Châteaulin

5 800 hab. (Châteaulinois) dont 540 à part, 2 081 ha, sous-préfecture du Finistère, 24 km au nord de Quimper sur l’Aulne; Kastellin en breton. Ville de fond d’estuaire, sur l’ancienne route de Brest à Quimper, elle est contournée vers l’est par la nouvelle route à 4 voies. Elle est apparue au 15e s., mais comme réunion de trois sites anciens: un vieux bourg sur la rive gauche (Gorré, le haut), où se trouvait le château comtal, dont quelques ruines subsistent dans l’hospice qui lui a été substitué; un nouveau bourg rive droite, sous l’autorité du prieuré de Locyonnet, filiale de Landévennec, dont le nom, Yonet, fait référence à saint Idunet; un troisième bourg, celui des marchands, également rive droite; les deux derniers forment la ville basse, ou Traon. La terminaison lin serait le nom de la butte originelle (Nin).

La ville a vécu des toiles, du commerce, de la navigation et de la pêche au saumon dans l’Aulne, du moins avant l’ouverture du canal de Nantes à Brest, aménagé ici en 1822, et qui a peu servi. Outre les services d’une sous-préfecture même modeste, nantie d’établissements d’éducation (collèges et lycées publics et privés, lycée agricole public de l’Aulne) et de soins, elle a un centre Leclerc (110 sal.) et un Intermarché (45 sal.); TDF (25 sal.); clinique Clinea (50 sal.); centre de formation d’adultes sur le paysage et l’environnement.

Châteaulin se signale surtout comme siège des établissements Doux, très grosse entreprise de volailles (14 000 salariés dans le monde dont 7 000 en France, 1 500 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et 2 500 000 volailles par jour…) créée à partir de Châteaulin en 1955 par Pierre Doux, héritier d’une petite affaire nantaise fondée en 1933, et qui dispose ici d'un ensemble de 700 salariés. La ville est aussi redevenue le centre breton de la pêche au saumon: au Moulin de la Marche, le groupe Intermarché fume ses saumons (250 sal. et des saisonniers); Marine Harvest (norvégien, 40 sal.) a repris les plats préparés de poisson Panfish; laiterie de la Laitière de Pontivy (30 sal.).

Trois zones industrielles accueillent des petites entreprises; informatique Kerhis (35 sal.), réseaux de la Suburbaine de Canalisations (40 sal.), maçonnerie Quillevère (20 sal.); négoce interentreprise Sodise (30 sal.); transports de fret TECL (65 sal.), Joyau (40 sal.) et Cras (35 sal.), et transports par cars de l'Armoricaine (groupe Verney, 65 sal.). La population communale était de 4 000 hab. (sdc) un peu après 1900, et encore en 1962; elle a un peu augmenté ensuite, mais pas depuis 1999. La communauté de communes de Châteaulin et du Porzay compte 15 700 habitants pour 11 communes et 26 300 ha, et siège dans la ville. L’arrondissement a 85 200 hab. (81 500 en 1999), 7 cantons, 61 communes et 180 437 ha.

Le canton a 18 300 hab. (17 300 en 1999) et 14 communes, 29 838 ha dont 1 876 de bois; il s’étend dans le bassin de Châteaulin. Quoique incisé par la vallée de l’Aulne, ce basin est en effet une aire un peu basse, évidée dans les schistes du houiller, entre le Menez Hom et les barres dures prolongeant les monts d’Arrée au nord, et les Montagnes Noires au sud; celles-ci se manifestent par les hauteurs modestes des forêts du Duc et de Nevet qui encadrent Locronan.

Près de Châteaulin, juste en aval sur la rive droite de l’Aulne le long d’un méandre à forte courbure, la petite commune de Port-Launay (520 Port-Launistes, 200 ha), créée en 1840 mais dont le nom était attesté au 16e siècle et qui serait en breton Meilh-ar-Wern, est le lieu d’origine du puissant groupe d’aviculture Doux; elle avait plus de 1 000 hab. au 19e siècle; elle est considérée comme «village de charme». Saint-Ségal (1 000 Saint-Ségalais, 1 620 ha), un peu plus au nord, et dont Pont-de-Buis et Port-Launay ont été détachés, a un musée agricole dit des Champs (Mirdi ar Parkeier) installé par le Parc régional, et une chapelle à sculptures polychromes; le nom vient du saint irlandais Sengar. Sa populaion s'est accrue de 130 hab. entre 1999 et 2008.

Juste à l’est de Châteaulin, la petite commune de Saint-Coulitz (450 Saint-Coulitziens, 1 122 ha), Sant-Kouled en breton, s’est rendue célèbre en élisant en 1989 le premier maire breton «noir», Kofi Yamgnane, d’origine togolaise, devenu ministre en 1991-1993, à présent député et vice-président du conseil général; une petite usine hydroélectrique sur l’Aulne avait permis à Châteaulin, en 1887, d’être la deuxième ville française éclairée à l’électricité. Elle a reçu en 2009 un parc éolien de 4 hélices Enercon de 70 m (8 MW, 20 GWh).

À l’ouest, le canton prend tout le fond de la baie de Douarnenez, où trois grandes plages sont séparées par les pointes de Talagrip et Tréfeuntec. Au NO, la lourde coupole du Menez Hom monte à 330 m et domine Saint-Nic à l’ouest, Plomodiern au sud, Dinéault à l’est, et au nord Trégarvan (150 hab., 968 ha dont 206 de bois), village isolé au bord de l’Aulne et dont le nom vient de son petit affluent de gauche le Garvan; un musée de l’école rurale de Bretagne y a été installé par le Parc d’Armorique. Cast (1 570 Castois, 3 766 ha), 8 km au SO de Châteaulin, dont la population diminuait depuis les 2 500 hab. de 1911 mais a regagné 140 hab. entre 1999 et 2008, avait une fabrique d’aliments du bétail Unicopa, que Nutréa a fermée en ne conservant que le stockage. Elle a reçu en 2007 un double parc éolien de 8 hélices Nordex de 80 m (20 MW, 50 GWh); la moitié du parc est à l'extrême sud-ouest du territoire de Châteaulin.

Saint-Nic (770 Saint-Nicais, 1 803 ha), 16 km à l'ouest du chef-lieu, affiche le musée du Porzay, des chapelles, un festival de cerfs-volants et inclut la petite station balnéaire de Pentrez, la plus septentrionale de la baie de Douarnenez; elle a 670 résidences secondaires, soit deux tiers des logements, et deux campings (500 places). Elle a gagné 40 hab. entre 1999 et 2008. Entre Plonévez et Plomodiern, la petite Ploéven (490 Ploévenois, 1 311 ha) allonge son étroit finage jusqu’à la baie d’Audierne sur la plage de Sainte-Anne; la commune a obtenu une sorte de label du «patrimoine rural de Bretagne»; elle a gagné 40 hab. après 1999.

Au SO, la commune de Plonevez-Porzay («Villeneuve du Porzay», 1 720 Plonévéziens, 2 923 ha), est à 4 km de la mer; sa population a beaucoup diminué depuis les 3 200 hab. de 1906, mais a repris 80 hab. après 1999. Elle dispose d’une large ouverture sur la côte de la baie de Douarnenez, autour du petit port de Tréfeuntec et de la chapelle de Sainte-Anne la Palud, dont les pardons sont parmi les plus courus de Bretagne, ainsi que de la plage de Kervel; le manoir-hôtel de Moëllien date de 1642. La commune a plus de 300 résidences secondaires (28% des logements) et 6 terrains de camping (940 places) dont un de luxe (330 places), 3 hôtels (70 chambres) dont un de luxe. La pointe de Tréfeuntec avance un peu sur la baie de Douarnenez, séparant les plages de Sainte-Anne au nord et d’Ar-Vechen au sud, partagée avec Locronan, connue pour ses fêtes religieuses.

Kerlaz (850 hab., 1 145 ha dont 242 de bois) est à l'angle SO du canton tout près de Douarnenez. La commune est bordée au sud par la vallée encaissée du Névet et englobe à l'est le bois de Névet; elle bénéficie de la plage de Trezmalaouen; beau calvaire au bourg, manoir de Névet au sud-est. Quéménéven (1 200 hab., 2 821 ha dont 268 de bois), 12 km au sud du chef-lieu, tient le sud-est du canton et y a une gare; la commune englobe à l’ouest la plus grande partie de la forêt du Duc sur la barre qui prolonge les Montagnes Noires; belle chapelle (16e-18e s.) au village de Kergoat à l’orée du bois; le nom, Kemeneven en breton, Kemenetmaen au 13e siècle, évoque un fief (kemenet) d’un seigneur Maen.