Ardres

4 300 hab. (Ardrésiens) 1 352 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Saint-Omer, 27 km au NO de celle-ci et 17 km au SE de Calais, en bordure des marais de la plaine de Flandre. Le nom est dérivé de aard, la terre ferme. La ville fut fortifiée, et elle était du côté français quand Guînes était anglaise au temps du Camp du Drap d'Or (1520), qui fut déployé entre elles. Le bourg est relié au canal de Calais à Saint-Omer par le canal d'Ardres. Il est fleuri (trois fleurs). Le lac d'Ardres, traversé par une avenue rectiligne de 2 km, s'étend sur 64 ha juste au nord du bourg; maison de la flore, club et base de voile.

L'office du tourisme est dans la chapelle des carmes (17e s.); Ardres a aussi une église du 11e s. refaite au 16e s. en gothique flamboyant, un jardin public et le bastion Condette (ou Royal) du 16e s., des silos à blé souterrains (les Poires), une allée des tilleuls de 1776. Elle est dotée d'un collège public et d'une maison de retraite. Le finage se termine en pointe vers le nord, au-delà du canal et le long du Houlet dans l'«île» de la Cauchoise, traversée par l'autoroute de Calais à Lille (A 26). La N 43 et la voie ferrée de Calais à Lille traversent la commune, qui a une gare et un pont à quatre branches sur le canal au hameau du Pont d'Ardres, édifié en 1750 mais détruit en 1944 et reconstruit en 1970.

Tout près, à l'est, la sucrerie SDHF (Sucrerie-Distillerie des Hauts de France, 90 sal.) du groupe Tereos, apparue en 1873, bénéficie du canal; supermarché Carrefour (30 sal.), canalisations Hembert (40 sal.), petite coopérative linière. La commune avait 2 000 hab. au milieu du 19e s., et croît lentement depuis, mais n'a guère changé entre 1999 et 2005. Elle est le siège de la communauté de communes de la région d'Ardres et de la vallée de la Hem, qui réunit 19 communes et 15 400 hab.

Le canton a 20 700 hab., 15 communes, 18 033 ha dont 3 213 de bois. Il s'étend à la fois sur les marais de Flandre maritime, le Houtland et les hauteurs du Boulonnais, et atteint à l'est le défilé de Watten sur l'Aa. Il est traversé par les voies de circulation de Calais à Lille et conserve quelques traces de l'ancienne voie romaine dite Leulène, de Thérouanne à Sangatte, qui longeait les marais sur la terre ferme. Il se divise en trois parties principales. Autour d'Ardres sont des communes de plaine. Balinghem (1 100 Balinghemois, 579 ha) et Brêmes (1 300 Brêmois, 725 ha) à l'ouest d'Ardres, Autingues (310 Autinguois, 297 ha) et Nielles-lès-Ardres (530 Niellois, 448 ha) à l'est, sont des villages de l'ancien rivage de la mer des Watten, dont les finages s'étendent en partie au nord sur la plaine marécageuse.

Brêmes y a un autre lac et son finage s'étend au sud jusqu'à englober le hameau de Ferlinghen. Autingues a des ruines d'un château du 16e s. et un pigeonnier octogonal, un supermarché Simply (40 sal.). Nielles s'orne d'une église du 12e s. à riche mobilier et d'un château du 19e s. avec restes médiévaux et parc paysager; elle n'avait que 260 hab. en 1968. Balinghem, qui était à 530 hab. en 1982, a dépassé les 1 000 hab. en 2006; elle a une motte féodale et abrite un centre d'aide par le travail, l'imprimerie Cache (50 sal.) et sa filiale Brochage 62 (20 sal.). Brêmes croît aussi: elle n'avait que 850 hab. en 1968.

Plus à l'intérieur sont trois communes. Rodelinghem (550 Rodelinghemois, 435 ha) est à 5 km au SO d'Ardres et a gagné une centaine d'habitants de 1999 à 2006. Landrethun-lès-Ardres (710 Landrethunois, 571 ha), 4 km SSO du chef-lieu, également en progrès, inclut à l'est le village d'Yeuse, ainsi que le manoir de Rouvelle (16e-17e s.) et le château de Saint-Just (18e s.), et entretient une spécialité de cultures de fraises. Louches (940 Louchois, 1 283 ha dont 143 de bois), 5 km au SE d'Ardres, a un finage plus étendu qui monte au sud sur les premières hauteurs du Boulonnais (121 m). Elle conserve la tour médiévale de Stiembecque, le château de Saint-Martin et le manoir de Crézecques; elle partage avec Ardres et Brêmes la réserve naturelle des Prairies de Lostebarne et du Woohay (38 ha). Ces trois communes sont traversées par la LGV de Lille à Calais; leur population continue de croître: Rodelinghem avait 230 hab. en 1975, Landrethun 400 en 1975, Louches 680 en 1982 et a gagné près de 200 hab. depuis 1999.

Quatre communes sont dans les reliefs du Boulonnais au sud-ouest du canton, et leur population croît aussi depuis les années 1970, mais sans toujours dépasser le niveau du début du 19e s. Clerques (270 Clerquois, 639 ha dont 212 de bois) est au bord de la Hem, à 9 km au sud d'Ardres, sur le site classé d'un gué et d'un moulin à eau; elle a un château du 18e s., agrandi au 20e s., et inclut l'ancien village d'Audenfort, également au bord de la Hem à 3 km en amont, proche de Licques. Audrehem (490 Audrehemais, 919 ha) est leur voisine au sud; elle offre une hallekerque à trois nefs et le manoir de la Motte (14e s.). Rebergues (250 Reberguois, 474 ha) est plus éloignée, à 15 km au sud d'Ardres dans le fossé du Boulonnais, et conserve le château du Rouge Fort (18e s.). Journy (280 Journysiens, 335 ha) est 4 km plus à l'est; son finage touche à la forêt domaniale de Tournehem et à la limite du parc régional de l'Audomarois; on y voit les traces d'une ancienne base de lancement de V1. Toutes ces communes ont gagné des habitants depuis 1999.

Une dizaine d'autres communes sont incluses dans le parc régional, et en terrain modérément accidenté. Tournehem-sur-la-Hem (1 430 Sarrazins, 1 814 ha dont 818 de bois) sert de village-centre à plusieurs d'entre elles; le bourg est à 8 km au SE d'Ardres et s'est adjoint en 1964 la commune de Guémy, juste à l'ouest sur la Hem. Guémy n'avait alors que 50 hab.; le hameau est dominé par la hauteur (121 m) et les ruines de la chapelle Saint-Louis (13e s.), d'où se découvre un large panorama. Tournehem a complété son nom à cette occasion; elle avait un peu plus de 1 000 hab. dans les années 1880, 780 seulement en 1962, et croît modérément depuis. Le village a une église des 15e et 17e s. et des restes de fortifications médiévales; son ancienne spécialité de textile a fini par s'effacer complètement. Son finage, très étendu vers le sud-est, englobe la majeure part de la forêt domaniale de Tournehem, où le relief monte à 166 m. Le gentilé est d'origine lointaine et inconnue, mais assortie de légendes visant à assumer le côté redoutable, ou redouté, des anciens habitants.

Sa voisine Bonningues-lès-Ardres (690 Bonninguois, 1 060 ha dont 442 de bois) est à 3 km au SO, également au bord de la Hem, et s'attribue le reste de la forêt au sud; un moulin à eau y a été restauré; négoce agricole de la coopérative La Flandre. La commune n'avait que 400 hab. en 1975, après avoir dépassé 600 à plusieurs reprises au 19e s., et croît depuis (+180 hab. de 1999 à 2010). Zouafques (580 Zouafquois, 393 ha) est à 1 km au NE de Tournehem sur la rive gauche de la Hem; la N 43 et l'autoroute A 26 se croisent sur son territoire, un accès à l'A 26 a été aménagé; hameau et château de Wolphus (la maison du loup). Son curieux nom vient d'un patronyme germanique Suabo assorti de la terminaison -ac (lieu de, chez) et s'est écrit Suavaca en 1200. La commune a gagné 160 habitants de 1999 à 2010 (+38%).

Nort-Leulinghem (210 Nort-Leulinghemois, 345 ha) est à 4 km à l'est de Tournehem et a un calvaire de 1790. Son nom est un écho de celui de la voie romaine (la Leulène). Mentque-Nortbécourt (610 hab., 1 078 ha) est à 5 km au SE de Tournehem, et associe depuis 1819 deux villages distincts. Mentque, au nord, a une église à éléments du 12e et double travée du 16e. Nortbécourt est à 2 km au SE de Mentque et offre un moulin à vent du 18e s. restauré (Lebriez) et un château. Vers le nord-est, le hameau d'Inglinghem est frôlé par l'A 26 et conserve un autre moulin, mais ruiné. La commune a eu plus de 700 hab. à la fin du 19e s., 400 seulement en 1975 et croît depuis (+200 hab. de 1999 à 2010).

À l'est de l'autoroute et en terrain moins accidenté dans l'ensemble, sont encore cinq communes, elles aussi dans le parc régional. Éperlecques est de loin la principale et leur sert de bourg. Nordausques (970 Nordausquois, 594 ha) est sur la N 43, à 10 km au SE d'Ardres, et également en croissance; elle avait 430 hab. en 1968, et a fait un saut de plus de 300 hab. depuis 1999 (plus de 50%); elle abrite le moulinage textile du Plouy (45 sal.).

Recques-sur-Hem (580 Recquois, 541 ha) est un peu au nord, à 11 km ESE d'Ardres; elle conserve le château de Cocove (18e s.) et un moulin à eau en activité (entreprise Croin). Elle se nommait seulement Recques avant 1919, et n'avait que 320 hab. en 1975. La LGV traverse son territoire, ainsi que celui de Muncq-Nieurlet (690 Muncquois ou Monchiniverlais, 1 144 ha dont 250 de bois) qui est un plus à l'est et dont l'habitat est très dispersé. Le nom Muncq vient des moines de l'abbaye de Clairmarais, longtemps propriétaire des sols. Nieurlet est un quartier au nord, dans la basse plaine. La population communale croît aussi: elle n'était que de 310 hab. en 1975 et s'est accrue de 230 hab. entre 1999 et 2010, donc de moitié.

Bayenghem-lès-Éperlecques (940 Bayenghemois, 451 ha) est à 14 km au SE d'Ardres et à 2 km à l'ouest d'Éperlecques; une motte féodale se voit encore au hameau de Monnecove; église à tour-porche du 18e s. La commune n'avait même pas 400 hab. en 1975; sa population croît sensiblement depuis et a gagné 240 hab. de 1999 à 2010, soit un tiers.