parisien: il avait mis au point un moulin à légumes dans son atelier de Bagnolet en 1932, et en avait été récompensé par le concours Lépine en 1934. C’est en 1937 que, attiré par la demande et le niveau de l’emploi féminin, il installe à Alençon son premier atelier, sous le nom de Moulin-Légumes, qu’il changera en 1956 pour celui de Moulinex; il complète sa gamme en ajoutant un moulin à café en 1954, puis le fameux «robot-Marie» en 1961; l’usine d’Alençon atteint alors jusqu’à 3 000 salariés. Il choisit à ce moment d’essaimer sur l’axe Alençon-Caen, ouvrant la grande usine de Cormelles-le-Royal en 1962, ainsi que les ateliers d’Argentan. Plus tard il ira jusqu’à Bayeux et Saint-Lô, ainsi qu’en Mayenne, attirant quantité de sous-traitants. Cormelles croît très vite, atteignant 3 800 salariés en 1973.

«Les dentellières des villages se muent peu à peu en OS de HLM», écrivait le géographe Armand Frémont en 1976, tandis que le slogan de Moulinex depuis 1961 assurait «libérer la femme». Mais au cours des années 1980 et 1990 la course à la domination mondiale devient ruineuse. Des firmes moins rentables ou insuffisamment compatibles, comme Krupps, sont achetées à grands frais sans que les résultats le justifient, la firme s’endette lourdement et les «moulinex», comme on avait pris l’habitude de désigner les travailleurs, surtout des jeunes femmes, perdent leur docilité. Moulinex finit par produire plus cher que ses concurrents, ses nouveaux patrons échouent à redresser l’entreprise, qui est vendue en 2000 à la firme italienne Elfi des frères Nocivelli, troisième groupe mondial d’électroménager et propriétaire notamment de Brandt — selon une tactique éprouvée, Elfi dépose le bilan dès 2002, éliminant ainsi un ancien concurrent. La firme avait alors pourtant 22 000 salariés, dont la moitié en France.

D’un seul coup il ne reste à peu près plus rien des 10 000 emplois de Basse-Normandie, déjà érodés au fil des années: le repreneur et concurrent bourguignon SEB n’a repris que des usines de Mayenne ou de l’étranger, et s’est délesté des fabriques de moteurs électriques au profit d’Euromoteurs (Carpiquet), entreprise montée par d’anciens cadres salariés mais sans grand succès, et d’ailleurs liquidée en 2007. Le climat social à été tendu dans plusieurs villes, surtout à Alençon, Argentan et Cormelles-le-Royal, et plus d’un sous-traitant a été durement affecté par la crise; certains, comme Marbo (fils électriques pour moteurs), ont même dû fermer. Il n’est plus question de ce qui avait pu apparaître comme un solide «système productif local», Alençon choisissant ensuite de s’orienter vers la plasturgie.


Arçonnay

(2 070 Arçonnéens, 785 ha), 3 km au sud d’Alençon, est une commune de la Sarthe dans la communauté urbaine d’Alençon. L’habitat s’est développé en lotissements de pavillons le long de l’axe N-S de la D338. Cette banlieue a reçu une grande zone industrielle interdépartementale de 22 ha, près du péage de l’A28. Au contact d’Alençon sont apparus un lycée, une zone d’activités avec centre commercial, avec un hypermarché Leclerc de 230 emplois et des magasins comme Brico Dépôt (60 sal.) et Decathlon (30 sal.), Intersport (20 sal.); imprimerie Renard (20 sal.), menuiserie d’aluminium SPBM (35 sal.); nettoyage Suez RV (120 sal.), travaux publics Le Clech (30 sal.), autocars Boubet (45 sal.). Juste à l’ouest, parc et château de la Chevalerie, avec jardins remarquables. Au sud le Petit Maleffre accueille aussi le golf d’Alençon; le château de Maleffre est à l’est. Arçonnay fut le lieu de naissance de Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville (1697-1782), qui eut le titre de «géographe du roi». La commune n’avait que 500 hab. en 1962 et a crû vivement jusqu’en 1990, puis s’est stabilisée.


Condé-sur-Sarthe

(2 580 Condéens, 846 ha) est une commune de l’Orne dans la communauté urbaine d’Alençon, 4 km à l’ouest de la préfecture. Le village est sur la colline de rive droite de la Sarthe, mais l’habitat s’est surtout développé plus à l’est en banlieue d’Alençon à la Boissière et Vert Village, avec un centre commercial, dont Carrefour (160 sal.) et Conforama (25 sal.). Elle accueille ainsi quelques petites entreprises suburbaines dont une imprimerie (Bemo Graphic, 25 sal.); comptabilité In Extenso (40 sal.), transports Transmanut (20 sal.). La commune a connu une croissance de banlieue résidentielle: de moins de 1 000 hab. entre 1900 et 1950, la population est passée à 1 200 en 1976, 1 900 en 1990. Elle a encore gagné 300 hab. depuis 1999.


Damigny

(2 730 Damigniens, 481 ha) est une commune de l’Orne en banlieue NO d’Alençon dans la communauté urbaine d’Alençon; centre commercial, pôle universitaire au SO avec campus de l’IUT. Le nom s’est écrit Damigni avant 1988. La commune avait 1 100 hab. en 1954, 2 300 en 1975 puis le mouvement s’est modéré et même inversé: la commune a près de 300 hab. de moins qu’en 1999. Elle réunit des ateliers de la banlieue d’Alençon comme la métallerie R2C (Réalisations chaudronnerie et charpente, 450 sal.), les plastiques Béquet (30 sal.); plâtrerie Mailhe et Pottier (20 sal.); lignes électriques Bouygues (70 sal.) et GTCA (30 sal.); analyses Agro Bio (25 sal.), publicité Adrexo (100 sal.). La N12 traverse la commune en contournant Alençon.

Le nouveau canton de Damigny a 16 communes, 13 900 hab.


Saint-Germain-du-Corbéis

(3 940 Corbénois, 752 ha) est une commune du département de l’Orne dans la communauté urbaine d’Alençon, en banlieue ouest de la ville; supermarché Carrefour (45 sal.); maison pour enfants inadaptés au SO, château de l’Isle au NO. La commune, surtout résidentielle, est passée de 570 hab. en 1926 à 1 400 en 1962, 4 000 en 1982; elle s’est ensuite stabilisée et a perdu 250 hab. après 1999.


Saint-Paterne-le-Chevain

(2 320 hab., 1 293 ha) est une commune nouvelle de la Sarthe, créée en 2017, et membre de la communauté urbaine d’Alençon. Saint-Paterne (1 720 Saint-Paternais, 723 ha), 3 km SE d’Alençon, est un ancien chef-lieu de canton de la Sarthe sur la D311. On y voit un château renaissance, devenu hôtel de luxe; maçonnerie Sagir (25 sal.), transports Constance (60 sal.). La commune, surtout résidentielle, n’avait que 550 hab. en 1962, et a crû ensuite; mais elle a perdu 180 hab. depuis 1999. L’A28 traverse le finage à l’est, avec à la pointe SE péage et échangeur; hameaux d’Oze au nord, Saint-Gilles au sud (avec maison au cabinet peint du 18e s.), des terrains de sports et un lotissement au SO jouxtent le quartier alençonnais de Perseigne.

Le Chevain (590 Chevinois, 570 ha) est au nord de Saint-Paterne, 4 km à l’est d’Alençon sur la rive droite de la Sarthe. L’A28 passe à l’est du village; hameaux de Houssemaine et des Brosses au SE. Elle a perdu 110 hab. depuis 1999.

Deux communes sarthoises voisines sont également membres de la communauté d’agglomération d’Alençon.

Chenay (230 Cheneysiens, 216 ha), 8 km ENE d’Alençon, a un petit finage de forme triangulaire occupant un méandre resserré de la Sarthe; la popualation a doublé depuis 1999.

Champfleur (1 400 Champflorains, 1 314 ha dont 123 de bois) est à 7 km au SE d’Alençon. Le village est frôlé par la voie ferrée du Mans à Alençon; hameaux de Groutel au sud, du Pont au NE; l’A 28 traverse le finage à l’ouest. La population a augmenté de 250 hab. depuis 1999.


Villeneuve-en-Perseigne

(2 260 Villeneuvois, 8 670 ha) est une nouvelle commune créée en 2015, groupant six anciennes communes au nord du département de la Sarthe; elle fait partie de la communauté urbaine d’Alençon. Elle a 80 hab. de plus que ses constituants en 1999. La Sarthe fixe la limite nord de son territoire et du département.

La Fresnaye-sur-Chédouet (950 Fresnayons, 3 141 ha dont 1 554 de bois) est tout au nord de la Sarthe, 15 km au NO de Mamers et 14 km à l’est d’Alençon. Dans un paysage bocager, le village est au pied de la forêt de Perseigne, côté nord, et le finage en inclut une grande partie; étang et château au village, musée du vélo, atelier de plastiques du Moulage industriel de Perseigne (30 sal.). Le nom était seulement La Fresnaye avant 1894; le Chédouet est un minuscule ruisseau de 7 km qui rejoint la Sarthe au nord. À l’orée des bois, hameaux des Ventes du Four au sud, de Goulet au SO. La commune avait 1 600 hab. en 1866 mais est descendue à 820 en 1936 et elle est restée ensuite à peu près à ce niveau; puis elle a augmenté de 90 hab. depuis 1999.

Roullée (240 Roulléens, 1 993 ha dont 131 de bois) est à 5 km au NE de La Fresnaye; étangs de part et d’autre de la Sarthe. Chassé (180 Chasséins, 723 ha) est 5 km à l’ouest de La Fresnaye. Montigny (28 Ignymontais, 365 ha) est à 6 km ONO de La Fresnaye, 11 km ENE d’Alençon, sur une butte que contourne au loin la Sarthe et porte le château. Lignières-la-Carelle (390 Lignérois, 675 ha) est à 7 km OSO de La Fresnaye, 8 km à l’est d’Alençon; manoir de la Juisselerie. Saint-Rigomer-des-Bois (470 Rigomérois, 1 753 ha dont 895 de bois) est à 11 km au SO de La Fresnaye, 8 km au SE d’Alençon, en clairière à l’orée de la forêt de Perseigne; au SO, château classique et très symétrique de Coutilloles (18e s.); au NE, hameaux du Buisson et de la Rue aux Chèvres.