Guillestre

2 300 hab. (Guillestrins), 5 129 ha dont 2 285 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l'arrondissement de Briançon, 37 km au sud de celle-ci. Le bourg, à 1 050 m au bord du Rioubel mais proche du débouché du Guil à sa sortie du Queyras, a les commerces et services de base, un collège public, une maison départementale des solidarités et une maison technique départementale; des supermarchés Champion (45 sal.) et Intermarché (35 sal.); bâtiment et travaux publics Stam (65 sal.), réseaux électriques Ineo (35 sal.). Le centre a conservé des remparts et des maisons anciennes, une église classée du 16e s. sur des bases du 11e, à large porche à colonnes et clocher carré du gothique embrunais. Le territoire communal s'étend un peu dans la plaine et bien plus en montagne, surtout à l'est où il inclut sur plus de 12 km tout l'ubac de la Combe du Queyras jusqu'au-dessus de Ceillac, englobant la forêt de la Réortie, plus loin Bramousse et ses chalets, et atteignant 2 611 m à la crête d'Assan (pic de Guillestre); vers le sud, une bande un peu étroite s'achève à la crête de Razis (2 577 m). La commune a eu un minimum de 1 050 hab. dans les années 1930 (contre 1 800 hab. un siècle avant) et sa population augmente depuis; mais elle n'a gagné qu'une cinquantaine d'habitants de 1999 à 2005. Elle a 580 résidences secondaires et elle est le chef-lieu de la communauté de communes du Guillestrois, qui rassemble 8 communes et 5 200 hab.

Le canton a 5 500 hab., 9 communes, 39 419 ha dont 12 367 de bois. Ceillac (290 Ceillaquins, 9 605 ha dont 2 169 de bois), 14 km à l'est du chef-lieu, occupe sa partie orientale, correspondant au bassin du Cristillan, qui conflue avec le Guil au rocher d'Assan dans la Combe du Queyras. La haute vallée du Cristillan descend de la Tête de Longet (3 151 m) et une route permet d'aller jusqu'à l'Étable des Génisses. Plus à l'ouest, le torrent du Mélézet, qui rejoint le Cristillan à Ceillac même, coule dans un profond vallon alimenté par trois cirques de tête dont le principal, sous le pic de la Font Sancte (3 387 m), contient le lac de la Doux ou lac Sainte-Anne (2 400 m) et sa chapelle à pèlerinages, refaite après avoir été soufflée par une avalanche en 1921. Le lac des Rouites (2 415 m) et celui des Prés Sébeyrand (2 215 m), dit aussi lac Miroir, contribuent à rehausser le site, connu aussi par la haute cascade de la Pisse (300 m de chute en tout) et où se tient le refuge de la Cime du Mélézet à 1 822 m.

La commune de Ceillac est en entier dans le Parc régional du Queyras. Elle a eu 900 hab. en 1821 et un minimum de 210 hab. en 1968; elle a gagné 20 hab. de 1999 à 2007. Le village principal, à 1 640 m d'altitude, fut l'objet d'aménagements exemplaires et put acquérir une certaine réputation, à l'initiative de Phiippe Lamour, par ailleurs président du Bas-Rhône-Languedoc et du Parc du Queyras, qui y avait ses habitudes et en fut le maire de 1965 à 1983. Un lotissement de chalets a doublé le village en adret. Une station de ski alpin créée en 1965 sur l'ubac du Mélézet comporte 12 pistes et 6 remontées mécaniques et se double d'un grand site de cascades de glace à la Pisse, en plusieurs tronçons; 10 pistes de ski nordique balisées totalisent 45 km. Ceillac a une église du 14e s. et un musée du temps (art religieux, dans une chapelle); chalets et couverture Chabrand (20 sal.). La commune comptait 530 résidences secondaires en 1999. Intéressant site scolaire http://www.ceillac.com.

Vars (640 Varsincs, 9 220 ha dont 2 359 de bois) est au sud de Guillestre, à 1 650 m. Elle a eu plus de 1 000 hab. dans les années 1830, 240 hab. seulement en 1962; sa population a augmenté ensuite jusqu'en 1990 (940 hab.) puis a diminué à nouveau (-45 hab. de 1999 à 2006). Elle compte plus de 3 000 résidences secondaires, est «station verte de vacances» et se range parmi les villages fleuris (trois fleurs). Son finage inclut à l'est le val d'Escreins, dont les deux têtes descendent de la crête qui va de la Font Sancte à la Mortice (3 169 m) par la pointe d'Escreins (3 042 m) et le pic des Rouets (3 235 m). L'ensemble forme la réserve naturelle du Val d'Escreins, créée en 1964 et intégrée au Parc du Queyras; il contient près du hameau détruit d'Escreins le refuge de Basse Rua (1 760 m), accessible par une petite route.

Le reste du territoire de Vars occupe le bassin du torrent de Chagne, qui y reçoit à droite le Chagnon. Il est suspendu au-dessus de la vallée du Rioubel; la route qui vient de Guillestre doit faire une série de lacets pour se hisser à Vars, dont l'habitat est fait de plusieurs hameaux dispersés; la route aboutit au col de Vars à 2 111 m, d'où elle descend sur Barcelonnette. Le col est situé entre le pic Crévoux à l'ouest (2 837 m) et la Tête de Paneyron à l'est (2 787 m); une altisurface aérienne y est aménagée et un refuge Napoléon est proche.

En contrebas, les hameaux des Claux et de Sainte-Marie sont les points de départ des remontées mécaniques de la station de Vars; les Claux ont été construits avec la station, à partir de 1962, vers 1 850 m. Le centre de montagne des Carlines, construit pour le Conseil général du Loir-et-Cher, peut recevoir 135 enfants et des familles. Le refuge-hôtel des Cassettes est-au-dessus des Claux à 2 138 m. D'autres centres ou villages de vacances se dispersent plus bas sur les deux versants, où sont tracées de petites routes. La station communique avec sa voisine de Risoul, avec laquelle elle forme le domaine de la Forêt Blanche, qui réunit 110 pistes totalisant 180 km, et 56 remontées. Elle se flatte de disposer d'une des pistes les plus rapides du monde, celle de Chabrières, longue de 1 220 m et dont la pente atteint jusqu'à 98%, la dénivelée totale étant de 495 m; un premier record du monde y fut établi à 230 km/h en 1992 par Ph. Billy, qui l'a porté à 243,9 km en 1997; un record de VTT a été établi à 178 km/h avant que la station des Arcs ne détrône celle de Vars avec un 251,4 km/h (S. Origone en 2006). La Sedev (35 sal.) gère les remontées mécaniques.

Risoul (640 Risoulins, 3 034 ha dont 962 de bois) est une commune d'ubac comme Vars, mais bien différente de sa voisine: le village est tout au bas du finage, à 2 km à peine de Guillestre et à 1 170 m, orné d'une église à clocher octogonal du 16e s., et ses hameaux sont également sur les basses pentes ouvrant sur la plaine de la Durance. Tout près de la Durance à l'angle nord-ouest de la commune est la source chaude du Plan de Phazy, dont les eaux sortent à 18 °C et qui justifia une petite station thermale, fermée en 1935; il en reste une rotonde, qui sert à la promotion de l'artisanat local.

L'essentiel est ailleurs: tout en haut au-delà de la forêt, les alpages ont été convertis en champ de ski. La route principale monte en nombreux lacets depuis le village et s'arrête au hameau des Chalps (Risoul 1850), équipé de multiples grands immeubles modernes: résidences de tourisme Sara (50 sal.), constructions Sermont (70 sal.). Une petite route relaie la précédente au-delà de la station et se hisse jusqu'à la crête, qu'elle passe au prix de trois cols successifs dont celui du Vallon (2 471 m) avant de redescendre en Embrunais à travers la forêt des Saluces. Risoul a eu plus de 900 hab. dans la première moitié du 19e s., 290 seulement au cours des années 1960; et près de 3 000 résidences secondaires en 1999.

Saint-Clément-sur-Durance (230 hab., 2 506 ha dont 940 de bois) est à 8 km à l'ouest de Guillestre à 870 m, sur la rive droite de la Durance, et dispose d'une base de loisirs sur la rivière; tour lombarde carrée du 15e s., grandes caves issues d'un passé viticole; sables et graviers Guérin (25 sal.). La commune est la seule du canton à figurer dans la zone périphérique du Parc national des Écrins. Son finage très étroit s'étire en amont au fond de la vallée, jusqu'au pied de Mont-Dauphin, et monte en ubac vers le sud le long de celui de Risoul jusqu'au pic du Clocher (2 526 m), en adret vers le nord-ouest jusqu'à la Tête de Vautisse (3 156 m), incluse de peu dans le Parc des Écrins. Une grande muraille rocheuse y offre une superbe coupe géologique à travers un pli couché. Le nom de Saint-Clément a été complété en 1989; la commune a eu jusqu'à 670 hab. (1846), un minimum de 190 en 1990.

Le finage de Réotier (170 hab., 2 233 ha dont 702 de bois), de forme triangulaire, monte en pointe au nord-ouest jusqu'aux abords de la Tête de Vautisse mais reste en dehors du Parc. Le village, qui a de belles maisons à arcades, est perché au-dessus de la vallée de la Durance à 1 050 m, face à Mont-Dauphin. Une fontaine pétrifiante se visite en contrebas, tandis qu'en hauteur le Tuchet offre un superbe panorama. Tout un lacis de petites routes sillonne le grand versant qui fait face au sud et à l'est, sous la Tête de Fouran (2 459 m). La commune a eu 610 hab. en 1856, moins de 130 en 1982.

Mont-Dauphin (90 Mont-Dauphinois, 58 ha) est juché sur une butte de l'éperon de confluence entre Durance et Guil, donc à l'est de la Durance. C'est une citadelle de Vauban, construite en 1692 sur le minuscule plateau des Mille-Vents, à 1 050 m, et qui s'est conservée presque intacte; elle fut complétée en 1791 par une vaste caserne Rochambeau. Sa population a connu de brutales fluctuatons, montant jusqu'à 840 hab. en 1856, 810 en 1906; elle fut de 110 hab. en 1946, mais 500 en 1954, à peine 60 en 1968. Le finage se limite à la butte elle-même.

Au pied, la gare sur la voie ferrée de Briançon est sur le territoire d'Eygliers (710 Églintins, 3 004 ha dont 1 067 de bois), comme la base de loisirs proche, avec un lac au bord de la Durance. Le village d'Eygliers est un peu au-dessus du cours du Guil, rive droite, à 2 km au nord de Guillestre, à 1 030 m d'altitude. Son finage s'étend vers l'est jusqu'à 2 669 m dans la montagne de Furlande, d'où deux vallons descendent vers la Combe du Queyras; toute la partie haute du finage est dans le parc régional du Queyras. Les principales entreprises sont une menuiserie Sama (30 sal.), les transports Galletti (30 sal.) et Guérin (25 sal.). Eygliers avait 400 hab. en 1975 (le double au maximum de 1851); elle affiche 160 résidences secondaires.

Saint-Crépin (550 Saint-Crépinois, 4 630 ha dont 1 883 de bois) est la commune la plus septentrionale du canton, à 920 m; son finage voisine avec ceux de La Roche-de-Rame et d'Arvieux et se termine en pointe au nord-est au pic des Esparges Fines à 2 701 m; le point culminant est le pic du beau Traversier (2 912 m), juste au sud-est. Sur les pentes subsiste une forêt de genévriers thurifères. Le village, enroulé en escargot autour d'une butte rocheuse et dont les maisons forment ainsi rempart, est sur la rive gauche de la Durance; son église, de marbre rose comme la plupart des maisons anciennes, est du 15e s. De petits hameaux comme le Villard se voient plus haut, souvent rénovés.

En face, le finage est très restreint, mais monte en pointe sur le versant entre Champcella et Réotier, et contient dans la plaine un plan d'eau avec base de loisirs et l'aérodrome de Mont-Dauphin-Saint-Crépin (LFNC), à 903 m, doté d'une piste en dur de 870 m et une autre en herbe de 650 m pour planeurs, et d'un aéroclub; c'est un bon site de vol à voile (club). Les principales entreprises sont de bâtiment: maçonnerie et travaux publics Charles Queyras (110 sal.), plomberie et génie thermique Lavigna (80 sal.), charpentes ACD (Domeny, 30 sal.). Saint-Crépin a eu plus de 1 200 hab. en 1831, et un bon millier durant tout le 19e s.; elle s'est dépeuplée jusqu'à 400 hab. entre 1950 et 1975, puis sa population s'est un peu étoffée. Elle a un peu plus de résidences secondaires (280) que de résidences principales.