Communauté de communes du Cap Corse

Cap Corse (communauté du)

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intercommunalité de Corse au nord de Bastia, associant 18 communes et 6 800 hab. sur 30 570 ha. Le siège est à Brando; aucune commune n’atteint 2 000 hab.

Brando (Brandu) (1 670 Brandinchi, 2 222 ha), 10 km au nord de Bastia, est un ancien chef-lieu de canton. Son habitat se disperse dans une commune qui va de la crête centrale du Cap Corse à la mer Tyrrhénienne, et qui fait partie de la banlieue de Bastia. À l’ouest, le mont Stello atteint 1 307 m; quelques tours ruinées subsistent, dont celle du Sacro en bord de mer. L’ensemble formait la piève de Brandu. Sur la côte se trouvent une petite marine au sud, Lavasina, et une bien plus étoffée au centre, Erbalunga, jadis port d’expédition des produits agricoles du nord de la Corse vers la Toscane; après un long déclin, il est devenu un «village de charme» et une station balnéaire fréquentée, avec écoles de plongée et d’escalade, et un mouillage de bateaux; il s’y tient chaque été un festival de jazz, rock et variétés; grotte de Brando un peu au sud sur la côte. Aucun village ne se nomme Brando: la commune a quatre villages épars en hauteur, du sud au nord Poretto, Pozzo, Mausoleo (deux ponts génois) et Silgaggia: la mairie est à Erbalunga; maçonnerie Brando BTP (20 sal.), travaux publics Antoniotti (25 sal.). La population a augmenté de 110 hab. depuis 1999.

Sisco (Siscu) (1 180 Siscais 2 496 ha dont 1 000 de bois), 10 km NO de Brando, a un habitat très dispersé sans vrai village. La commune va de la crête (1 324 m à la cima di e Follicie) au littoral où se trouve la marine de Sisco, au débouché du petit torrent de Sisco: une disposition très classique en Cap Corse, avec un habitat étagé sur les versants. L’ensemble formait la piève de Siscu. À l’ouest, par le col Saint-Jean (959 m), Sisco ne communique que par un chemin escarpé avec Ogliastro et Olcani, passant le col de la Bocca di San Giuvani à 959 m… Au Moyen Âge, Sisco eut une petite métallurgie grâce au fer exploité aux environs; à présent, proche de Bastia, la commune est assez recherchée; église à campanile des 13e et 15e s., grotte, couvent du 13e s., tour génoise de Balba; camping à la Marine. La population a augmenté de 430 hab. depuis 1999 (+57 %).

Pietracorbara (Petrecurbara) (660 hab., 2 615 ha dont 1 000 de bois), 14 km NNO de Brando, a pour finage le bassin du ruisseau de Pietracorbara, s’élève à 1 282 m au SO (Monte Prato) et dispose d’une marine à l’embouchure, tandis que des hameaux se dispersent le long du vallon et sur ses versants, la mairie étant à Oreta. L’ensemble formait une piève. La marine, où se trouve un petit port de pêche, fut apparemment le site d’une cité gréco-romaine nommée Ampuglia. Dans le finage se dispersent quelques belles maisons d’«Américains»; grotte di a Corte, tour génoise de Castellare, pont génois et camping. La part de la population de plaine s’accroît, dans le prolongement du périurbain bastiais. Au total, la population a augmenté de moitié depuis 1999.

Cagnano (Cagnanu) (170 Cagnanais, 1 472 ha dont 722 de bois), 18 km NNO de Brando, fut jadis une piève de la seigneurie Da Mare. L’habitat se disperse dans le petit bassin du Misinco (Misincu), qui aboutit à la marine de Porticciolo (Porticciulu). Le village juxtapose plusieurs hameaux, dont Ortale (mairie). Le finage, qui monte à 1 100 m au SO (monte Alticcione), inclut au NO l’ancien couvent d’Oveglia, le dernier moulin du Cap Corse en activité, et la tour restaurée de l’Osse (ou Losse) au sud de Porticciolo.

Luri (850 Lurais, 2 753 ha dont 600 de bois), 23 km NNO de Brando, a pour finage le bassin du torrent de Luri et n’a qu’un assez étroit débouché sur la mer, où est établi le petit port de Santa Severa (plongée, plaisance, camping). Le relief culmine à 1 136 m au monte Alticcione, à l’extrême sud-ouest. Une route (D180) permet d’aller sur la côte ouest à Pino par le col de Santa Lucia (380 m, site d’escalade proche). Le village principal est à 6 km de la mer; il a un musée du vin et l’on y célèbre en juillet la grande fête aux vins de Corse; deux tours, une ancienne mine aux environs. La commune abrite des établissements de santé (clinique du Cap, psychothérapie, maison de retraite), un collège public Jadis, la piève de Luri occupait le territoire de sept communes actuelles, au sud et à l’ouest. Luri fut chef-lieu de canton de 1790 à 1973. La population a augmenté de 80 hab. depuis 1999.

Meria (90 hab., 2 043 ha dont 1 902 de bois), 24 km NNO de Brando, a un village lus compact que les précédentes et plus près de la mer, avec une marine et une tour génoise à l’embouchure du ruisseau de Meria. Une petite route suit son cours jusqu’à Morsiglia où il a sa source. Le relief culmine à 606 m au Gulfidoni; camping dans une autre baie au SE; centrale photovoltaïque sur la crête de Terrazzine au SO (16 000 panneaux sur 12 ha, 4,5 MW, à Eco Delta), couplée à 8 éoliennes.

Tomino (Tominu) (200 Tominais, 580 ha dont 275 de bois), 29 km NNO de Brando, 3 km au SE de Rogliano, a un finage accidenté mais qui ne correspond pas à un bassin fluvial; le village est perché et sans marine; une tour ronde au village, une église baroque.

Rogliano (560 Roglianais, 2 670 ha), 32 km NNO de Brando, est un ancien chef-lieu du canton à l’angle NE du Cap Corse. Le village est perché en plusieurs hameaux dont le principal est Bettolace (mairie), avec plusieurs tours, et l’habitat se disperse dans une commune qui dispose de deux façades maritimes, au nord et à l’est. Le nom de la commune viendrait d’un Aurelianus romain. Elle aurait compté jusqu’à 4 000 habitants au 17e s., estimation qui paraît exagérée, et en avait 1 700 vers 1850. Tout au nord se trouvent le cap et la tour d’Agnello, ainsi que de petites rades. Sur la côte orientale, à l’embouchure du ruisseau de Gioielli, s’est développée la marine de Macinaggio (Macinaghju), dotée d’un port de plaisance de 585 anneaux (dont 255 pour le passage, les autres pour l’hivernage), d’un club nautique et d’une école de plongée. Macinaggio fut un port militaire des Romains, et la base navale de Pascal Paoli à partir de 1761; il servit aussi de port de commerce et il était le premier port de pêche corse en 1865. Un peu au nord, la baie de Tamarone ouvre sur les petites îles Finocchiarola, surmontées d’une tour ruinée, et protégées comme réserve naturelle, particulièrement pour la sauvegarde des goélands d’Audoin.

Au SO, le relief s’élève à 602 m au Monte di Catelle; restes d’anciennes tours et d’un château détruit des Da Mare, longtemps seigneurs des lieux; la commune compte 40 ha de vignes. Un site d’éoliennes, partagé avec la commune voisine d’Ersa, compte sur le Monte du Poggio un alignement de sept des vingt hélices Nordex de 43 m de diamètre, installées par la SIIF (filiale d’EDF) en 2000, soit 12 MW et une production annuelle d’environ 30 GWh. La réserve naturelle du Conservatoire du littoral dite du Cap Corse occupe 654 ha dans la commune. Le terroir de Rogliano produit de bons vins, dont ceux du domaine Nicrosi, qui existe depuis 1850 et a obtenu diverses récompenses (en vin blanc du cépage vermentino). La population a augmenté de 100 hab. depuis 1999.

Ersa (150 hab., 2 045 ha), 38 km ONO de Brando, 10 km au NO de Rogliano est tout au bout du Cap Corse où elle dispose d’une façade maritime au nord, laissant à Centuri la côte occidentale. Une ancienne petite piève de ce nom, ou du moins une communauté de la seigneurie Da Mare, existait au 16e s. puis a été intégrée à la piève de Luri. Le village, qui est le plus septentrional de Corse, est en hauteur mais en cinq ou six hameaux distincts dont Botticella et Granaggiolo. Sur le littoral se trouvent les marines de Barcaggio (Barcaghju), à la limite de Rogliano, très plaisante et animée, avec port de plaisance, et de Tollare au centre, qui a un club nautique et une tour génoise. À 2 km au nord de Barcaggio, l’île de serpentine verte de la Giraglia est le point le plus septentrional de la Corse; elle porte un phare depuis 1848 et, juste à côté, une vieille tour carrée. Une carrière de serpentines existe dans la commune. Au col de la Serra, au SO à la limite de Centuri, un ancien moulin à vent a été restauré avec l’aide de la firme d’apéritifs Mattei, dont il porte ainsi le nom. Un site d’éoliennes a été installé au sud de la commune (pointe Torricella, 562 m) en partage avec Rogliano; il comprend 13 des 20 éoliennes Nordex, pour une puissance totale installée de 12 MW, une production de 30 GWh annuels; les conditions de son installation ont défrayé la chronique en 2005.

Centuri (200 Centurais, 830 ha), 41 km ONO de Brando, 13 km à l’ouest de Rogliano par Ersa, est à l’angle NO du Cap Corse. Une piève de Centuri a existé au 16e s., ensuite intégrée à celle de Luri. L’habitat est assez dispersé, le village principal est perché au-dessus de son port, que précède la petite île de Cappenza (Capense); il figure dans les «villages de charme» avec ses maisons blanches, à toit de serpentine verte. Il le doit en partie à son port, volontiers considéré comme le plus joli de Corse, autour d’une petite rade avec tour génoise; c’est en tous cas le plus actif port de pêche du Cap Corse, qui conserve une quinzaine de pêcheurs, et une spécialité de langoustes. Pascal Paoli y avait établi un chantier naval. Vers le nord, le littoral va jusqu’au capo Bianco. De petits hameaux se perchent sur les versants, dont Cannelle au nord, Camera et Ortinola (château) à l’est; Mute est sur la côte à la limite de Morsiglia.

Morsiglia (Mursiglia) (110 Morsigliai, 1 334 ha), 36 km NNO de Brando, a une large fraction de la côte NO du Cap Corse, mais pas de port, seulement un club de plongée. Elle possède sept tours génoises carrées, quelques «palais» d’«Américains» enrichis au 19e s., et un couvent de 1479, encore actif et qui organise des activités culturelles avec une association universitaire strasbourgeoise; entreprise Cap Corse Construction (20 sal.). L’essentiel de l’habitat tient en quelques petits hameaux perchés le long de la D80 et dont le principal est Baragogna; camping tout au NO dans la plaine près de Mute (Centuri). La commune monte à 608 m au SE et communique avec la côte orientale (Meria) par la petite route D35 qui suit le cours du Meria. Le sud du finage forme un cirque dont les torrents convergent vers le petit golfe Alisu, mais qui est quasi inhabité.

Pino (Pinu) (170 hab., 704 ha), 33 km NO de Brando, a un littoral rocheux d’exposition nord-ouest dominé par un village perché et assez groupé, avec une église baroque du 18e s. Il a la réputation d’être le plus riche de Corse, par ses maisons et ses mausolées, témoignant de la réussite de ses familles et de l’émigration aux Amériques. Il domine la marine de Scalo (tour génoise) et il est traversé par la route du tour du Cap (D80) que rejoint la D180 donnant accès à la côte orientale (Luri) par le col de Santa Lucia (381 m). Près de celui-ci se voit la célèbre tour dite de Sénèque, un ancien donjon féodal des Da Mare. La crête monte à 836 m tout au sud., au Grofiglieta.

Barrettali (Barrattali) (140 Barretalesi, 1 807 ha dont 800 de bois), 40 km NO de Brando, a une côte escarpée à peu près vide et un habitat très dispersé en petits hameaux dont les plus notables sont Minerviu sur la D80 au NO, un groupe central éparpillé avec la mairie, et le hameau serré et perché de Conchigliu au sud. La très petite marina de Giottani est à la limite sud, au débouché du ruisseau de Furcone dans une baie; tour génoise. Le finage atteint 1 165 m à l’est; quelques vignes, 5 menhirs. Une piève de la seigneurie Da Mare portait le nom de Barrettali au 16e s., mais avait disparu au 18e.

Canari (320 Canarais, 1 667 ha dont 600 de bois), 47 km ONO de Brando (13 à vol d’oiseau) perche son village au-dessus de la D80, parmi les jardins et les terrasses de culture et orné d’une église romane en schiste vert; il s’accompagne en contrebas sur la route du hameau de Marinca, mais n’a pas de marine. Au sud-ouest, le cap de la Punta di Canelle a un petit hameau (Canelli). Le finage monte à 1 282 m à l’est (Monte Prato). Une mine d’amiante a été exploitée tout au sud de 1948 à 1966, employant jusqu’à 360 ouvriers, ce qui en faisait alors la plus grosse entreprise industrielle de Corse. Canari a lancé en septembre 2003 un concours international de chant lyrique, sous la présidence de Gabriel Bacquier. L’ancienne piève de Canari incluait aussi Ogliastro.

Ogliastro (Ogliastru) (100 hab., 949 ha), 48 km ONO de Brando, a un petit village sur un promontoire de confluence de torrents et, sur la côte mais perché aussi, le hameau d’Albo traversé par la D80, avec tour. Le finage monte au NE à la Cima di e Follicie (1 324 m).

Olcani (90 Olcanais, 1 425 ha), 28 km ONO de Brando, est sur le versant occidental du Cap Corse mais est la seule commune à ne pas atteindre le littoral. Le village est fait de plusieurs hameaux proches sur le versant droit de l’Olcani, qui devient Guadarande à Ogliastro; le principal, qui a la mairie, est Lainosa. Un chemin franchit la crête en direction de Sisco, par le col (bocca) San Giuvanni (959 m). Au SE le finage va jusqu’au Monte Stello (1 306 m); au nord, il monte au Follicie, au flanc duquel s’ouvre la grotte de l’Albucciu; une autre grotte, Biancona, est au NO de Lanosa.

Nonza (80 Nonzais, 804 ha), 42 km à l’ouest de Brando (10 km à vol d’oiseau), ancienne place forte génoise, perchée sur un piton en bord de mer, est qualifiée de «village de charme» et attire les visiteurs, entraînés par quelques personnalités parisiennes ou autres; église baroque des 17e et 19e s., tour carrée des 15e-16e s. Une plage de galets noirs, qui a été nourrie par les déblais de la mine d’amiante de Canari, s’étend juste au nord sur 1 200 m; au-dessus au NE, site de vol libre de la Pointe de Solaru, accessible par sentier; ancien couvent franciscain au sud. On pratique un peu de pêche au gros, mais Nonza n’a pas de vrai port. L’ancienne piève de Nonza incluait aussi Olcani et Olmeta-di-Capocorso; Nonza fut chef-lieu de canton de 1790 à 1973.

Olmeta-di-Capocorso (Olmeta di Capicorsu) (140 Olmetais, 2 157 ha), 44 km OSO de Brando, 31 km au NO de Bastia par Patrimonio, a son village très à l’intérieur sur le versant droit de l’Olmeta. Son finage correspond au bassin de l’Olmeta, mais l’embouchure, contournée par la D80, n’a que le petit hameau de Negru et une tour, sans marine. Le relief monte à 1 306 m au mont Stello. Un sentier permet d’atteindre Brando par la Bocca di Santa Maria (1 097 m).