Condé-sur-l'Escaut

9 800 hab. (Condéens), 1 840 ha dont 450 de bois, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement de Valenciennes, 13 km au NNE de celle-ci. Elle s'est nommée simplement Condé jusqu'en 1887, sauf sous la Révolution qui l'avait rebaptisée Nord-Libre. Le vieux bourg est sur la rive droite de l'Escaut, sur la route de Valenciennes à Ronse (Belgique), au confluent de la Haine et à un carrefour de canaux accompagné par le grand étang Chabaud-Latour (60 ha), issu d'affaissements miniers et accompagné d'une base de loisirs sur 170 ha. Condé conserve des restes des remparts et des portes du 16e et du 17e s. et du château comtal devenu arsenal (12e-13e s.), ainsi que le massif château de Bailleul (15e et 17e s.); beffroi du 18e s.; ancienne fosse minière Ledoux à l'est, près de la frontière.

La commune est frontalière et englobe au nord une grande partie de la forêt domaniale de Bon Secours, qui entoure le château classé de l'Ermitage (ou Hermitage). La ville a été souvent disputée et ravagée et elle était restée place forte militaire jusqu'en 1901. Le charbon y a été exploité en surface depuis le 13e s. et la société des mines d'Anzin y a été créée en 1757, les fosses étant apparues autour de 1900; la fosse Latour (1901), suivie de la fosse Ledoux, a surtout produit après 1945 et jusqu'en 1988, laissant une friche de 384 ha qui a été entièrement arborée après 1994.

La ville est fleurie (trois fleurs) et spécialement en automne (premier prix) ; elle a un collège public et deux lycées publics dont un professionnel, un institut médico-éducatif (100 places), une maternité (25 places), une maison de retraite (Domaine du Lac, 35 sal., 85 places), et dispose d’un hypermarché Carrefour (280 sal.); boulangerie Kot (30 sal.). Le quartier Macou, au nord du centre-ville et déployé aux abords de l’étang Chabaud-Latour, est classé en «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» sur 125 ha pour 4 500 hab., dont la cité du Gras Bœuf. Condé a eu 5 000 hab. en 1900, 9 100 en 1954 et a culminé à 14 000 hab. en 1975 puis a perdu des habitants, encore 200 de 1999 à 2010.

Le canton a 44 400 hab., 10 communes, 8 471 ha dont 1 259 de bois. Il est frontalier et traversé par l'Escaut. Du nord au sud, Hergnies, Vieux-Condé, Fresnes-sur-Escaut et Escautpont sont les principales communes, toutes dans le parc régional Scarpe-Escaut. Vicq (1 460 Vicquelots, 392 ha), au sud à 6 km de Condé, a un atelier des tuyauteries Eurotech (55 sal.) et un de mécanique (Meka-Nord, 30 sal.) et elle est connue pour la pratique du cholage, ou jeu de crosse. La chole, qui se prononçait kole, a la même origine que le golf (kolven en flamand) et s'apparente au mail méridional; le jeu vise à atteindre une planche ou un tonneau. Vicq a gagné des habitants de 1891 (860) à 1906 (1 300) puis a fluctué à ce niveau, avec un maximum en 1962 (1 400 hab.) et un minimum en 1990 (1 200); elle a gagné près de 200 hab. après 1999. Elle est également située dans le Parc régional.

Il n'en est pas de même des trois communes les plus orientales. Saint-Aybert (360 Aybertois, 419 ha), frontalière, est à 4 km à l'est de Condé, sur le canal de la Haine, qui a été créée en 1837 à partir de Crespin avec 330 hab. Elle a eu deux puits de mine mais sans production, et sa population a peu changé. Thivencelle (830 Thivencellois, 403 ha) est un peu plus proche de Condé (4 km ESE) et n'est pas frontalière. La compagnie des mines de Thivencelle a exploité quatre puits au 19e s., dans la commune, à Saint-Aybert et à Fresnes-Escautpont, et a fait venir de nombreux travailleurs polonais. La population, de 600 hab. avant 1900, est montée à 1 600 hab. en 1931 et a fortement chuté après 1962, tombant à 820 hab. en 1982. Crespin est la troisième, plus au sud-est sur la frontière et très liée à Quiévrechain.