Beauvais

56 400 hab. (Beauvaisiens) dont 1 400 à part, 3 336 ha, préfecture de l'Oise. La ville est sur la rive gauche du Thérain, à 62 km au NNO de Paris. Elle fut le foyer de la tribu des Bellovaques, dont elle tire son nom; mais elle porta aussi dans l'Antiquité le nom de Caesaromagus, le marché de César. Beauvais s'illustra dans l'histoire par sa résistance au siège mené par les Bourguignons en juin 1472, animée par Jeanne Laisné, de ce fait surnommée Jeanne Hachette; et plus tard comme ville du textile.

La ville ancienne se tient dans un quadrilatère de boulevards, dont la base longe le Thérain; il est quadrillé de rues à angle droit et d'axe principal SO-NE. Du côté du nord-ouest se dresse la cathédrale, le principal monument de Beauvais et l'une des plus imposantes du Bassin Parisien, mais aussi des plus curieuses: victime à plusieurs reprises d'effondrements pour avoir été d'un dessin trop ambitieux, elle est dépourvue de nef, et ainsi réduite à son chœur; mais un chœur vaste et haut de 48 m; beau décor de stalles et de vitraux, trésor, cloître attenant. L'ancien palais épiscopal qui la flanque abrite le musée départemental. La ville bourgeoise est plus au sud, ponctuée par des places, l'hôtel de ville, le théâtre et le palais de justice, l'église Saint-Étienne qui est en partie du 12e s. et a de beaux vitraux.

Au nord-est du centre-ville, le centre culturel Buzanval devenu F. Mitterrand est flanqué d'esplanades. Derrière la cathédrale, une galerie nationale des tapisseries rappelle que Beauvais fut dotée en 1664 d'une manufacture, qui fut relancée en 1734, supprimée en 1940, et reprise en 1989 dans les anciens abattoirs, mais à l'extérieur du centre-ville, sur la rive droite du Thérain face à la gare et près de l'ancien village de Voisinlieu. La préfecture, hors du centre au nord-ouest, occupe une ancienne abbaye et s'entoure d'un parc; le centre hospitalier a pris place un peu plus au nord.

Beauvais s'est dotée au nord-ouest, dans la partie amont de la vallée du Thérain, d'un vaste plan d'eau de 42 ha formant zone de loisirs et base nautique (le Canada); au nord en direction de l'aéroport, à l'est du carrefour de la N 1 et de la rocade nord de la ville, une vaste construction elliptique, nommée pour cela Elispace, accueille sports et spectacles; de l'autre côté du même carrefour s'élabore le vaste complexe de loisirs et jeux du parc Marcel-Dassault, avec un complexe aquatique. Deux «zones urbaines sensibles» sont en cours de traitement, le grand ensemble d'habitation Argentine au nord-est de la ville, le quartier Saint-Jean au sud, sur le plateau de rive droite du Thérain.

L'aéroport de Beauvais (codes BVA, LFOB) est devenu l'un des aéroports «parisiens» pour les voyages à prix modéré. Il ocupe 300 ha, presque entièrement dans la commune de Tillé juste au nord de la ville (mais dans la canton de Nivillers), et dispose d'une piste en macadam de 2 430 m, une autre de 710 m, de deux terminaux internationaux, de 2 500 places de parking; des navettes par autocar sont assurées avec Paris (Porte Maillot). Son aérogare a une capacité de traitement de 3 millions de passagers par an. Ryanair assure des liaisons régulières avec de nombreux pays, Wizzair avec la Pologne. La fréquentation, en hausse continue, a porté sur plus de 2,9 millions de passagers en 2010 (contre 1,9 en 2006), dont 2,8 en vol international, et presque tous à bas prix. Cela a représenté 16 000 vols commerciaux, auxquels se sont ajoutés 15 000 autres mouvements, dont 10 000 locaux (aéroclub) et 6 000 voyages privés. Aucun trafic de fret ou de poste n'a été enregistré.

La plupart des espaces industriels se tiennent dans la plaine du Thérain en aval de la ville, au sud-est; ils débordent sur Allonne. Beauvais reste un grand centre industriel. Ses principaux établissements sont la fabrique de matériel agricole Agco (1 040 sal., états-unienne); Gima (970 sal.), co-entreprise Agco et Renault Agricole, qui fabrique des transmissions pour tracteurs; Nestlé (620 sal.), pour les crèmes glacées et surgelés Maggi, qui a aussi un centre de recherche-développement de 140 salariés; les parfums Givenchy (LVMH Fragrance, 330 sal.); Spontex (290 sal., éponges), au groupe chimique Total; les boyaux cellulosiques Viskase (250 sal.). Viennent ensuite les produits pharmaceutiques Biocodex (160 sal.) et Solabia (55 sal.); les viandes Lucien (260 sal.); les ressorts et fils métalliques Scherdel-Herckelbout-Dawson (95 sal.), les constructions métalliques Launet (65 sal.), l'agencement de magasins Le Carlier (55 sal.). Mais Bosch (systèmes de freinage, 380 sal. en 2005) a fermé en 2010, et LBD (La Brosse et Dupont, brosses à cheveux et brosses à dent, cédée par LVMH à l'alsacien Zimmer) en 2008.

Dans le secteur des services et de la logistique se signalent le centre de distribution de les conditionnements à façon Alpha Direct (130 sal.) et CEPL (90 sal.), les transports de voyageurs Cabaro-Cars Acary (Veolia, 280 sal.), les transports de fret Sotrapoise (110 sal.) et LR Services (65 sal.), la location de camions GT Nord (170 sal.), les entreprises de nettoyage Onet (320 sal.), Net Éclair Picardie (180 sal.), de gardiennage Astriam (115 sal.), de transports de fonds Brinks (65 sal.); plusieurs entreprises de travaux publics et de construction dont les installations électriques Telecoise (280 sal.), SPIE (75 sal.), et Coretel (65 sal.) et Ineo (40 sal.), d'eau et de gaz Monségu (100 sal.), le traitement des eaux SEAO (105 sal.); constructions Sogea (120 sal.), travaux publics Oise TP (100 sal.), Sacer (90 sal.), Eurovia (70 sal.), PCT (Picarde, 45 sal.); réparation d’appareils électroniques A Novo (340 sal.); travail temporaire Adia (130 sal.).

Les bureaux de service sont surtout représentés par des entreprises de conseil et d’ingénierie: Isagri (informatique agricole, 340 sal.), CGCFAO (gestion, 170 sal.), Duopole (Dupont, 130 sal., étude de moules pour plastiques), Swiss Post (traitement de données, 75 sal.); gestion immobilière de la Société anonyme d'HLM (120 sal.), publicité Adrexo (120 sal.). Parmi les commerces se signalent les hypermarchés Auchan (340 sal.), Intermarché (170 et 150 sal.), les magasins Decathlon (65 sal.), Brico Dépôt (95 sal.), Conforama (45 sal.), Galeries Lafayette (45 sal.); banque BNP (80 sal.), négoces d'électronique RS Radiospares (460 sal.), de matériel agricole Agco (140 sal.), de fournitures pour automobiles Honeywell (100 sal.), distribution d'électricité EDF (100 sal.).

La ville est très visitée, fleurie (4 fleurs) et bien équipée: centre hospitalier de 440 lits, deux cliniques (130 lits) dont la clinique du Parc (130 sal.), cinq collèges publics et deux privés, cinq lycées publics et trois privés, un IUT (gestion des entreprises et techniques de commercialisation) et un Institut supérieur d’agriculture (ISAB). Le maire de Beauvais est Caroline Cayeux (UMP), qui a succédé en 2001 à une municipalité qui fut à droite jusqu'en 1977, socialiste ensuite. La commune a absorbé plusieurs voisines en 1943: Marissel à l’est rive gauche, Voisinlieu au sud-est rive droite, Saint-Just-des-Marais à l’ouest, et une partie de Notre-Dame-du-Thil au nord-ouest. Sa population est alors montée de 18 000 à 23 000 hab.; elle a fortement crû ensuite jusqu’en 1975, puis n’a plus progressé que lentement; elle s'est abaissée d'un millier d'habitants entre 1999 et 2008. La communauté d’agglomération du Beauvaisis groupe 31 communes et 79 300 hab. L’unité urbaine Insee est donnée pour 58 800 hab., l’aire urbaine pour 104 200. L’arrondissement a 219 300 hab. (209 500 en 1999), 14 cantons, 258 communes, 209 986 ha.

Les trois cantons de Beauvais ont 61 700 hab. (comme en 1999), 9 communes, 9 276 ha. Goincourt (1 290 Goincourtois, 652 ha), en banlieue SO de Beauvais, est au bord de l’Avelon à sa sortie de la boutonnière du Bray, à la bifurcation des routes vers Gournay-Rouen (N 31) et vers Gisors; la commune, quoique proche de Beauvais, a perdu 74 hab. entre 1999 et 2004; elle abrite un centre commercial avec un Intermarché (95 sal.), la maçonnerie BDR (20 sal.), une ancienne fabrique de céramique à la ferme de l’Italienne. Au sud-est de Goincourt, Aux Marais (750 Maraisiens, 571 ha dont 235 de bois) et Saint-Martin-le-Nœud (1 100 Martinodiens, 546 ha) sont dans le Bray, et séparées de Beauvais par un lambeau de plateau. Elles restent rurales. La première a été créée en 1954 à partir de la seconde en emportant son église classée, et hésite sur son ordre alphabétique: à Aux ou, le plus souvent, à Marais…; sa population a progressé jusqu’en 1975 et s’est stabilisée ensuite, puis a gagné 50 hab. après 1999. Le nombre d’habitants de la seconde a progressé jusqu’en 1990, diminué, puis a repris 130 hab. de 1999 à 2008.

Allonne (1 560 Allonnais, 1 545 ha dont 226 de bois), juste au SE de Beauvais mais hors du Bray, a une église à deux nefs des 12e et 16e s., ornée d’un clocher carré du 12e; bases chimiques pour pharmacie Solabia (60 sal.), confiserie Paris Caramels (40 sal.), métallerie Lévêque (20 sal.), ancienne briqueterie Brocard de 1880, devenue Dewulf en 1959 et spécialisée dans les fabrications spéciales à la demande (15 sal.); nettoyage Nettoise (100 sal.), peinture et ravalement Sprid (55 sal.), distribution de pneumatiques Michelin (30 sal.) et transports associés GT Nord (90 sal.), magasin MrBricolage (80 sal.); transports Dubois (25 sal.). La commune avait perdu en 1930 le territoire de Voisinlieu, promue commune à son tour, puis finalement aborbée par Beauvais en 1943; sa population était de 2 700 hab. en 1926, 890 en 1936; elle a entamé depuis une croissance tranquille, ajoutant 270 hab. de 1999 à 2008. La cartonnerie Goossens (au belge Van Genechten, 200 sal. en 2005) a fermé en 2009.

Au nord-ouest, le canton de Beauvais dessine un arc qui empiète sur la forêt domaniale du Parc Saint-Quentin et englobe les villages de Fouquenies (470 hab., 635 ha dont 286 de bois) au nord du Thérain, Pierrefitte-en-Beauvaisis (400 hab., 567 ha) et Savignies (780 hab., 983 ha dont 401 de bois) sur le plateau; le finage de Savignies monte à 237 m dans le bois de Courcelles sur la côte qui borde le Bray, et son finage descend dans celui-ci aux abords de Lachapelle-aux-Pots; la population communale croît sensiblement (320 hab. en 1962).