Capcir (le)

haute plaine des Pyrénées catalanes, correspondant à la partie basse du bloc basculé du Carlit, au pied de la faille S-N dont l'escarpement sert de bordure au massif du Madrès. Par rapport à la Cerdagne, le Capcir est plus froid et moins ensoleillé, et balayé par un vent du nord nommé ici le carcanet. Deux grands barrages retiennent les eaux de l'Aude à Matemale et Puyvalador; ils ont été aménagés pour la production d'hydroélectricité dans les gorges de l'Aude, mais servent aussi un peu à l'irrigation et offrent au Capcir un complément de ressource par le tourisme. Du massif du Carlit sortent de puissantes moraines glaciaires, qui agrémentent et contraignent les sites des villages. Celui de La Llagone (v. Mont-Louis) est en limite, sur le seuil qui sépare le Capcir de la Cerdagne. Les villages se tiennent des deux côtés de la plaine sous les reliefs; ils ont quelques maisons anciennes, des églises romanes mais peu de restes de châteaux.

Les Angles (570 Anglois, 4 320 ha dont 3 595 de bois), 12 km au NNO de Mont-Louis, est au pied des reliefs du Carlit, sous le roc d'Aude (2 377 m). La commune touche au lac des Bouillouses à l'ouest, au lac de Matemale à l'est. Le petit village agricole, à 1 600 m, est devenu une grosse station de sports d'hiver et d'estivage, et étale de larges lotissements de chalets. Elle est la deuxième commune de la montagne catalane pour le nombre de résidences secondaires (3 300, soit 89% du nombre total de résidences) et a quatre hôtels (120 chambres. Les champs de neige disposent de 32 pistes et 16 remontées mécaniques; un parc animalier de 37 ha. Les sentiers montent au lac d'Aude (2 135 m), à la source du fleuve et, côté nord sous le pic del Pam (2 474 m), à l'étang de Balcéra (1 770 m).

Formiguères (450 Formiguérois, 4 688 ha dont 1 302 de bois), 6 km au nord des Angles à 1 500 m dans un site comparable, ancienne capitale du Capcir au débouché de la Lladure, affluent de l'Aude, a également aménagé en 1972 sa station de ski, un peu moins ambitieuse (18 pistes et 7 remontées mécaniques), sur l'ombrée que domine le cirque de Camporells aux multiples étangs. Les crêtes sont ici plus hautes: 2 765 m au pic de la Grande Porteille à la limite de l'Ariège, 2 840 m au pic Péric. La limite nord de la commune suit le ruisseau de Galbe et au NE elle atteint le réservoir de Puyvalador et jette même une extension sur le rebord du Madrès, incluant le hameau de Vilanova et allant jusqu'au col de la Sansa, qui donne accès au bassin d'Olette.

Plus au nord, Fontrabiouse (Fontrabiosa, la source rageuse, 110 Fontrabiousois, 1 557 ha dont 479 de bois), à 1 460 m, et son hameau annexe d'Espousouille sont également au pied des hauteurs du Carlit et au débouché de vallons; grotte, carrières d'onyx. La commune, étroite, monte à l'ouest le long du ruisseau de Galbe jusqu'au pic de Baxouillade (2 546 m), qui domine la porteille d'Orlu, un col peu accessible à 2 227 m, et de petits lacs de cirque. La commune avait atteint 420 hab. en 1822 et en conservait 230 en 1901; elle a deux petits hôtels, un camping (85 places) et ses 640 résidences secondaires forment les trois quarts des logements.

Puyvalador (Puigvalador, 80 Puyvaladorois, 1 946 ha dont 736 de bois) est la commune la plus septentrionale du Capcir et le village se tient sur la haute plaine, à 1 460 m au bord de l'Aude, à 24 km de Mont-Louis. Son finage s'étire d'ouest en est le long de la limite du département de l'Ariège, sous le pic de Ginèvre à l'ouest (2 382 m), le Madrès ou plus précisément le Serrat de l'Ours à l'est (2 359 m). Du côté du massif du Carlit, Puyvalador a aménagé une troisième station de sports d'hiver (16 pistes, 7 remontées mécaniques) au-dessus du hameau de Rieutord. Le barrage de Puyvalador, barrage-poids de 160 m de long et 31 m de haut, est bien dans la commune, mais non les rives, que se partagent Formiguères et Réal; le lac, à 1 421 m, s'étend sur 102 ha et stocke 10 Mm3. La commune a 360 résidences secondaires pour 65 principales.

Réal (46 Réalais, 1 045 ha dont 665 de bois) est un très petit village sous le Madrès, 22 km au nord de Mont-Louis, à 1 580 m, mais se mire dans les eaux du lac; la commune englobe le hameau d'Odeille et compte 120 résidences secondaires sur 150 logements.

Enfin, également au pied du Madrès mais plus au sud, Matemale (Matamala, le «mauvais bois», 300 Matemalois, 1 888 ha dont 1 111 de bois) apparaît comme le seul village de plaine, à 10 km au nord de Mont-Louis, au bord de l'Aude en aval du barrage, à 1 500 m. La commune, dont la population était tombée à 106 hab. en 1975, revit grâce aux loisirs d'été (sports nautiques) et d'hiver (ski de fond); elle a gagné 60 hab. de 1999 à 2009. Elle a un hôtel, un camping et 480 résidences secondaires sur 630 logements. Son territoire englobe presque entièrement son grand lac, très fréquenté en été, et la forêt domaniale de Cam Ramade sur l'escarpement du Madrès; village de vacances; petite fromagerie. Le pic du Bastard (2 095 m) domine le village. Le lac, mis en eau en 1961, s'étend sur 223 ha et stocke 20 Mm; le plan d'eau est à 1 537 m, le barrage est en terre et fait 984 m de long pour 33 m de haut. Matemale héberge la Maison du Capcir, siège de la communauté de communes du Capcir, qui correspond au canton de Mont-Louis, amputé de Fontpédrouse et de Bolquère mais enrichi de Sansa et Railleu (canton d'Olette) et d'Eyne en Cerdagne. La communauté de communes du Capcir-Haut-Conflent groupe 16 communes (2 900 hab.) et siège à Matemale.