Leucate

4 120 hab. (Leucatois), 2 355 ha, commune du département de l'Aude dans le canton de Sigean, 15 km au SSE de Sigean. Le vieux bourg, dont le nom vient des blancheurs environnantes du sel et des Corbières (du grec Leukos, blanc), situé entre mer et étang, sur le site d'une ancienne île, à 2 500 m de sa gare, reste entouré de vignes (172 ha). La plus grande partie du territoire communal, qui compte 31 km de rivages dont la moitié en bord de mer, est occupée par l'étang de Leucate, où l'on élève des huîtres; son plan d'eau, partagé avec Salses et Le Barcarès (Pyrénées-Orientales), mesure au total 6 370 ha; une petite réserve du Conservatoire du littoral a été établie sur 6 ha à la Caramoun, juste au sud du village.

Trois urbanisations littorales distinctes se succèdent en bord de mer. Leucate avait eu plus de 1 900 hab. en 1881, moins de 1 100 en 1962; la population a augmenté surtout après 1975 et a encore gagné 1 350 hab. entre 1999 et 2009 (+49%!). C’est la commune de l’Aude qui a le plus de résidences secondaires: 13 500, soit 87% de ses logements. Leucate offre aussi 3 hôtels (60 chambres), 7 campings (1 150 places). Tout au sud, Port-Leucate fait partie de l'ensemble Leucate-Barcarès, élément de la grande opération de la côte languedocienne des années 1960 avec marinas, port de plaisance de 1 100 places, yacht-club, équipements multiples dont un Aquamagic; plus un centre d'aide par le travail; l'urbanisation se prolonge côté nord par une zone naturiste qui a son propre port, au grau de Leucate, et de nombreuses constructions.

Au droit du vieux centre, Leucate-Plage est plus ancien mais s'est peu étendu au pied de la falaise. Au nord, passé le décrochement que marque le cap Leucate, la plage de La Franqui s'est développée très tôt, comme première station de l'Aude, de façon plus familiale au bord de l'exutoire de l'étang de Lapalme, dont un fort du 18e s., restauré, garde l'accès; on y pratique des sports de glisse. Leucate est le lieu de naissance d'Henry de Monfreid (1879), dont le restaurant familial contribua aux origines de la station et attira des artistes. Plus au nord se déroule la plage protégée et vide des Coussoules, entre l'étang de Lapalme et la mer, espace propice au char à voile.

La pêche à Leucate

«La pêche s'est toujours pratiquée à Leucate et plutôt dans l'étang que la mer. Avant les travaux d'aménagement de Port-Leucate, les anguilles y abondaient tellement qu'elles sont à l'origine du plat traditionnel Leucatois, la pignato ou bouillabaisse d'anguilles. Les bétounos, barques à fond plat, non pontées, étaient traditionnellement utilisées pour la pêche dans l'étang. À partir du siècle dernier, quelques embarcations plus adaptées à la pêche en mer étaient basées à Leucate Plage. Il s'agissait de barques catalanes à voile latine, que l'on tirait au sec sur la plage au retour de la pêche, ce qui justifiait alors la dénomination usuelle de l'endroit: le Barcarès de Leucate, c'est-à-dire le refuge des barques. Une technique de pêche traditionnelle particulière à la Méditerranée se pratiquait couramment sur les plages leucatoises, la traîne. Elle associait un bateau et un groupe de personnes restant à terre. De nuit, une barque allait poser un filet au large, dont les deux extrémités étaient ensuite tirées de la plage par tous les participants qui se partageaient alors le poisson. L'opération se répétait trois fois jusqu'à l'aube. Avant que le site de Port-Leucate ne soit aménagé au milieu des années 1960, des vignes y étaient exploitées par les Leucatois. ll fallait franchir le grau pour s'y rendre et un problème s'est posé pour ramener les vendanges après que l'armée allemande eut détruit la seule passerelle du lieu en 1943. Une seule solution pour transporter les lourdes comportes de bois pleines de raisins: le bateau. Et comme les petites barques que les pêcheurs utilisaient sur l'étang, les bétounos n'étaient pas motorisées, c'est à la voile que l'on naviguait! Le départ se faisait à vide du Mourral de Ville, en général par temps de marin pour que la bétouno, lourdement chargée au retour, profite du vent portant. Un petit mât, incliné vers l'avant, permettait de gréer une voile latine. Le rituel s'est poursuivi jusqu'à l'époque des premiers travaux d'aménagement de Port-Leucate et cette spécialité bien particulière a fait de Leucate le seul endroit de France où l'on vendangeait en bateau à voile.» (http://www.leucate.net).