Banon

900 hab. (Banonais), 3 981 ha dont 2 271 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-de-Haute-Provence dans l'arrondissement de Forcalquier, 25 km au NO de celle-ci. Le village perché (à 760 m) a des restes de remparts et une belle porte à mâchicoulis du 14e s., des maisons anciennes et des passages voûtés. Le finage cache plusieurs avens et monte à 1 092 m au Grou de Banc au nord du village. La commune a eu près de 1 400 hab. en 1846, et un minimum de 660 en 1962. Sa population croît depuis et a gagné 150 hab. de 1999 à 2005; Banon a aussi 220 résidences secondaires et un collège public, une maison de retraite, un hôpital local (5 lits médicaux, 90 en tout). Le village est le siège de la communauté de communes du pays de Banon, qui réunit 10 communes et 2 700 hab.

Banon a une spécialité de fromages de chèvre enveloppés de feuilles de châtaigniers, réputés déjà connus à l'époque gallo-romaine, en fait transformés et remis à l'honneur après la dernière guerre, et qui ont obtenu une aoc en 2003; la fromagerie de Banon emploie 40 salariés. Le territoire couvert par l'aoc s'étend sur 179 communes de quatre départements (Hautes-Alpes, Drôme, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence); la production intéresse une vingtaine de producteurs fromagers dont la fromagerie de Banon, une à Valensole et une à Laragne-Montéglin, et autant de producteurs laitiers; la production atteint 68 tonnes/an, ce qui en ferait la plus petite spécialité fromagère en France.

Le canton a 2 500 hab., 9 communes, 29 632 ha dont 11 981 de bois et s'étend sur les longues pentes au sud de la Montagne de Lure, où la lavande est cultivée. Une châtaigneraie y a été implantée après la Révolution. Revest-des-Brousses (210 Revestains, 2 295 ha dont 1 218 de bois), 9 km SSE de Banon, à 620 m, est la seule commune du canton dans le Parc du Luberon; le village a des restes de remparts et une porte du 15e s. La commune a eu 650 hab. en 1846, un minimum de 140 en 1975; elle a gagné 40 hab. de 1999 à 2007. Le finage est drainé du nord au sud par la Largue et inclut les châteaux de Pontèves (18e s.) et de Sylvabelle (17e s.). Revest est un terme provençal synonyme du «regain» cher à Giono, et qui désigne une terre reconquise sur une ancienne friche.

Simiane-la-Rotonde (540 Simianais, 6 786 ha dont 3 143 de bois) occupe le sud-ouest du canton. Le village, à 630 m, est à 14 km au SSO de Banon; c'est un «village de caractère» étagé sur une pente, avec de grandes maisons bourgeoises datant d'une ancienne prospérité, et de halles du 16e s. Il est surtout connu pour sa rotonde, un vieux donjon circulaire et trapu du 12e s., à coupole à douze nervures, reste du château seigneurial édifié sur un ancien oppidum romain. Il s'y tient en été une fête médiévale et un festival de musique ancienne; distillerie (laboratoire d'aromathérapie) au château et jardin de lavande. Le territoire communal est percé de nombreux avens et grottes, et porte les ruines de l'abbaye de Valsaintes au sud-est, ornées d'une roseraie. Quatre des bases de lancement de missiles du plateau d'Albion avaient été aménagées dans la commune. Simiane, qui a ajouté la Rotonde à son nom en 1954, a absorbé en 1974 Carniol à l'est (30 hab. alors, 17 en 1999) et Valsaintes (12 hab. alors, 50 en 1999) au sud-est. La commune, qui a eu près de 1 500 hab. en 1846, et seulement 320 dans les années 1960, a gagné 40 hab. de 1999 à 2007; elle affiche 210 résidences secondaires.

Entre Banon et Simiane, s'intercale le finage de Montsalier (90 Salimontains, 2 381 ha dont 1 260 de bois, à 630 m), où se voient les ruines du vieux village du Haut Montsalier, abandonné au début du 20e s., près du gouffre de Calladaire. Montsalier a eu 420 hab. en 1841, 54 en 1975. Revest-du-Bion (470 Revestois, 4 345 ha dont 1 091 de bois) est à 13 km au NO de Banon à 930 m et son finage s'étale sur le plateau d'Albion; une Confrérie de la châtaigne fête celle-ci fin octobre; les moissons sont fêtées en août; centre d'aide par le travail. Au nord, le finage lance une pointe qui va jusqu'au Grand Terme (1 370 m) sous la montagne d'Albion. Trois des bases de lancement de missiles d'Albion ont été aménagées dans la commune; la ZL 26, près de la chapelle de l'Ortiguière au sud du village, accueille depuis la fin de 2005 les multiples antennes du récepteur du radar Graves (Grand Réseau adapté à la Veille spatiale), installé par l'Onera pour le compte de la Délégation générale à l'armement; il a pour fonction de détecter les satellites espions et son centre d'émission est à Broyes-lès-Pesmes dans le Dijonnais.

La commune a eu plus de 800 hab. en 1876, 410 en 1962; sa population fluctue depuis autour de 500 hab. Juste à l'est, Redortiers (70 Redortiérins, 4 577 ha dont 961 de bois, à 950 m) éparpille de maigres hameaux; son finage monte au nord jusqu'à la crête occidentale de la Montagne de Lure (1 379 m au sommet de Larran) et contient le château de Miravail (18e s.). Redortiers a eu plus de 500 hab. dans la première moitié du 19e s., puis s'est dépeuplée jusqu'en 1999, regagnant seulement 12 hab. en 2006.

Les trois petites communes du nord-est du canton sont La Rochegiron (90 Rochegironais, 3 011 ha dont 1 029 de bois, à 800 m), L'Hospitalet (80 Hospitaliens, 1 935 ha dont 980 de bois, à 880 m) et Saumane (80 Saumanins, 321 ha, à 820 m). Les finages des deux premières atteignent au nord la Montagne de Lure, qui s'y élève à plus de 1 600 m. Entre les deux, Saumane se limite à un fort petit territoire.