Arudy

2 300 hab., 2 823 ha dont 2 049 de bois, chef-lieu de canton et bourg industriel des Pyrénées-Atlantiques dans l'arrondissement d'Oloron, à 25 km au sud de Pau. Le nom ancien, Eruri, renvoie à une «ville du rocher». La ville est au débouché du gave d'Ossau, où le glacier ancien a laissé une ample moraine en amphithéâtre; le nom pourrait évoquer à la fois l'eau et les rochers. La bourgade a des maisons anciennes et de vieux lavoirs, des grottes sépulcrales et préhistoriques dans les calcaires urgoniens des environs; Maison d'Ossau et musée du Parc, collège public, institution pour enfants.

Arudy est aussi un petit centre industriel, avec les fonderies Honsel-Messier pour l’aéronautique, utilisant notamment du thorium (200 sal., groupe allemand), les équipements pour automobiles Sofedit (70 sal.) du groupe allemand Thyssenkrupp, les traitements de surfaces Hydrometal (Hartchrom, 40 sal.); marbreries; magasin Carrefour (40 sal.). Mais le laminage à froid Laprade (60 sal., emboutissage, articles de sports) est en grande difficulté. La population a baissé un peu depuis le maximum de 1975 (2 900 hab. sdc) puis s'est stabilisée. Le finage d'Arudy s'étend assez loin vers le sud-ouest, où il atteint les premiers reliefs et monte à 1 440 m au pic d'Escurets, au-delà du grand bois d'Arudy qui est en ombrée.

Le canton d'Arudy a 7 000 hab. (6 800 en 1999), 10 communes, 18 780 ha dont 6 573 de bois; il a pour axe la vallée du Gave. Inclus dans le Préparc, il se partage entre le rebord des Pyrénées et les collines de piémont, bocagères et d'habitat très dispersé. Arudy forme une petite conurbation avec plusieurs villages voisins. Louvie-Juzon (1 100 hab., 5 565 ha dont 1 932 de bois), village ancien où se produisent chaque année des Estives musicales dans une église des 15e-16e s., juste au débouché du Gave qui franchit en défilé la barre de la montagne du Rey (1 348 m). Son finage, où vivaient 1 750 personnes en 1881, mais dont la population est assez stable depuis 1960, s'étend vers l'est sur l'ombrée de ce crêt, et le dépasse très largement au sud-est dans le haut bassin du Béez, où le relief monte au Soum d’Arriste (1 852 m) et au Mondragon (1 716 m) et atteint même 2 050 m au Moulle de Jaut.; le hameau de Pé de Hourat est à plus de 7 km à l'est du vilage, au débouché du Béez dans l'avant-pays. Le Béez coule sur 24 km et atteint le Gave de Pau à Nay.

Izeste (460 hab., 684 ha dont 413 de bois) occupe la rive gauche du Gave entre Arudy et Louvie-Juzon; son finage monte au sud sur la crête de l'Azerque et atteint 1 368 m au pic Bersaut; il a plusieurs grottes et un gouffre. Le village se signale par une belle maison forte souvent remaniée, et un atelier de l’usine Messier d’Arudy. Sévignacq-Meyracq (510 hab., 1 481 ha dont 178 de bois), qui se nommait simplement Sévignacq avant 1867, est sur la rive droite du gave d'Ossau juste au nord-est d'Arudy et a un finage très étiré vers le nord-est, où il englobe un établissement thermal (les Bains de Secours) et, plus loin, le hameau de Soust.

Sainte-Colome (340 hab., 935 ha) à l'est, Bescat (270 hab., 681 ha dont 200 de bois) au nord sur les pentes d'adret de la grande moraine frontale, complètent le petit bassin d'Arudy. Buzy (920 hab., 1 670 ha), 4 km au nord-ouest d'Arudy, est un peu plus éloignée et plus autonome, avec quelques commerces; son finage se limite à la plaine au-dela de la grande moraine, tout en atteignant au nord-est les collines de l'avant-pays crétacé du Jurançonnais; la gare est à 2 km au nord du village. Le nombre d'habitants avait dépassé 1 500 en 1881, et a connu son minimum en 1954 (810 hab.), sans beaucoup changer depuis. Un site de tourbières est protégé sur 20 ha.

Rébénacq (690 hab., 1 050 ha dont 182 de bois), sur la route de Pau 8 km au nord d'Arudy, est entourée de fortes collines; elle a eu 1 100 hab. en 1851. Le village a été fondé en 1347 comme bastide au plan régulier, au bord du Néez qui vient de Sévignacq, coule du sud au nord, passe à Gan et rejoint le Gave de Pau devant Pau; il s'y tient un festival des Vieux métiers et records. Lys (370 hab., 1 540 ha dont 400 de bois) est un peu plus isolée au nord-est à une dizaine de kilomètres du chef-lieu; la commune a été détachée de Sainte-Colome en 1858; elle avait alors plus de 1 000 habitants, Sainte-Colome passant brusquement de 1 800 hab. à moins de 700 et déclinant jusqu'en 1982.

Castet (160 hab., 2 353 ha dont 938 de bois), 4 km en amont d’Arudy sur la rive droite du Gave, est la seule commune à être entièrement au-delà du grand crêt calcaire. le village occupe un site jadis fortifié sur un verrou qui barre la vallée; il a une église romane, un musée, une centrale hydroélectrique avec un petit lac de barrage. Son finage, enveloppé à l'est par celui de Louvie-Jouzon, monte sur le rebord des Pyrénées jusqu’au Moulle de Jau en dépassant le pic des Males Ores (1 728 m). Entre les deux, le col de Jaut monte à 1 506 m.