Bruch de l'Andlau

petit ensemble de terres basses et humides, jadis très broussailleuses, accompagnant les cours de l'Andlau et de l'Ehn entre Strasbourg et Obernai. Il «s'étend sur une surface de près de 6 000 ha entre Blaesheim-Geispolsheim au nord et Stotzheim-Kertzfeld au sud. […] La forêt marécageuse primitive, composée principalement de saules, d'aulnes, de peupliers, et de frênes, a été progressivement défrichée […] Les pâturages étaient reliés aux villages par des Viehwege (chemins bordés des deux côtés de fossés pour éviter que les animaux ne se dispersent), tel le Mittlere Weg de la Lusau. […] Ensuite, les pâturages ont été divisés en parcelles d'un acre, soit environ 20 ares, délimitées par des bornes numérotées […] et attribuées pour 9 ans par tirage au sort à chaque famille habitant le village. Chaque famille avait droit à un lot (Burgerlos) composé d'une bonne parcelle et d'une mauvaise, moyennant le paiement d'une redevance annuelle. Les parcelles non attribuées (Turnipsenmatten) étaient louées annuellement aux enchères. Ce procédé, pratiqué jusqu'à la fin des années 1950, a été progressivement remplacé par le fermage classique. Depuis le l7e siècle, différents travaux de drainage ont été entrepris afin d'améliorer la qualité du fourrage. Mais leur influence sur le paysage n'a été que mineure: le Bruch est resté jusqu'au début des années 1970 une vaste étendue de prés humides entrecoupés de haies et de bosquets, traversée d'une multitude de ruisseaux et de fossés. Il y a 25 ans, on assiste à un tournant de l'histoire du Bruch: la baisse de la nappe phréatique due à la canalisation du Rhin, à l'installation d'immenses gravières et au surcreusement des rivières et fossés rend possible le labour de prés pour y installer des cultures. De plus, l'élevage est en déclin, ce qui rend inutile un grand nombre de prairies. Celles qui restent voient leur exploitation intensifiée par l'apport de fumure afin de faire face à l'augmentation des charges qui pèsent sur les exploitations agricoles. Depuis lors, il ne reste plus que quelques lambeaux du Bruch originel. Heureusement, un secteur de 548 ha entre Hindisheim et Niedernai est protégé depuis 1986 par un arrêté préfectoral de Protection de Biotope, et le Conservatoire des Sites Alsaciens gère quelques parcelles isolées.» (Denis Mangold, http://alsace.nature.free.fr).