Huelgoat

1 400 hab. (Huelgoatains), 1 487 ha dont 229 de bois, chef-lieu de canton du Finistère dans l'arrondissement de Châteaulin, 42 km au NE de Châteaulin, 30 km au sud de Morlaix. Le nom signifie en breton «le bois d'en haut» et s'écrit An Uhelgoad. Le bourg est un centre de tourisme qui bénéficie de son célèbre chaos de rochers granitiques, assez boisé (forêt de 1 000 ha), où se remarquent une roche tremblante, des grottes (du Diable, d'Artus), un théâtre de verdure, des étangs (mare aux Sangliers), un ancien camp gallo-romain également dénommé d'Artus et qui aurait été à la tribu des Osismes.

La commune a aussi des mégalithes, plus le jardin botanique de l'Argoat établi sur 1,2 ha en 1989 à partir d'un centre hospitalier et flanqué d'un arboretum de 18 ha (Poerop); moulin du Chaos; un collège public, hôpital local; un Intermarché (30 sal.). Cependant, sa population a diminué depuis 1968 où elle avait avoisiné 2 500 hab., perdant encore une centaine d'habitants après 1999. Une partie du canton forme la communauté de communes des Monts d'Arrée autour de Huelgoat (5 communes, 4 000 hab., 17 700 ha).

Le canton a 5 400 hab., 8 communes, 25 962 ha dont 3 282 de bois; étiré d'ouest en est sur 32 km, il est limité au nord par les monts d'Arrée, qu'il suit à l'ouest jusqu'au-delà du Roc'h Trévézel. Il est bordé à l'est par la vallée de l'Aulne et touche au département des Côtes-d'Armor. La plus grande partie est dans le Parc d'Armorique. Le pays est fortement dépeuplé, et accidenté autour du chef-lieu; on y a exploité jadis des mines d'argent (1 000 ouvriers en 1848), avec barrages et canaux locaux: la rivière d'Argent draine le Huelgoat vers l'Aulne.

L'extrémité orientale du canton, dans la haute plaine du Yeun Ellez au pied de la barre des monts d'Arrée, est occupée par Botmeur (230 Botmeuriens, 1 362 ha) et La Feuillée (690 Feuillantins, 3 155 ha dont 281 de bois); leurs petits bourgs sont respectivement à 19 et 12 km à l'ouest du chef-lieu; la première, qui avait plus de 800 hab. en 1900, atteint le Ménez Kador (ou Tuchenn Gador) à 383 m, et contient une partie du lac-réservoir de Nestavel; son nom évoquerait un grand domaine; la seconde, Ar Foulliez en breton, jadis An Folled, de même sens, que «feuillée», monte au Roc'h Trévézel, également à 393 m, et bénéficie des routes vers Morlaix et Landivisiau; elle est plus peuplée, mais avait plus de 2 000 hab. dans les années 1870, et encore 1 600 en 1926, plus de 1 000 en 1950; elle a toutefois regagné 70 hab. entre 1999 et 2008; négoce agricole Aquaservice (Solemco, 20 sal.).

Berrien (980 Berriennois, 5 642 ha dont 1 072 de bois), 5 km au nord du chef-lieu, dont le nom vient de l'irlandaise sainte Berrione, a une carrière de kaolin de la société Denain-Anzin, qui en exploite une autre à Loqueffret; sa population avoisinait 2 500 hab. en 1906; mais elle a gagné 40 hab. après 1999. Le Parc d'Armorique y a ouvert un musée de la lutte et des jeux bretons (Ti ar Gouven).

Plus à l'est Scrignac (840 Scrignacois, 7 094 ha dont 863 de bois), 11 km NNE de Huelgoat, a au contraire perdu une quarantaine d'habitants dans le même temps; elle offre un musée de la faune sauvage et de la chasse, installé dans l'ancienne gare. Le bourg a été détruit en 1944 par les troupes allemandes; la commune, très étendue, va au sud-est jusqu'à l'Aulne, dont la vallée encaissée est dominée par le bois de Guernaon; elle avait dépassé 3 800 hab. en 1911. Au-delà, l'extrémité nord-est du canton, bordée par l'Aulne, est dans la commune, un peu isolée, de Bolazec (210 hab., 1 747 ha), à 21 km de Huelgoat, jadis Botglazec, du nom d'une famille noble, et qui avait 940 hab. en 1911.

Locmaria-Berrien (240 Locberriennois, 1 720 ha dont 583 de bois), au SE d'Huelgoat, ancien site majeur des mines de plomb argentifère, a un territoire accidenté qui contient une bonne part des bois d'Huelgoat; sa population dépassait 900 hab. encore en 1921 et a perdu 40 hab. de 1999 à 2008. Plus au sud à Plouyé (740 Plouyéziens, 3 755 ha), la seule commune hors du parc, a été installé en 2002 un groupe d’éoliennes avec l’appui du programme européen Thermie: 4 hélices de 48 m et 3 MW ensemble. Plouyé avait plus de 2 300 hab. en 1910, 1 400 en 1950 et s'est dépeuplée jusqu'en 1999; elle arepris 50 hab. ensuite; son nom viendrait d’une sainte Hia ou Ié.