Cantal (département du)

département de la région Auvergne, au sud-ouest de celle-ci; 5 726 km2, 3 arrondissements, préfecture Aurillac, sous-préfectures Mauriac et Saint-Flour; 24 cantons, 260 communes, 18 communautés de communes ou d'agglomération, 3 pays calqués sur les arrondissements. La population était de 148 700 en 2008 contre 151 000 hab. au recensement de 1999, en diminution par rapport à 1990 (159 000) et 1975 (167 000); soit une densité de 26 hab./km2, moins du quart de la moyenne nationale et la plus faible de la région.

Le conseil général du Cantal a une nette majorité de droite, le président étant Vincent Descœur, professeur et élu de Montsalvy; les deux députés sont de droite, ainsi qu'un sénateur, l'autre étant un radical de gauche (groupe RDSE). En revanche, la municipalité d’Aurillac a une majorité de gauche, menée par Alain Calmette.

Le département a pour voisins la Lozère, l'Aveyron, le Lot, la Corrèze, le Puy-de-Dôm, la Haute-Loire et donc 3 régions hors l'Auvergne. Il est occupé en son centre par le massif du Cantal. Celui-ci est relayé au nord par le plateau volcanique du Cézallier, au sud par celui de l'Aubrac, de l'autre côté de la profonde vallée de la Truyère.

Vers l'ouest, les roches volcaniques laissent toute la place au plateau cristallin, fortement entaillé par les profondes vallées de la Cère et de ses affluents au sud, de la Maronne et de la Bertrande au centre, du Mars, de la Sumène et de la Rhue au nord, tous tributaires de la Dordogne, dont les gorges marquent la limite nord-occidentale du département, à l'exclusion de l'enclave corrézienne de Bort-les-Orgues. Deux grands barrages (Saint-Étienne-de-Cantalès et Enchanet) y retiennent de vastes plans d'eau. Les principaux plateaux sont ceux de la Châtaigneraie au sud-ouest, de la Xaintrie (partagée avec le département de la Corrèze) au centre, de l'Artense au nord. Seule Mauriac, sous-préfecture, émerge un peu d'un réseau de bourgs et bourgades largement dominé par Aurillac.

La partie orientale du département est plus haute et plus étroite, mais elle est traversée par le principal axe nord-sud de l'Auvergne, où la N 9 a été le plus souvent réaménagée en A 75, et où se maintient la voie ferrée de Béziers à Clermont-Ferrand par Neussargues. Saint-Flour en est le chef-lieu incontesté, symétrique d'Aurillac mais loin d'avoir son poids et son rayonnement. Côté nord, Planèze et Cézallier ont des reliefs accidentés, et s'efforcent d'associer élevage et tourisme; vers l'est, le relief se relève dans le massif cristallin de la Margeride; au sud, s'enfonce la Truyère, qui s'orne du grand lac de barrage de Grandval et du viaduc de Garabit, et qui sépare de Saint-Flour la haute table volcanique de l'Aubrac au-delà du Caldaguès, pays de Chaudes-Aigues.

Les réseaux de relations cantaliens sont ainsi très dissymétriques: Aurillac, décentrée vers le sud-ouest et orientée par tradition vers les pays toulousains, est entourée de circulations diffuses et mineures; l'axe de transit majeur, nord-sud, est très décentré vers l'est. Aussi Aurillac doit-elle s'accrocher à tout prix à cet axe, qui mène au chef-lieu de région Clermont-Ferrand, ce qui l'oblige à traverser le massif du Cantal par le Lioran. Il a fallu y engager le percement d'un troisième tunnel, et les pouvoirs publics maintiennent la voie ferrée héroïque qui relie Aurillac à Neussargues (et Clermont) par le Lioran, et qui dans l'autre sens mène à Brive côté ouest, Figeac (et Toulouse) au sud-ouest.

Une autre dissymétrie tient à la nature: la partie orientale du département, plus haute mais un peu abritée des vents d'ouest par le Cantal, est plus froide et plus sèche que la partie occidentale. Les phénomènes d'étagement de la végétation et des paysages sont également sensibles: la partie centrale et haute du massif du Cantal est en pelouse et lande d'altitude; la forêt dessine une couronne tout autour, dans les vallées à moindre altitude; un peu plus bas les labours apparaissent, finissant par dominer dans la partie la plus basse du département, la Châtaigneraie, au sud-ouest.

Le département a largement contribué à l'émigration auvergnate, ce qui lui a d'ailleurs permis de recevoir en retour quelques investissements de ceux qui avaient fait fortune à Paris ou à l'étranger, comme le montrent les grosses maisons de certaines bourgades. Le dépeuplement se poursuit, mais davantage par l'effet du vieillissement et du déficit de naissances. Les emplois de service l'emportent largement sur les autres: 31 100, soit 52%, mais 61% des salariés; le commerce en occupe 13% (7 800), l'industrie 11% (6 700), le bâtiment 8% (4 600) et l'agriculture 16% (9 400). Mais le chômage est nettement au-dessous de la moyenne nationale, et Aurillac est devenue une ville active, qui attire et continue à créer des emplois. Le tourisme estival et les sports de neige prennent une part croissante dans l'activité cantalienne. Les bois occupent 152 000 ha (26% de la surface), les surfaces en herbe 314 000 (54%), ce qui ne laisse que 11% aux terres cultivées. Le produit annuel est évalué à 2,4 milliards d'euros, ce qui, par habitant, est inférieur de 20% à la moyenne régionale (15 900 € contre 19 700).