Communauté de communes des Villes Sœurs

Villes Sœurs (communauté de communes des)

Highslide JS

intercommunalité de la Seine-Maritime, associant 28 communes (dont 13 dans la Somme), 38 200 hab. sur 21 500 ha. Eu (siège), Criel-sur-Mer, Le Tréport ont plus de 2 000 hab., ainsi que Gamaches et Mers-les-Bains qui sont dans la Somme.

Ponts-et-Marais (800 Pontois, 590 ha dont 169 de bois), juste en amont d’Eu, se tient dans la vallée de la Bresle et accueille une fabrique de carton ondulé du groupe Smurfit (70 sal.), la maçonnerie Lhôtelier (20 sal.), le routage GAP (25 sal.). Le finage est limitrophe de la Somme. Il contient au sud-est une longue queue entre le cours de la Bresle et le pied du coteau gauche, où sont des étangs et le hameau du Petit Marais, puis monte tout au SE dans la forêt du Massif du Triage d’Eu. Au nord, le finage monte sur le plateau de la Croix du Bailly et atteint le hameau de Gros Jacques et la D925. Le nom fut d’abord Pont, qui reste attaché au hameau au pied du coteau sud de la Bresle. La commune avait absorbé dès 1806 sa voisine de Harancourt en aval, dont le hameau jouxte les maisons d’Eu. La population a 40 hab. de moins qu’en 1999.

Flocques (720 Flocquais, 493 ha), 6 km OSO d’Eu au sud du Tréport, sur la D940, accueille les transports JMS (80 sal.) et a gagné 90 hab. après 1999.

Étalondes (1 100 Étalondais, 463 ha), 4 km SO d’Eu sur le plateau, dont le village est longé par la D925, a un centre commercial Leclerc (125 sal.); Bricomarché (30 sal.), horticulture Bolle (25 sal.). La population s’est accrue de 80 hab. depuis 1999.

Saint-Rémy-Boscrocourt (820 Rémois, 837 ha), 7 km SSO d’Eu, complète son village par les deux hameaux de Heudelimont à l’ouest et Boscrocourt au nord-est. Saint-Rémy-en-Campagne a changé de nom en 1823 en fusionnant avec Boscrocourt. L’usine SSSV Services Verriers ex-TMG, 150 sal. (groupe danois ISS) trie et contrôle les flacons.

Saint-Pierre-en-Val (1 130 Saint-Pierre-Vallais, 773 ha dont 130 de bois, 5 km SE d’Eu, a son village dans un vallon affluent de la Bresle au pied du relief qui porte la forêt d’Eu. Le finage mord sur celle-ci à l’est, englobant la maison forestière de la Pépinière. La D1314 rectiligne traverse le finage au sud-ouest, entre les hameaux de la Bourdaine et du Fresne; +90 hab. depuis 1999.

Baromesnil (240 Baromesnilois, 798 ha), 10 km au sud d’Eu, a un village-rue en L sur le plateau.

Le Mesnil-Réaume (800 Mesnillais, 555 ha), 10 km SSE d’Eu, a un village-rue de 2 km, recoupé par la D1314; un camping. La commune a gagné 350 hab. depuis 1999 (+78%).

Monchy-sur-Eu (600 Monchois, 899 ha dont 260 de bois), 7 km SSE d’Eu, a un village groupé sur le plateau; son finage empiète à l’est sur la forêt d’Eu (Massif du Triage). La commune a gagné une centaine d’habitants après 1999.

Incheville (1 270 Inchevillois, 789 ha dont 366 de bois), 8 km ESE d’Eu, limitrophe de la Somme, occupe un vallon débouchant sur la Bresle, dont le fond de vallée est troué de gravières; la principale (30 ha) a une base de loisirs avec camping. Au pied du versant gauche de la Bresle à l’est, le finage contient le hameau de Gousseauville au bord d’un autre étang. Le promontoire de confluence, nommé la Montagne, a servi d’oppidum. La commune est un ancien centre de filatures et de tuilerie; elle avait encore 1 350 emplois industriels dans les années 1970. Elle a subi de fortes érosions, et notamment l’abandon d’une grosse entreprise de composants de bicyclettes et voitures d’enfants (Maillard, 400 emplois vers 1997, 1 300 à son sommet), successivement passée à Peugeot, à l’allemand Sachs puis à une firme états-unienne qui l’a fermée en 2003. Sur le site sont venues quelques petites entreprises, mais pour à peine 150 emplois, dont la mécanique OPRM (25 sal.); maçonnerie Risch (20 sal.). Incheville avait 500 hab. vers 1880, 1 000 dans les années 1930; elle a culminé à 1 700 hab. en 1982 et a perdu des habitants ensuite, dont 190 depuis 1999.

Longroy (650 Longroisiens, 532 ha dont 269 de bois), 13 km ESE d’Eu face à Gamaches, limitrophe de la Somme, étire son village sur le côté gauche de la Bresle au pied du coteau. Le finage, limité au nord par la Bresle, ne comprend pas d’étangs mais monte largement sur le plateau au sud, entaillé de vallons et couvert par la forêt d’Eu; le hameau de la Tuilerie y occupe une clairière. La commune a un cimetière mérovingien. Les principaux employeurs sont une verrerie Satimat (55 sal.), les moules et modèles Normov (20 sal.), le tri et contrôle de verrerie Jenniver (80 sal.)

Millebosc (260 Millebostiers, 791 ha dont 286 de bois), 12 km SE d’Eu, est une commune du plateau nu, avec un village-rue; le finage est bordé de vallons boisés sur trois côtés.

Melleville (270 Mellevillois, 909 ha dont 290 de bois), 13 km SE d’Eu, est aussi un village du plateau; le finage contient au nord 250 ha de la forêt d’Eu.

Les treize communes de la Somme membres de la communauté des Villes-Sœurs sont Allenay (270 Allenaysiens, 218 ha), Ault (1 520 Aultois, 599 ha), Beauchamps (1 020 hab., 722 ha), Bouvaincourt-sur-Bresle (860 Bouvaincourtois, 682 ha), Buigny-lès-Gamaches (430 Bistiers, 477 ha), Dargnies (1 290 Dargniens, 367 ha), Embreville (570 Embrevillois, 533 ha), Friaucourt (790 Friaucourtois, 416 ha), Gamaches (2 690 Gamachois, 992 ha), Mers-les-Bains (2 860 Mersois, 539 ha), Oust-Marest (640 hab., 580 ha), Saint-Quentin-la-Motte-Croix-au-Bailly (1 310 Croisiens, 691 ha), Woignarue (860 hab., 1 651 ha).


Criel-sur-Mer

(2 760 Crielois, 2 112 ha) est une commune de Seine-Maritime dans la communauté des Villes Sœurs, 10 km au SO d’Eu. Le bourg est à 2 km de la mer dans la vallée encaissée de l’Yères, sur l’ancien tracé de la D925, dérivée en rocade au sud. La commune inclut les amples urbanisations balnéaires de Criel-Plage à l’embouchure de l’Yères, sur le versant droit, et de Mesnil-Val, plus étoffée, juste au nord-est. Au total, elle a plus de 1 000 résidences secondaires (43% des logements), trois campings (220 places) dont deux au pied du versant gauche de l’Yères, un à Mesnil-Val, des hôtels. Le plateau de rive gauche se termine en pointe au mont Jolibois, où la falaise atteint une hauteur de 106 m, et la falaise se prolonge au-delà vers le sud-ouest sur 3 km dans la commune; tout au bout est le hameau de Mesnil à Caux. Au sud-est de la ville sur le plateau s’est établi en 2009 le parc éolien des Forières, avec 4 turbines Enercon (8MW), suivi au SE par le parc de la Plaine de Sang Roy, avec 5 mâts (10 MW, au même groupe Valorem), dont deux à Saint-Martin-le-Gaillard au sud-est.

La mairie occupe l’ancien manoir de Briançon, du 16e s. à deux grosses tours rondes, qui servit jadis d’hôpital; exposition d’arts et traditions. Non loin, le grand château de Chanteraine (1770), également municipal, sert de centre d’hébergement et d’animation; Criel a aussi une église à trois nefs du 16e et 19e s. La commune a complété son nom en 1902; elle avait alors 970 hab. et n’a guère cessé de croître jusqu’en 1999, avant de se stabiliser.


Eu

(7 190 Eudois, 1 793 ha dont 353 de bois) est un ancien chef-lieu de canton de Seine-Maritime, 32 km au NE de Dieppe sur la rive gauche de la Bresle, à la limite de la Picardie. La ville est ancienne: Auva (ou Auga, Augum) fut d’abord le port fluvial de la ville d’Augusta Ambionotum, dont les traces se trouvent dans les fouilles archéologiques qui se poursuivent sur le site de Bois-l’Abbé, en forêt d’Eu sur le plateau de Beaumont, à 5 km au SE de la ville. Puis elle devint le chef-lieu d’un comté normand (996). Le nom est en rapport avec l’eau (racine ev, av, comme au en germanique).

D’un passé tumultueux reste un ensemble patrimonial qui se flatte d’être le plus riche du département après celui de Rouen. Son haut lieu est le grand château renaissance de 1578 (plusieurs fois modifié ensuite), de brique et de pierre, longtemps propriété de la famille royale côté Orléans, entouré d’un parc et d’un jardin de grand intérêt; il abrite le musée Louis-Philippe et un musée de la tradition verrière, ainsi qu’un théâtre. L’église gothique est une belle collégiale à crypte des 12e au 15e s., restaurée au 19e. Un collège des jésuites du 17e s. est aujourd’hui lycée public. La ville soigne son apparence (4 fleurs) et soutient un festival Bach annuel; elle figure parmi les «stations vertes de vacances». Outre le lycée, elle a un collège public et un privé, un centre hospitalier de 45 lits.

La base industrielle est active: systèmes de commutation Einea d’Alcatel (300 sal.), meubles de bureau EOL (85 sal.), fonderie et moulage d’aluminium Sival (85 sal.), métallerie PCI (25 sal.). S’y ajoutent des activités de service et commerce: services aux entreprises STMF (60 sal.), négoce de matériaux Genmat (Millancourt et Nicolas, 60 sal.); un Intermarché (65 sal.); services à la personne Domi Sim (25 sal.), Bien chez Soi (30 sal.). Une station salmonicole a été équipée sur la Bresle.

Le territoire communal comporte une partie située sur la rive droite de la Bresle, qui inclut notamment l’aérodrome d’Eu-Mers-Le Tréport (code LFAE, piste bitumée de 900 m et aéroclub, 400 mouvements en 2007, pas de statistique depuis) et les quartiers de la Maladrerie et de la Chaussée de Picardie dans un vallon qu’empruntent la D925 et la D940. Ce finage a une forme compliquée sur le plateau de rive gauche, incluant une extension vers le SE sur le plateau de Beaumont, en forêt d’Eu, où se trouvent un jardin botanique et le site de fouilles de Bois-l’Abbé qui culmine à 132 m.

La population communale a été de 5 400 hab. en 1900, 5 700 en 1936, puis s’est élevée après 1950, atteignant 8 600 en 1975; elle se réduit depuis et a perdu 1 140 hab. après 1999. En fait, Eu est indissociable des activités et du peuplement du Tréport et de Mers, celle-ci pourtant dans la région de Picardie. Ces trois villes sont associées, avec 27 autres communes (38 200 hab.), dans la communauté des Villes Sœurs, naguère nommée du Gros-Jacques puis de Bresle-Maritime.

Le nouveau canton d’Eu a 40 communes, 35 200 hab.

La forêt d’Eu est un ensemble forestier domanial (9/10 à l’État, 1/10 au département de Seine-Maritime) étendu sur 30 km au SE d’Eu et fragmenté en quatre massifs: du Triage au NO, près de la ville d’Eu; de la Haute Futaie au centre, le plus étendu, étalé sur le plateau du Petit Caux et desservi par une longue Route Centrale rectiligne de 12 km, recoupée au SE par l’autoroute A28; le massif du Grand Marché au SE et le massif de la Basse Forêt tout au sud. Elle couvre 9 293 ha, et elle est composée à 70% de hêtres et 26% de chênes.


Tréport (Le)

(4 990 Tréportais, 677 ha) est une commune de Seine-Maritime dans la communauté interrégionale des Villes Sœurs, juste à l’ouest d’Eu, en bord de mer et à la limite de la Somme. Le nom n’est pas d’un «troisième» port, mais d’un port d’après, voire d’au-delà: l’Ulterior Portus romain était le port de mer d’Augusta quand Eu en était le port fluvial. Une abbaye bénédictine lui redonna quelque activité à partir du 11e s., et Le Tréport fut également un port de pêche. Mais son élan et sa croissance démographique sont bien davantage associés à l’expansion du tourisme balnéaire à la fin du 19e siècle, et plus encore aux congés payés de 1936, dont les effets furent amplifiés par la voie ferrée de Paris.

La station a vieilli depuis, au pied de sa haute falaise, et n’a pas encore de port de plaisance bien qu’elle permette 350 mouillages; mais la ville s’est étendue sur le plateau (Le Tréport-Terrasse) et le long de la Risle (Le Tréport-Moderne). Elle comprend un musée des Enfants du Vieux Tréport, un collège et un lycée professionnel, et une chambre de commerce et d’industrie depuis 1889; un casino (45 emplois, du groupe Joa), un funiculaire, et quelque 1 100 résidences secondaires (29% des logements), deux campings (420 places) sur le plateau, 4 hôtels. Un cimetière militaire britannique est sur le plateau près du hameau du Mesnil Sorel. Le port de commerce n’a qu’un faible trafic (350 000 t/an, 32e en France) et les traversées transManche se font par Dieppe.

Le Tréport avait 5 000 hab. vers 1900 et guère plus en 1950; sa population a culminé à 6 800 hab. en 1975 et diminue depuis; elle a encore perdu 600 hab. après 1999. La ville a acquis une base industrielle avec des fabriques d’emballages plastiques, bouchons et pompes à parfums Albea (430 sal., groupe Alcan ex-Pechiney) et Nemera (210 sal, ex-Rexam, groupe étatsunien Montagu), de robinetterie (Banides et Debeaurain, 80 sal.), d’engrais azotés Timac (55 sal.), de bentonite Clariant (30 sal., société suisse); tri et contrôle de flaconnages Jenniver (35 sal.). Tout près, la verrerie Verescenve (850 sal., groupe Saint-Gobain par Desjonquières, parfois répertoriée au Tréport, est en fait à Mers-les-Bains.