Castagniccia

l'une des contrées les plus connues de la Corse, en Haute-Corse au sud-ouest de Bastia. Elle correspond à un massif schisteux d'environ 25 km sur 20, qui monte à 1 767 m au monte San Petrone (ou San Pedrone) et que contournent au nord le Golo, au sud le Tavignano. Les bassins du Bravone et de l'Alesani, fleuves de cours NO-SE qui dévalent vers la Plaine Orientale, et de la Casaluna qui descend en direction du NO vers le Golo, le compartimentent en quatre sous-ensembles: une crête principale nord-sud qui passe par les monts Compuli, San Petrone, Calderuccio, Caldane; à l'est de celle-ci une crête plus courte et plus basse dont le sommet est le monte Olmelli (1 285 m); un petit massif méridional NO-SE dominé par le Cerviu; un autre massif annexe à l'ouest, qui culmine à la pointe de l'Ernella à 1 473 m.

Cet ensemble de hautes terres est divisé en une soixantaine de petites communes aux villages perchés, aux chemins difficiles, qui ont longtemps vécu des moutons, des cochons et des châtaigniers, dont la culture fut encouragée par les Gênois et fut l'originalité de la contrée - d'où son nom, qui signifie «la Châtaigneraie». Ce milieu paysan original, tôt divisé en nombreuses pièves, a longtemps vécu de façon assez indépendante et a causé bien des soucis à l'autorité gênoise et même à la ville de Bastia qui la symbolisait: les révoltes paysannes y ont été nombreuses, et parfois redoutables comme celle qui aboutit au sac de Bastia en 1730. Mais cette montagne s'est considérablement dépeuplée, tout en gardant la farouche autonomie de villages de quelques dizaines d'habitants, qui s'estiment tous uniques et n'ont guère réussi à admettre les nouvelles communautés de communes. Certains villages se garnissent un peu l'été, leurs «émigrés» y revenant volontiers et le tourisme de passage n'étant pas négligeable; des efforts sont accomplis pour rénover des maisons et faire revivre certaines pratiques anciennes, comme les chants traditionnels polyphoniques (paghjele).