Desvres

5 200 hab. (Desvrois), 942 ha dont 481 de bois, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer, à 21 km ESE de celle-ci. Le bourg est dans la fosse du Boulonnais, presque au pied du talus méridional, qui monte à 206 m au mont Pelé, où trône un château, et 211 m au mont Hulin tout proche et point culminant du département. La ville tire son nom de celui du chêne en celte (der ou derv). La forêt domaniale de Desvres s'étend sur 1 136 ha au nord du bourg et dans deux communes voisines. La ville a gagné des habitants durant le 19e s., où elle est passée de 2 100 à 4 900 hab., mais guère au 20e s. où elle a culminé à 5 800 hab. en 1975 avant d'en perdre continûment. Elle a un collège public et un privé, une maison de retraite, centre aéré et centre de loisirs.

Desvres est un site traditionnel de faïenceries, qui a reçu sa première manufacture en 1764. Cela lui a valu d'être admise parmi les «villes et métiers d'art». Une moderne Maison de la Faïence, d'architecture originale à pans de murs obliques en carrelage orné, propose un musée et une résidence d'artistes. La société Koramic, du groupe autrichien Wienerberger, y dispose de trois établissements, Desvres (carrelages, 75 sal.), Cofrac (céramiques, 60 sal.) et Cermix (colles et mortiers industriels, 60 sal.). En outre, l'Atelier Céramique Régnier emploie 40 sal. Desvres accueille aussi une usine métallurgique Arcelor-Mittal (120 sal.) qui fabrique des aciers plats galvanisés (400 000 t/an), et qui est issue des ateliers de galvanisation de Bruay installés en 1958, puis a appartenu à Ziegler. Elle a également un supermarché Carrefour (25 sal.), une jardinerie Gamm Vert (25 sal.); ambulances Fourrier (30 Sal.) et un marché au cadran pour les bovins depuis 1995.

Le canton a 15 400 hab., 23 communes, 17 331 ha dont 3 046 de bois: il occupe surtout la partie orientale de la fosse du Boulonnais, que draine principalement la Liane. Il correspond à la communauté de communes du pays de la Faïence de Desvres, qui siège à Desvres. La nationale 42 de Boulogne à Saint-Omer, aménagée en voie rapide, traverse six communes du nord du canton. Le Sud, dont Desvres, est desservi par la D 341 de Boulogne à Aire-sur-la-Lys, ancienne voie romaine. Toutes les communes, sauf une, sont dans le Parc régional.

Deux communes seulement sont sur le plateau au sud de la fosse du Boulonnais. Courset (680 Coursetois dont 200 à part, 1 024 ha), à 3 km au sud de Desvres, comprend plusieurs hameaux dont, à l'est, Sacriquier où se tient le concours annuel de la race chevaline boulonnaise. Le parc du château, actuel foyer de charité catholique avec école primaire et collège, fut jadis un jardin botanique. Senlecques (240 Senlecquois, 201 ha), au finage minuscule et une plus isolée à 9 km ESE du chef-lieu, est sur la chaussée Brunehaut (D 341). Leur population varie peu.

Cinq communes sont au pied du talus méridional, comme Desvres. Longfossé (1 400 hab., 1 022 ha) jouxte Desvres au sud; elle avait 500 hab. vers 1900, et n'a cessé de croître lentement depuis (+180 hab. de 1999 à 2010); supermarché Simply (35 sal.). Menneville (730 Mennevillois, 527 ha), à 2 km à l'est de Desvres, disperse ses maisons dans un petit finage; sa population croît depuis les 320 hab. de 1968 (+80 hab. depuis 1999); travaux publics Colas (50 sal.). Saint-Martin-Choquel (480 Choquelois, 618 ha) la flanque à l'est, mais partage son finage entre le fossé et le plateau, où se tient le hameau de Campagnette. Elle a un château du 18e s. et sa population croît aussi (240 hab. en 1954), gagnant aussi 80 hab. depuis 1999.

Vieil-Moutier (390 hab., 577 ha), 6 km à l'est du chef-lieu, est dans la même situation, avec le hameau de la Galique sur le plateau. Sa croissance est parallèle, mais plus lente. C'est au Vieil-Moutier qu'est la grande laiterie Novandie (460 sal.), qui traite 300 000 litres de lait par jour. Créée en 1963, elle a ensuite prospéré sous la marque Mamie Nova (groupe normand de Maromme) et s'est spécialisée dans les desserts lactés (un milliard de pots par an). Lottinghen (540 Lottinghenois, 1 011 ha), 9 km ENE de Desvres, s'étend surtout dans les basses collines du fossé mais se termine en pointe sur le plateau, sans habitat. Une cimenterie, qui a fonctionné de 1883 à 1981, y avait attiré une base de V1 en 1943, vite rendue inutilisable à la suite de 9 bombardements consécutifs. La commune a perdu des habitants entre 1962 (550 hab.) et 1982 et en a repris un peu, dont 70 entre 1999 et 2010.

Quesques (610 Quesquois, 1 373 ha) est à 10 km au NE de Desvres, au pied du talus septentrional et à la source de la Liane; mais son finage s'étend aussi à l'est sur le plateau autour du gros hameau du Verval, ancienne paroisse intégrée en 1790. Le nom vient d'un patronyme latin Cassius. La population augmente depuis le minimum de 1982 (480 hab.). Brunembert (380 Brunembertois, 611 ha) est à 8 km au NE de Desvres au pied du talus septentrional, qui culmine à 180 m au mont de Brunembert; elle a une église du 16e s., une minoterie (Lachère), et a gagné près d'une centaine d'habitants de 1999 à 2010; on y fête la pomme et le cidre.

Longueville (130 Longuevillois, 349 ha) est dans la même position à 3 km au nord-ouest de Brunembert, ainsi que Nabringhen (170 Nabringhinois, 417 ha) et Colembert (790 Colembertois, 992 ha dont 370 de bois) 2 et 4 km plus loin vers le nord-ouest, à environ 10 km au nord de Desvres. Nabringhen a des carrières (Bayard, 35 sal.) et une menuiserie (Vasseur, 30 sal.). Colembert est à la source du Wimereux; le talus, au nord, monte à 201 m au mont Dauphin; gros château du 18e s. avec parc, église du 18e s., constructions Novebat (80 sal.); la population y a eu son minimum en 1975 (450 hab.) et croît depuis, de près de 100 hab. entre 1999 et 2010. En revanche, Bainghen (170 Bainghenois, 669 ha), qui est à 14 km au NNE de Desvres, forme sur le plateau septentrional une pointe du canton hors du Parc régional, à l'une des sources de la Hem, et semble ainsi tourner le dos au reste du canton; elle ne fait d'ailleurs pas partie de la communauté de communes.

Trois communes, au nord-ouest, appartiennent au petit bassin du Wimereux. Le Wast (210 Wastiens, 93 ha) a un minuscule finage à 11 km NNO de Desvres, mais abrite la Maison du Parc au manoir du Huisbois (18e s.); c'est un «village de charme» étiré le long d'une rue; son église a un portail roman, à multiples voussures. Belle-et-Houllefort (540 Bellois, 914 ha) tient l'angle NO du canton; elle a une maison de retraite, un moulin à farine sur le Wimereux. Sa population augmente depuis 1968 (270 hab.). L'ancien village de Houllefort, intégré dès 1790, est tout au nord du finage; celui-ci touche au sud-ouest à la forêt domaniale de Boulogne.

Il en est de même pour sa voisine Bellebrune (350 Bellebrunois, 532 ha) un peu au sud; son nom est dérivé de bronn, source. Elle s'orne du château de la Villeneuve (17e s.), qui a un parc du 19e s., et d'un clocher-mur du 15e s.; elle accueille une maison de retraite et une coopérative d'abattage de volailles, ainsi que la Holding Plessis (nettoyage, 100 sal.). Bellebrune, qui n'avait que 150 hab. en 1968, aurait gagné 60 hab. de 1990 à 1999, et encore 100 de 1999 à 2010 (+48%).

Les six autres communes sont toutes tributaires de la Liane, au milieu et à l'ouest du canton. Selles (330 hab., 635 ha) est à 7 km au NE de Desvres. Bournonville (220 Bournonvillois, 871 ha dont 438 de bois) lui succède en aval, et son finage englobe une bonne part de la forêt domaniale de Desvres. Henneveux (310 hab., 549 ha) est au nord de la précédente. Le finage d'Alincthun (350 Alincthunois, 988 ha dont 180 de bois) leur succède à l'ouest, mais le village se tient sur l'interfluve Liane-Wimereux, à 9 km NNO de Desvres; château de Fresnoy (18e s.). La population de ces communes a peu varié depuis de nombreuses décennies.

Crémarest (790 Crémarestois, 1 169 ha dont 620 de bois) est à 6 km au NO du chef-lieu sur la Liane et s'est accrue de 120 hab. entre 1999 et 2010. Son finage touche au nord-est à la forêt de Boulogne et inclut au sud-est une part de la forêt de Desvres; le village a une église des 14e au 16e s. à clocher-tour fortifié. Enfin, Wirwignes (760 Wirwignois, 1 247 ha) occupe l'angle sud-ouest du canton et touche aussi aux deux forêts à ses extrémités. Son église, en partie du 12e s., a été rehaussée de motifs naïfs au début du 20e s. par son curé; château de Quenneval, avec parc. La commune a 70 hab. de plus qu'en 1999.