Bléré

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Bléré. Le château de Chenonceau sur le Cher. © RB-RV
Bléré. Le château de Chenonceau sur le Cher. © RB-RV

5 200 hab. (Blérois), 3 080 ha dont 319 de bois, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Tours, à 25 km ESE de la préfecture sur la rive gauche du Cher. La forme ancienne du nom, Briotreis, évoque un site de pont (gaulois brivo), sur une antique voie Paris-Poitiers par Amboise. La bourgade, fleurie (trois fleurs), se veut «station verte de vacances» et de villégiature, avec quelques maisons anciennes et une base nautique sur le Cher, et s'est dotée d'une maison des jeunes et de la culture et d'un collège public; maison de retraite; on y restaure le moulin cavier des Aigremonts.

Toutefois elle a aussi trois zones d'activitésLa fonderie Waeles, qui eut 450 salariés, devenue Valfond puis Autocast avec sa reprise par APM, n'a cessé de perdre des emplois et a fini par fermer en 2009, ainsi que l'abattage de volailles Volabel (45 sal.). Restent une fonderie de métaux légers Mecasting (45 sal.), les fabriques de portes automatiques Record (30 sal.) et de pompes Bodin-Mengin (35 sal.), les emballages plastiques de luxe Formes & Sculptures (30 sal.); supermarchés Carrefour (40 sal.), Intermarché (40 sal.) et Stoc (30 sal.), Bricomarché (25 sal.); assurances Sogarep (90 sal.).

Bléré cultive 155 ha de vignes (aoc touraine) et a une cave coopérative. La commune avait 3 500 hab. dès les années 1840; descendue à 3 000 hab. dans les années 1930, sa population augmente régulièrement depuis; elle a gagné 550 hab. de 1999 à 2008, soit plus de 10%. Bléré est le siège de la communauté de communes de Bléré-Val de Cher, qui groupe 14 communes et 19 300 hab.; elle gère 5 zones d'activité totalisant plus de 600 salariés.

Le canton a 22 950 hab. (20 400 hab. en 1999), 16 communes et 34 919 ha dont 7 737 de bois; limitrophe du Loir-et-Cher à l'est, fermé par la forêt d'Amboise au nord, il s'étend surtout sur le plateau entre Cher et Indre, la vallée de l'Indre écornant le canton au SO à Courçay (810 Courciquois, 2 477 ha dont 415 de bois), presque aussi proche de Tours (19 km) que de Bléré (16 km) dans un site apprécié pour ses rochers, grottes, anciens moulins et points de vue; l'église ancienne a un original clocher en mitre octogonale; manoir de la Grande Couture (16e s.). Courçay, dont la population était tombée à 470 hab. dans les années 1970, a gagné 100 hab. de 1999 à 2008. Sa voisine Cigogné (330 Cigognassiens, 2 179 ha dont 231 de bois), 5 km à l'est sur le plateau, en un beau terroir céréalier de Champeigne, conserve un donjon du 14e s.Sublaines (180 Sublainois, 1 444 ha), un peu plus à l'estsur le même plateau, au passage de la D 31 de Bléré à Loches, accueille au nord un accès de l'autoroute A 85 avec le péage de Bléré; église inscrite, en partie du 12e s.

À l'extrémité SE du canton, Céré-la-Ronde (440 Céréens, 4 920 ha dont 2 600 de bois) a une église du 12e s., et un paysage nettement plus boisé qui évoque déjà la Gâtine, sur des sols où abonde l'argile à silex. La commune a plusieurs grands bois dont ceux d'Aiguesvives et du Châtelier, et s'orne en rase campagne des hautes tours rondes du château féodal de Montpoupon, bâti aux 14e, 15e et 16e s. (première renaissance) et qui abrite un musée du Veneur; foire aux chèvres, festival des jardins, centre de vacances (180 places) au château de Razay, qui est du 15e s. et surtout du 19e s. Le prédicat «la Ronde» date de 1936, la Ronde étant un lieu-dit au nord-est de la commune, où est le point culminant du département (186 m) à la limite du Loir-et-Cher; le nom de Céré s'écrit avec deux accents mais le premier semble illégitime, la prononciation locale étant Ceré (sré). Près de la Ronde dans le bois d'Aiguevives a été installée en 1993-1994 une station de stockage souterrain de gaz, d'une capacité d'un milliard de mètres cubes, à 900 m de profondeur. Tout près dans un vallon sont les restes de l'ancienne abbaye d'Aiguevives, mais ils sont à la pointe extrême de la commune de Faverolles-sur-Cher dans le canton de Montrichard.

Épeigné-les-Bois (430 Épeignois, 1 452 ha dont 314 de bois) est à 13 km SE de Bléré, sur le coteau de gauche de la petite vallée du ruisseau de Chézelles qui se dirige vers le Cher et dans laquelle figure en amont le château de Montpoupon; son église du 12e-13e s. est inscrite et assortie d'une source Saint-Aignan; petit étang de barrage au pied du village. L'autoroute A 85 écorne au nord le finage. La population s'est accrue d'une cinquantaine d'habitants entre 1999 et 2008. Juste à l'ouest, le site de plateau de Luzillé (910 hab., 4 068 ha dont 652 de bois), 10 km SSE de Bléré, est agrémenté par l'étang de retenue de Brosse et, à l'est, par le bois de l'Étang Brûlé, tous deux du 16e s.; polissoir classé dit la Pierre Saint-Martin, château de la Brosse (19e s. avec douves et soubassement du 15e s.); Luzillé a gagné 140 hab. de 1999 à 2008.

Francueil (1 300 Francueillois, 1 292 ha dont 216 de bois) est à 8 km ESE de Bléré; son finage est bordé au nord par le cours du Cher; le village se tient sur le coteau du Cher au débouché de la petite vallée du ruisseau de Francueil, qui vient de Luzillé. Le château de Chenonceau s'appuie sur la rive du Cher, un pont sur le Cher mène à Chisseaux; hameaux de Coulommiers au nord-ouest. La commune cultive 161 ha de vignes et abrite la plus grande coopérative viticole du département (50 000 hl de capacité), créée en 1924 et récemment fusionnée avec la coopérative de la commune voisine de Civray-de-Touraine. La population communale remonte depuis 1975 (700 hab.) et a bien progressé de 1999 à 2005: +340 hab., soit +35%.

Le principal titre de gloire du canton est évidemment le château de Chenonceau, situé au bord du Cher dans la commune de Chenonceaux (360 Chenoncellois, 433 ha dont 204 de bois), 6 km à l'est de Bléré - les deux orthographes, celle de la commune et celle du château, sont soigneusement distinguées. La commune a 39 ha de vignes et un atelier de métallerie (Chottin, 20 sal.). Le château, pur joyau de la Renaissance, a été construit de 1513 à 1521 en travers du Cher, et complété d'une galerie à l'italienne à la fin du 16e s.; il s'accompagne d'un châtelet et de beaux jardins à la française, abrite un musée de cires et un grand potager, ainsi qu'un restaurant (Chenonceau Expansion, 40 sal.), dans un parc de 75 ha.

Le château fut acquis en 1864 par Marguerite Pelouze, née Wilson; elle était sœur du fameux Daniel Wilson, député de Loches et gendre du président Jules Grévy dont il entraîna la démission en 1887 à la suite du scandale des décorations qui se monnayaient («Ah! quel malheur d'avoir un gendre» fut alors une célèbre chanson), et elle-même égérie du président; elle consacra des sommes considérables à la remise en état du château et s'y endetta. Chenonceau fut saisi en 1888 au profit du Crédit Foncier, passa ensuite aux mains de divers propriétaires dont un député espagnol, et entra enfin en 1913 dans les propriétés des chocolatiers Menier; il appartient encore à leurs descendants; le château accueillit un hôpital militaire pendant la Grande Guerre. Chenonceau est le plus visité des châteaux de France après Versailles et avant Chambord, recevant sans doute plus de 700 000 personnes annuellement - toutefois le propriétaire privé ne communique pas ses statistiques.

À l'est de Chenonceaux à 2 km, Chisseaux (640 Chisseaussois, 1 180 ha dont 513 de bois), également sur la rive droite du Cher, fut jadis Cisomagus, ce qui désignait un marché; ce n'est qu'un agréable village, orné d'une intéressante église des 10e et 12e s. à peintures murales; son finage compte 35 ha de vigne et englobe au nord le bois du Trouin, appendice de la forêt d'Amboise; maison éclusière avec un Moulin-Fort restauré et des promenades au bord du Cher. La population s'est accrue d'une soixantaine d'habitants entre 1999 et 2008.

À l'ouest de Chenonceaux, les maisons de Civray-de-Touraine (1 820 Civraisiens, 2 288 ha dont 634 de bois) font partie d'une file quasi continue au pied du coteau de rive droite du Cher; Civray cultive 196 ha de vignes; château de Civray (1715) et ruines du château de Mesvres (12e au 16e s.), église des 11e et 12e s. Le nom de Civray, ancienne Severiacum, a été complété en 1954 au détriment d'un habituel mais non officiel Civray-sur-Cher; la commune n'avait alors que 940 hab. et sa population augmente depuis 1970; elle a gagné 280 hab. de 1999 à 2008.

En aval, les communes sont plus peuplées parce que l'on se rapproche de Tours: La Croix-en-Touraine et Saint-Martin-le-Beau au nord du Cher, Athée-sur-Cher et Azay-sur-Cher au sud, dépassent désormais 2 000 hab. Seule Dierre (580 Dierrois, 1 027 ha dont 362 de bois), 5 km ONO de Bléré, est moins peuplée; la plaine du Cher, plus large, y a autorisé l'installation de l'aérodrome dit d'Amboise-Dierre (code LFEF), qui a une piste bitumée de 700 m et un aéroclub; les maisons du village suivent le pied du coteau et, au nord, la commune mord sur la forêt d'Amboise. Sa population s'est accrue de 80 hab. de 1999 à 2008. Elle a une église classée des 12e et 15e-16e s., 20 ha de vignes.