Communauté de communes du Haut Vallespir

Vallespir (Haut)

Highslide JS

communauté de communes au sud des Pyrénées-Orientales, associant 14 communes et 9 800 hab. sur 46 500 ha. Arles-sur-Tech (siège) et Amélie-les-Bains-Palalda dépassent 2 000 hab.

Montbolo (180 Bolomontains, 2 198 ha dont 1 652 de bois), 10 km NE d’Arles-sur-Tech à 600 m, est juste au-dessus d’Amélie dans les Aspres. Elle a une maison de convalescence Al Sola (30 sal.), une clinique de 90 lits et une centaine d’emplois (Supervaltech, pneumologie), et une trentaine d’habitants de plus qu’en 1999. Le relief atteint 1 338 m à l’angle NO du finage, où se voient les restes d’une route minière et de la gare minière de Formentera à 1 130 m, et dont descend la rivière de Bonabosc; camping tout au nord dans la vallée de l’Ampla.

Taulis (51 Taulisiens, 619 ha dont 192 de bois), 14 km au nord d’Arles-sur-Tech, a son village à 560 m au-dessus du vallon d’el Calvell, qui descend vers l’Ampla, et sur la D618. Elle partage avec Montbolo, au SO, le même point culminant à 1 338 m.

Saint-Marsal (90 Saint-Marsalois, 1 536 ha dont 591 de bois), 20 km au nord d’Arles-sur-Tech, est au cœur des Aspres. Son finage en arc de cercle enveloppe par le nord celui de Taulis; il atteint au SO le Serrat de Fontfreda à 1 477 m, où se voient les restes de la tour de Batera à 1 424 m, sur le sentier de la Ronde du Canigou. Le village est à 727 m, sur la D618 qui va d’Amélie à Ille-sur-Têt. L’Ampla borde le finage au sud-est.

La Bastide (75 Bastidois, 1 563 ha dont 574 de bois) est plus haut (790 m) et un peu à l’écart, sur le versant gauche du Boulès, à 6,5 km de la D618 (2,2 à vol d’oiseau) par la D13, qui va vers Valmanya à l’ouest par le col de Palomères (1 036 m); camping. La mine de fer des Menerots y fut exploitée, au sud au-delà de 1 000 m, et le village avait 555 hab. en 1856, 400 en 1910. Le Boulès a sa source au sud du finage et la commune est donc la seule du Haut-Vallespir à tourner le dos au bassin du Tech. Le relief monte au Puig de l’Estella (1 778 m) au SO.

Corsavy (240 Corsavinois, 4 702 ha dont 1 425 de bois), 8 km à l’ouest d’Arles-sur-Tech, perche son village à 785 m; maison d’enfants (les Chantevents), camping. La commune s’étend jusqu’au puig dels Tres Vents (2 731 m) et au Roc Nègre (2 714 m) tout près du Canigou. Au SE, une queue du finage descend dans les gorges de la Fou mais sans atteindre le Tech. Le territoire de Corsavy est surtout connu pour les mines de fer de Batère, tout au nord sous la crête, qui étaient devenues les principales du département. Les mines de Batère, sous une tour ruinée de ce nom, ont comporté 14 km de galeries creusées dans le massif du Canigou entre 1 100 et 1 600 m; elles communiquaient avec celles de la Pinouse à Valmanya, de l’autre côté de la crête. Longtemps sorti à dos d’homme et d’âne ou de mulet, le minerai a pu l’être à partir de 1900 par un téléphérique de 9 km qui l’amenait à Arles-sur-Tech. Une société locale avait été constituée, mais a été progressivement intégrée dans des groupes, le dernier étant Denain-Anzin, qui assurait la liaison avec les charbonnages de Decazeville. L’extraction n’a été arrêtée qu’en 1987, les stocks accumulés permettant encore des expéditions vers Decazeville et Fos-sur-Mer jusqu’en 1994. La commune comptait plus de 1 000 habitants au milieu du 19e s. Un musée de la mine est ouvert sur le site; une route en lacets (D43) de 15 km permet d’accéder au site et monte jusqu’à 1 513 m; toute une série de routes forestières permettent de circuler dans la commune; le GR Tour du Canigou la traverse et passe au nord par le col de la Cirère (1 731 m). Le dépeuplement est enrayé depuis 1982; la commune a 120 résidences secondaires (53% des logements).

Montferrer (190 Montferrérois, 2 195 ha dont 608 de bois), au nom évocateur des ressources en fer, est perché à 800 m, 11 km OSO d’Arles. La commune monte à 1 626 m à la Souque (la Soca); elle atteint à l’est les fraîches gorges de la Fou, profondes de 200 m et longues de 1 700 m, si étroites que les parois se rapprochent jusqu’à 30 cm, et qu’il a fallu les équiper de passerelles; Montferrer propose un musée communal. L’habitat s’est disséminé sur la soulane du Tech à l’est, mais la population diminue encore.

Le Tech (El Tec, 100 Téchois, 2 518 ha dont 869 de bois, à 520 m), 12 km SO d’Arles-sur-Tech, est à 520 m dans la vallée du Tech, au confluent de la Coumelade (Comalada) qui vient des Aspres, et un peu en aval de Prats-de-Mollo (7 km) et du défilé de la Baillanouse. Son finage grimpe sur 12 km dans le bassin de la Coumelade, vers le NO, jusqu’au puig dels Tres Vents (2 731 m) qui est très près du Canigou; une centrale électrique a été installée sur la Coumelade, une autre sur le Tech. La commune a été créée en 1862 à partir de Prats-de-Mollo.

Prats-de-Mollo-la-Preste (1 170 Pratéens, 14 509 ha dont 6 000 de bois, 18 km OSO d’Arles-sur-Tech, est un ancien chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales, 60 km OSO de Perpignan au fond de la vallée du Tech, au-delà du défilé de la Baillanouse. Cette grande commune frontalière, la plus étendue du département, occupe le haut du Vallespir. Le village-centre est une ancienne place forte située à une convergence de vallons, à 735 m d’altitude. Il reste des remparts de la place fortifiée, dont les défenses avaient été renforcées par le fort Lagarde, construit au-dessus du village sur les indications de Vauban et muni d’un donjon en étoile; des spectacles historiques y sont donnés en été. Prats fait partie des «villages de charme», proposant une fête de l’Ours et des sardanes. Prats de Mollo évoque des prés humides (mouillères).

Le second noyau de peuplement est à 10 km en amont, à 1 030 m, autour des thermes de La Preste; les sources sulfatées bicarbonatées sodiques, déjà mentionnées pour les bains en 1302, y sortent à plus de 44 °C et soignent les troubles urinaires; l’établissement thermal (65 et 50 sal.) appartient depuis 1981 à la Chaîne thermale du Soleil. Il reçoit 2 500 curistes par an (45 000 nuitées). La commune enregistre 8 hôtels (180 chambres), deux campings (120 places), 560 résidences secondaires (46% des logements). Le succès relatif de la Preste a fait ajouter son nom à celui de la commune en 1956; toutes les lettres de Prats («les prés») se prononcent et, bien entendu, les deux ll de Mollo sont mouillées.

Le territoire communal va à l’ouest jusqu’au roc Colom (2 507 m) et au Costabonne (2 465 m); il est dominé par la longue crête des Esquerdes de Rotja, qui court sur 13 km vers le NE en direction du Canigou et dont le versant est devenu en 1986 une réserve naturelle de 2 186 ha. Au nord, le finage atteint le puig Roja (ou Rotja) à 2 724 m, juste un peu au sud du Canigou; une route forestière traverse la crête par la ollade de Roques Blanches (2 252 m) et aboutit au col de Mantet et à Py (Conflent Canigó). Une autre petite route monte vers le nord le long du Parcigoule, une tête du Tech, jusqu’à la serre Vernet.

Côté sud, une bonne route franchit la crête frontière au col d’Ares (1 513 m), passe en Espagne et atteint la vallée du Ter à Camprodon; elle donne accès dans le finage de Prats à un «parc aventure» de 5 ha au nom un peu laborieux de Mont Oz’Arbres, avec parcours dans les branchages, via ferrata et une tyrolienne de 400 m de long. Non loin, à 1 540 m, la tour à signaux de Mir était déjà en place au 14e s. La commune avait largement dépassé les 3 000 hab. au début du 19e siècle; mais elle a cédé le territoire du Tech en 1862 et s’est dépeuplée depuis, passant par 2 800 hab. en 1911 et 1 600 en 1954; elle aurait repris 70 hab. depuis 1999.

Lamanère (42 Lamanérois, 2 383 ha dont 1 299 de bois), 24 km SO d’Arles-sur-Tech à 777 m, est assez isolée dans son haut bassin, mais se flatte d’être la commune la plus méridionale de France, du moins de la France continentale, dont le point extrême est en effet sur la crête frontalière à la Coume Nègre (1 558 m), par 42°34 N. La commune a eu jusqu’à 800 hab. au 19e siècle et en avait encore 280 en 1954: c’est dire l’ampleur de l’abandon; elle a 80 résidences secondaires sur moins de 120 logements.

Serralongue (Serralonga, 230 Serralonguais, 2 304 ha dont 1 157 de bois) est à 17 km SO d’Arles-sur-Tech. Le village est à 710 m sur la crête entre les vallées de la Menera au nord, de Castell au sud, qui confluent au NE du finage juste avant d’atteindre le Tech, rive droite. Le village tasse ses vieilles maisons autour d’une église fortifiée et propose un musée des arts et traditions populaires et un panorama avec table d’orientation. le finage monte au mont Nègre (1 425 m) au sud, et atteint au SE la frontière d’Espagne sur 2,5 km. Au sud-ouest à 1 292 m se voient les tours de Cabreus, un bel ensemble avec des restes d’un château du 10e siècle, une tour défensive du 11e et une tour à signaux du 14e., qui formaient le repaire du seigneur des lieux. La commune contient un village naturiste vers 1 000 m au Puig de la Formentera (70 places sur 26 ha) et a 150 résidences secondaires sur moins de 300 logements. À l’extrême SE en montagne et au ras de la frontière, vers 1 060 m, la forêt de Falgos abrite un golf, dépendance de Saint-Laurent-de-Cerdans.

Coustouges (100 Coustougiens, 1 686 ha dont 1 141 de bois), à 830 m, a son village à 827 m, tout au NE du territoire, sur un ensellement qui permet la communication avec l’Espagne par la D3. Le finage offre en effet la particularité de déborder de la crête frontalière pour descendre jusqu’aux cours de la Muga au sud, et de son affluent le riou Majou (rio Mayor) à l’est. Le petit village pittoresque est orné d’une belle église romane à tour-clocher fortifiée et carrée, sous le roc del Bau qui monte à 1 030 m. La commune compte un autre hameau plus à l’ouest, Vilaroja; elle a eu 590 hab. en 1851 et n’a cessé de se dépeupler; un logement sur deux est résidence secondaire. Son nom, Costoja en catalan, désigne un poste de garde exposé. Village et col virent passer des milliers de Républicains fuyant en 1939 l’Espagne devenue franquiste.

Saint-Laurent-de-Cerdans (Sant Llorenç de Cerdans, 1 150 Laurentins, 4 508 ha dont 2 295 de bois), 18 km SSO d’Arles-sur-Tech, est au NO et à 4 km de Coustouges, avec qui elle forme une «station verte de vacances». Une route y mène directement d’Arles-sur-Tech, mais non sans détours (17 km) tandis que le village est à 24 km de Prats-de-Mollo. Saint-Laurent fut un actif centre d’industrie: d’abord minier et forgeron jusqu’au milieu du 19e s., avant que des plantations de châtaigniers n’en fassent un lieu de fabrication de piquets de vignes et de douelles de tonneaux; surtout, apparurent en 1860 le tissage de toiles résistantes et la fabrication d’espadrilles, apportées de Vich par la famille Sans, d’où leur nom de vigatanes. Leur fabrication employa jusqu’à 1 000 personnes et la population de Saint-Laurent put dépasser 3 000 habitants en 1911.

Mode et concurrence ont eu raison de cette spécialité; la plupart des entreprises disparurent dans les années 1970, la dernière, toujours au nom de Sans, fermant en 1994. Reste un atelier de toiles colorées (Toiles du Soleil, 25 sal.).

La population n’a cessé de diminuer jusqu’en 1999, passant sous les 2 000 hab. en 1968, et perdant encore 90 hab. depuis 1999. C’est surtout du tourisme que vit maintenant ce qui reste du village, à 660 m; on y soigne le carnaval et la fête de l’Ours, un musée d’arts et traditions et de l’espadrille, un autre village naturiste (le Clols, au nord), le golf de Falgos (avec hôtellerie) dans la commune de Serralongue. Un peu au nord, le mas de Crémadells avait été transformé en château au 18e s. Le finage atteint au nord le cours du Tech, mais non la frontière au sud, dont Coustouges et Serralongue le séparent. La commune a deux campings (100 places) et 320 résidences secondaires sur un millier de logements.


Amélie-les-Bains-Palalda

(3 510 Améliens, 2 943 ha dont 1 226 de bois) est une commune des Pyrénées-Orientales, 8 km en amont de Céret, dans le Haut-Vallespir (Vallespir (Haut)). Les bains d’Arles (Els Banys d’Arles), au confluent du Mondony et du Tech, étaient connus dès l’époque romaine, mais n’avaient guère fixé d’habitat. Non loin, Vauban avait fait construire un fort de frontière, en 1683, dit Fort les Bains, qui demeure une attraction locale. Mais l’élan et la création d’une station thermale datent de l’apparition d’un établissement pour les soins des militaires en 1835, et de la faveur des bains sous la royauté de Louis-Philippe. Cela valut au lieu de se voir attribuer le prénom de l’épouse du roi en 1840.

Le succès ne s’est pas démenti depuis; l’établissement thermal (165 sal.) de la Chaîne Thermale du Soleil et ses annexes, dont un inévitable casino (MGS, 20 sal.), justifient la population de la ville. Les sources sulfurées, sodiques et chlorées sont entre 44 et 63 °C. Elles sont fréquentées annuellement par 28 000 curistes (490 000 nuitées au total). Outre l’établissement thermal militaire, on distingue les thermes romains et les thermes du Montdony, qui bénéficient de nouvelles installations depuis 1988; cliniques Sunny Cottage (25 sal.) et Alsun (20 sal.), villages de vacances, camping, arboretum.

La ville est «station verte de vacances», avec 14 hôtels (350 chambres), un camping (85 places), 2 800 résidences secondaires sur 5 100 logements, un musée de la poste en Roussillon et un musée des arts et traditions, associés à Palalda; elle affiche une spécialité de rosquilles (petits gâteaux secs en couronne) depuis 1810 et tient un festival de folklore en août. La commune a aussi quelques petites entreprises; dont les installations thermiques R. Renard (35 sal.). La population communale était montée à 1 800 hab. en 1891, puis s’était réduite; elle a brusquement augmenté entre 1930 (1 600 hab.) et 1950 (2 900 hab.) et a oscillé ensuite, avec un maximum à 3 900 en 1975; la population est stable depuis 1999.

Le territoire communal s’est agrandi en 1942 par la fusion avec Palalda (catalan Palauda), un beau village en espalier qui domine l’adret du Tech, au pied duquel se trouve au bord du Tech la papeterie Sterimed ex-Arjowiggins (240 sal.); et en 1962 avec l’intégration de Montalba, un ancien village un peu perdu dans la montagne au sud, au-delà des gorges du Montdony et de la haute cascade dite d’Hannibal, qui sont les principales attractions naturelles du site. Le finage atteint 1 414 m aux abords du Roc de France à la frontière, à l’angle SE. La commune est le bureau du nouveau canton du Canigou, qui groupe 41 communes (20 600 hab.).


Arles-sur-Tech

(2 740 Arlésiens, 2 882 ha dont 1 757 de bois) est un ancien chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l’arrondissement de Céret, 12 km OSO sur la rive gauche du Tech, juste en amont d’Amélie-les-Bains; Arles de Tec en catalan. C’est la vieille capitale du Vallespir, où s’était établie une abbaye dont il reste un très bel ensemble d’église et cloître. C’était aussi une capitale du fer, recevant et traitant les minerais du massif du Canigou; la dernière forge catalane a fermé en 1932, mais du minerai a été trié et expédié encore jusqu’en 1994; la tradition de travail du fer vaut à Arles le label de «ville et métiers d’art». La forge catalane, ou à la catalane, utilisait un mélange de bois et de charbon ventilé par un énorme soufflet actionné par une roue à eau; le métal en fusion était frappé et étiré par un maillet ou martinet, également mu par la force hydraulique. Ces forges pouvaient donc se disperser en montagne.

Le bourg a un équipement complet de commerces et de services, un collège public; maison de la nature (musée), centre international de basket-ball depuis 1992; maison de convalescence spécialisée. La commune occupe tout le versant méridional du Vallespir sous la crête de Montmer (1 258 m) mais n’atteint pas la frontière; on y visite la cascade et l’étroit vallon de la Maria Vallenta. Côté nord, la commune lance un ruban en direction du Canigou jusqu’à 1 061 m, le long du ravin del Freixe, où s’éparpillent quelques maisons.

Arles a absorbé en 1823 Fontanils, commune de montagne au sud, qui n’est plus guère qu’un lieu-dit; une ancienne mine de giobertite est tout au sud. Elle a plusieurs campings, un golf à la porte d’Amélie; gros hameaux d’Alzine Rodone sur la rive droite du Tech en aval, du Barri d’Amunt sur la rive gauche en amont, nombreuses villas au Can Partère sur la rive gauche à l’ouest, tout en amont. La population communale a assez peu changé: 2 500 hab. en 1876 comme en 1926 et 1960, une légère progression jusqu’en 1975 (3 000 hab.) et un ralentissement depuis (+80 hab. après 1999). Arles est le siège de la communauté de communes du Haut-Vallespir; v. Vallespir (Haut).


Tech (le)

fleuve des Pyrénées orientales, de 84 km de long, l’un des deux grands cours d’eau du Roussillon; el Tec en catalan. Il naît sous le pic de Costabonne, passe à la Preste et Prats-de-Mollo, et file vers l’ENE à travers le Vallespir en suivant un sillon tectonique entre les massifs du Canigou et des Albères; il passe à Arles-sur-Tech et Amélie-les-Bains, sort de la montagne à Céret, longe Le Boulou et parvient à la Méditerranée dans la partie septentrionale de la commune d’Argelès-sur-Mer. Ses crues sont redoutées, surtout en automne; celle d’octobre 1940, où il a roulé 3 500 m3/s à Céret, a été particulièrement catastrophique.