Aragnouet

250 hab. (Aragnouetois), 10 829 ha dont 1 940 de bois, commune des Hautes-Pyrénées dans le canton de Vielle-Aure, 16 km au SO du chef-lieu dans la vallée de la Neste d'Aure, à 1 120 m. C'est la commune la plus occidentale du bassin montagnard de la Garonne, aux sources de la Neste; le nom vient d'aragnou, qui désigne localement le prunellier. Sa population a atteint 520 hab. vers 1850 et a décliné jusque dans les années 1910 avant de fluctuer aux environs du niveau actuel. Son territoire va de la crête frontière au massif du Néouvielle et se divise en quatre vallées principales. Au nord, la Neste de Couplan vient du pic Long (3 192) et du Néouvielle (3 091); sa vallée est barrée par les deux grands lacs de Cap-de-Long (ou Capdelong) et d'Orédon; elle reçoit en outre les eaux du lac de l'Oule. Une route établie par EDF mène au plus haut lac d'où l'on a, à 2 161 m, un très large panorama; refuges gardés d'Orédon et de l'Oule.

Au centre de la commune se déploie la vallée ouest-est de la Neste d'Aure proprement dite, prolongée par la Neste de Badet, qui descend des pics des Aiguillous (2 851 et 2 875 m). Sur son ombrée a été établie à partir de 1974 la station de ski de Piau-Engaly, dominée par le pic du Piau (2 696). C'est de toutes les Pyrénées celle qui a les plus constantes et épaisses couches de neige; elle a bénéficié d'un urbanisme bien pensé, de formes modernes. La commune a de ce fait 800 résidences secondaires (contre 130 principales), ce qui la place au 5e rang du département; la société d'économie mixte de Piau-Engaly, qui gère la station, a 45 salariés; deux campings (140 places).

En aval, les habitations d'Aragnouet se dispersent en petits hameaux au Plan d'Aragnouet (clocher-mur et chapelle dite des Templiers, en fait des hospitaliers de Saint-Jean), Aragnouet et Boucagnère, Fabian où une usine hydroélectrique de 18 MW turbine les eaux de la haute vallée, puis les Écharts et Éget, également équipées (6 et 33 MW) et recevant par canal les eaux du Néouvielle depuis le lac de l'Oule. Au Plan d'Aragnouet convergent les deux autres vallées, qui descendent de la crête frontière. Le vallon de la Géla vient du cirque de Barroude, dominé par le pic de Troumouse (3 085 m) et adossé au cirque de Troumouse, lui aussi dans les calcaires mais primaires, riche d'un lac et d'un refuge (à 2 373 m, 35 places) de mêmes noms.

Le port de Barroude ouvre un passage encore difficile à 2 534 m; on y a exploité des mines. Parallèle, mais à l'est, s'ouvre le vallon de Saux, où la crête frontière est plus basse (moins de 2 700 m) mais que domine à l'est le Garlitz (2 798). C'est par le vallon de Saux que passe la seule route transpyrénéenne des Hautes-Pyrénées, pour laquelle a été foré le tunnel de Bielsa, dit aussi d'Aragnouet; long de 3 600 m, ouvert en 1976 à 1 821 m en France et un peu plus en Espagne, il mène à la vallée du rio Barrosa et de là, en effet, à Bielsa.