Latour-de-France

1 080 hab., 1 394 ha dont 560 de vignes, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l'arrondissement de Perpignan, 28 km ONO de la préfecture, sur la rive droite de l'Agly. Ce village du Fenouillèdes était à l'origine sur la frontière et se nommait Trignac (Triniach), puis il a pris le nom de la haute tour de défense qui protégeait les lieux. Il reste d'assez considérables ruines du château. Latour a droit à une AOC communale des côtes-du-roussillon-villages, en fait étendue aux quatre communes voisines; festival international de musique et d'art en juillet. La population communale était de 1 500 hab. en 1876 et s'est lentement érodée depuis, du moins jusqu'en 1990; le mouvement s'est stabilisé puis renversé: la commune a gagné 190 hab. de 1999 à 2009.

Le canton a 5 200 hab. (4 800 en 1999), 10 communes, 17 398 ha dont 2 387 de bois; il est limitrophe du département de l'Aude, et se divise en deux parties. L'une est dans le massif cristallin dans lequel s'est surimposé l'Agly. Planèzes (100 Planésois, 616 ha dont 150 de vignes) et Rasiguères (150 Rasiguéran, 1 372 ha dont 1 000 de bois et 337 de vignes), juste en amont dans la vallée de l'Agly, y furent des sites d'extraction de minerai de fer, entre 1866 et la fin des années 1920; elles ont une cave coopérative commune; tour de Trémoine à Rasiguères. Cassagnes (260 Cassagnols, 1 516 ha dont 412 de bois, Cassanhes en occitan), un peu au-dessus de la vallée à 9 km SO de Latour, cultive 317 ha de vignes; le village domine le barrage de l'Agly, dont la centrale électrique est dans la commune; il a repris 60 hab. de 1999 à 2009, mais il avait eua 450 hab. en 1906; château et bois de Cuxous, nombreuses cabanes de pierres sèches (capitelles).

Un peu plus loin, Caramany (Caramanh en occitan), 170 hab. (Caramagnols), 1 400 ha dont 356 de bois et 218 de vignes, 13 km au SO du chef-lieu par une petite route, domine le grand lac de barrage de l'Agly, dont le plan d'eau monte jusqu'à Ansignan. Ce barrage a été construit en 1991-1992 pour la régularisation des crues et l'irrigation; il est géré par la compagnie du Bas-Rhône-Languedoc; le barrage-poids a 250 m de long et 57 m de haut et le lac s'étend sur 170 ha dans un cadre déjà montagneux. Le village a des restes de château et de fortifications, un musée du terroir viticole. La commune est honorée par l'une des 4 appellations communales de l'AOC côtes-du-roussillon-villages; mais sa population diminue encore un peu (-20 hab. entre 1999 et 2005).

Le village de Bélesta (220 Ballestrucs, 2 052 ha dont 287 de bois et 277 de vignes), 9 km au SO de Latour, est haut perché sur la crête de partage des eaux entre Agly et Têt. Ce «Beauséjour» au milieu des vignes est volontiers dit «de la frontière» (Belestar de la Frontera en catalan) car il est situé à la limite de l'occitan (ici traité de gavatx) et du catalan. Bélesta est un beau village avec un château restauré abritant un Musée de la préhistoire, sur un site de fouilles; grotte, dolmen; un site d'éoliennes devrait y être installé.

Montner (320 Montnerois, 1 098 ha dont 172 de bois et 279 de vignes), 4 km au SE de Latour, est dans un paysage moins accidenté mais inclut sur la crête méridionale le belvédère de Força-Réal («fort royal», à 507 m) d'où l'on a une vue superbe sur le Canigou et sur la plaine. Les rois de Majorque y avaient édifié un fort sur la frontière de 1258; un ermitage s'y est substitué au 17e s.; cave coopérative. Montner a gagné 70 hab. entre 1999 et 2009. L'autre partie du canton, au NE, s'ouvre sur la basse plaine de l'Agly et les contreforts des Corbières. Estagel et Tautavel en sont les deux grandes communes.