Bouillante

7 600 hab. (Bouillantais), 4 346 ha, commune de la Guadeloupe et canton dans l'arrondissement de Basse-Terre, 25 km au nord de la préfecture sur la côte sous le Vent. Le nom vient de l'abondance des sources d'eau chaude sur la côte et même sous les eaux. Le peuplement, assez stable, se cantonne aux abords du rivage, qui s'étend sur une douzaine de kilomètres: les pentes s'élèvent très vite sous la forêt, jusqu'à la crête principale de l'île, qui n'est ici qu'à 5 km du rivage, au nord des pitons de Bouillante (1 088 m).

Le territoire s'étend entre les embouchures de la rivière Colas au nord (anse Colas) et de la rivière Renon au sud (anse à la Barque). Sur le rivage au nord, les îlets à Goyaves (ou de Pigeon) sont devenus un haut lieu de plongée sous-marine, avec une «piscine» en forme d'aquarium naturel; des sources chaudes et des épaves y fixent des espèces végétales et animales rares, formant un «jardin japonais»; tout près, la plage de la Malendure est appréciée et fort encombrée, juste au nord du hameau et de la plage de Galets. Une réserve naturelle sous-marine de 400 ha, parfois dite «réserve Cousteau», a été délimitée pour éviter les déprédations.

Un peu plus au sud se trouvent le village et la plage de Pigeon puis, après la pointe à Lézard, le Bourg de Bouillante le long d'une anse. Sur les hauteurs se sont installés l'hôpital et le collège. La côte au sud de Bouillante est accidentée, de petites anses alternant avec des pointes peu marquées, mais peuplée par les hameaux en hauteur de Thomas, Coreil, Duché, Monchy jusqu'à l'anse à la Barque, excellent mouillage muni de phares. Le hameau de Village est plus élevé, vers 300-400 m, mais le reste des hauteurs est presque vide, à part quelques anciennes habitations isolées comme Muscade, classée et qui se visite. La limite communale atteint à l'est la plus occidentale des deux Mamelles, dite de Pigeon ou de Déboulé (768 m), l'autre étant dans le territoire de Petit-Bourg.

Bouillante a de nombreux commerces, un collège et un centre hospitalier de 125 lits dont 60 en médecine, un institut médico-éducatif; on y pratique la pêche et le fumage de poisson. La population croît modérément (7000 hab. en 1990). Un parc zoologique et botanique a été aménagé tout au nord dans les Mamelles, sous le Morne à Louis (749 m) près de la route de Traversée (D 23) qui mène à Petit-Bourg et Pointe-à-Pitre. Une usine géothermique, fruit d'une coopération entre le BRGM et EDF, fonctionne depuis 1969 et a été rénovée en 1996; elle est alimentée par un forage à 314 m de profondeur, dont l'eau sort à 240 °C mais est utilisée à 160 °C; la production est de l'ordre de 90 GWh pour une puissance de 16 MW (dix salariés); il est prévu de l'agrandir.

Sur 1 800 personnes actives ayant un emploi, 1 000 travaillent dans la commune. Le chômage est élevé (plus de 40%) bien que la commune totalise 1 500 emplois. Les revenus moyens sont faibles: 10 300 € par an et par ménage, dont 21% seulement paient l'impôt sur le revenu. La commune a près de 400 résidences secondaires (10% du total des logements) mais l'accueil touristique se limite à trois petits hôtels, une résidence de 600 places (140 chambres et 40 bungalows, à Petite-Anse) et des gîtes, en nombre assez élevé il est vrai (une quarantaine). Elle ne cultive que 120 ha, dont 34 en bananiers: elle n'a pas quatre exploitations à temps complet, et elle élève peu d'animaux.