Hénin-Beaumont

26 700 hab. (Héninois) dont 440 à part, 2 072 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l'arrondissement de Lens, 12 km ESE de Lens. La commune actuelle résulte de la fusion d'Hénin-Liétard et de Beaumont-en-Artois en 1971, qui apportait 1 800 hab. Beaumont est un ancien village qui a conservé son unité dans la partie méridionale de la commune et qui est séparé d'Hénin par les anciens carreaux de mine et la zone industrielle qui s'y est substituée. Hénin-Liétard a eu 3 000 hab. autour de 1840, puis est montée à 14 000 hab. en 1900, 22 600 en 1931, 25 000 en 1968. Comptée à 25 600 hab. en 1999, elle aurait perdu 900 hab. en 2010.

La majorité municipale est de tradition socialiste, marquée par les longues mandatures d'Adolphe Charlon (1919-1940), dont le centre hospitalier perpétue le nom, et de Jacques Piette (1969-1989), celle-ci encadrée par la famille Darchicourt, père et fils. Le maire est depuis 2001 Gérard Dalongeville, qui s'est alors opposé avec succès à son ex-camarade et patron Pierre Darchicourt dont il avait dirigé le cabinet; il est classé parmi les «divers gauche» depuis cette rupture. Il a été réélu en 2008 avec le soutien de Marie-Noëlle Lienemann, socialiste et deuxième de liste, devenue première adjointe, l'union ayant voulu éviter un succès éventuel de Marine Le Pen.

La N 43 et voie ferrée Lens-Lille desservent la commune, traversée du sud au nord par le faisceau LGV-A 1. Le territoire communal dessine une longue queue vers le nord jusqu'à la rive du canal Dunkerque-Escaut, entre les communes de Courrières et de Dourges. L'ensemble dit des Quartiers Sud-Ouest (Jean Macé) forme une «zone urbaine sensible» et «zone de rénovation urbaine» de 44 ha et 1 800 hab., incluant la cité Darcy. Une autre «zone urbaine sensible», partagée avec Montigny-en-Gohelle, correspond à la zac (zone d'aménagement concerté) des Deux Villes, au nord-ouest, qui a 4 700 hab. et 47 ha. Toutes deux sont englobées dans la zone franche urbaine d'Hénin-Beaumont, qui occupe 232 ha, habités par 7 900 personnes, mais qui est dispersée en six îlots dans six communes: outre Hénin-Beaumont et Montigny-en-Gohelle, il s'agit de Courrières où sont la «zone urbaine sensible» du Rotois et la zac (zone d'aménagement concerté) des Chauffours, de Dourges (sud), Drocourt (nord) et Rouvroy (la Chênaie).

Hénin-Beaumont a une église de 1929, classée pour son architecture de béton et son décor intérieur, une salle de théâtre et concerts, deux complexes de cinéma; elle dispose de trois collèges publics et quatre lycées publics dont deux professionnels, deux instituts médico-éducatifs (130 et 50 places), un centre hospitalier (360 lits dont 50 médicaux) et une clinique (230 lits), un centre d'aide par le travail, une maison de retraite. La Compagnie des mines de Dourges y avait exploité les fosses 2 (1854-1907) et 2 bis (1901-1971), la fosse 3 (1858-1957) qui fournissait jusqu'à 1,4 Mt/an, ainsi que les fosses 6 (Tonkin, 1865-1953) et 6 bis (Darcy 1906-1977); elle était équipée d'une centrale thermique, de lavoirs et d'une cokerie, et Hénin-Liétard en abritait aussi les services centraux. S'ajoutaient dans la commune les fosses n°1, 3 (Congo) et 6 et 7 de la Compagnie de Drocourt. Les terrils 84 et 87 demeurent au nord de la ville. Sur l'ancien site de la friche Sainte-Henriette et de son gros terril, la ville et ses voisines Dourges et Noyelles-Godault préparent la création d'une cité lacustre de 100 ha avec près de 2 000 logements, un complexe aquatique, un site pour cascadeurs avec une académie René Julienne, une piste de ski…

La commune a reçu quelques établissements de grande taille. Faurecia, du groupe PSA, y emploie 500 salariés (790 en 2005) à la fabrication de tableaux de bord d’automobiles. IGA (230 sal.), du groupe italien Antolin, fabrique des garnitures pour automobiles. Un autre gros employeur est l’abattage et traitement de volailles Moy Park (510 sal.), groupe irlandais repris par le brésilien Marfrig. Normand (65 sal.), qui fait des mâts d’antennes, et La Galvanisation de l’Artois (50 sal.), TB Fours (25 sal.), le textile Staf (30 sal.) complètent le tableau industriel. Tibiletti, du groupe français IBT, fabriquait des fours de boulanger mais a fermé en 2009. La vieille forge Meca Stamp, passée à l'Indien Blue Stamping mais en grande difficulté, a fini par être reprise fin 2012 par son directeur, mais avec 50 sal. seulement et avec l'aide des pouvoirs publics qui rachètent son site.

Hénin-Beaumont accueille aussi l’ingénierie Game (80 sal.), les analyses et essais Eurofins Ascal (amiante, 45 sal.), les installations électriques Satelec (150 sal.) et Clemessy (35 sal.), la fourniture de chaleur Dalkia (30 sal.), ERDF (30 sal.). Le tertiaire est marqué par la récente implantation d’un grand magasin Ikea (220 sal.) ouvert en 2007 ; la commune a également des magasins Leroy-Merlin (180 sal.), Castorama (110 sal.), Metro (90 sal.), Boulanger (95 sal.), Decathlon (85 sal.), Match (45 sal.), Cultura (35 sal.), les transports et entreposages Logistique France (340 sal.), Simastock (110 sal.), Geodis (35 sal.), Lille Dourges Conteneurs Terminal (50 sal.), ATS (30 sal.), les transports de voyageurs Keolis (70 sal.) et Rose (35 sal.); ambulances Mériaux (30 sal.).

La ville est le siège de la communauté d'agglomération Hénin-Carvin, qui rassemble 14 communes et 124 400 hab. Le canton a 21 800 hab. (20 600 en 1999); il associe une moitié de la commune d'Hénin-Beaumont et Noyelles-Godault; l'autre partie d'Hénin-Beaumont relève du canton de Montigny-en-Gohelle; le riche site officiel http://www.mairie-heninbeaumont.fr détaille notamment les quartiers de la commune (Nord et Ouest, Est, Sud, Beaumont).