Luz-Saint-Sauveur

1 050 hab. (Luzéens), 5 038 ha dont 901 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Pyrénées dans l’arrondissement d’Argelès-Gazost, 18 km SSE d’Argelès dans la vallée du gave de Pau, à 710 m. C’est une bourgade bien équipée en commerces et services, chef-lieu du pays Toy, au confluent du gave de Pau et de son affluent le Bastan qui descend du Tourmalet. La commune a absorbé sa voisine Villenave en 1823, puis a perdu les territoires de Gavarnie et Gèdre, devenus autonomes en 1842; elle est ainsi passée de 2 600 hab. en 1840 à 1 500 vers 1900, 1 000 en 1975. Elle s’est appelée Luz jusqu’en 1962, mais a tenu alors à s’adjoindre à des fins publicitaires le nom de Saint-Sauveur, qui est celui d’une source thermale. La population est restée à peu près stable depuis, mais a perdu 70 hab. après 1999.

Elle a une église fortifiée des 13e-14e s., venue des hospitaliers de Saint-Jean; musée du Parc et de la vallée, depuis 1982, maison de la Montagne; un collège public; commerces et services, constructions Pratdessus (50 sal.). Elle compte 5 hôtels (100 chambres), trois campings (170 places), bien plus de résidences secondaires (960) que de principales (600). Un peu en amont au-dessus du gave, on visite le pont Napoléon, construit en 1861 comme élément des stratégies thermales du Second Empire, et qui domine le gave de 67 m, en une seule arche de 47 m de portée. Une via ferrata a été installée au pont Napoléon.

Luz joue sur deux saisons. La fonction thermale reste limitée, avec 1 600 curistes par an (40 000 nuitées) et un petit casino (20 sal., groupe Tranchant), ce qui la met après Barèges et en 6e position sur les huit stations haut-pyrénéennes. Le séjour non thermal compte bien davantage. Pour l’hiver, a été aménagée la station de sports d’hiver dite de Luz-Ardiden (26 pistes, 15 remontées); en vérité elle est au NO du bourg, sur le territoire de la commune de Grust (50 hab., 952 ha), dont le village est perché à 900 m sur le versant gauche de la vallée du gave à 4 km NO de Luz. Le pic d’Ardiden lui-même (2 988 m) est nettement plus au sud; s’il domine l’horizon SO de Luz, et les lacs d’Ardiden, dont le plus grand a un plan d’eau de 11 ha, à 2 437 m, il relève du finage communal de Sazos (120 hab., 2 938 ha dont 352 de bois), dont le village est presque en fond de vallée à 3 km NO de Luz, à 830 m.

Le finage de Luz se limite à deux ensembles pastoraux méridionaux: l’un au SO, longeant celui de Gèdre, inclut les lacs de Litouese (7 ha, à 2 080 m) et Noir (5 ha, à 2 331 m) et monte jusqu’aux pics de Chanchou (2 949 m) et de Cestrède (2 947 m); l’autre au SE, assez contourné, va jusqu’au pic Long (3 192) et contient la haute vallée du Barrada, riche de trois lacs dont le plus élevé et le plus spectaculaire est le Tourrat (en gascon, gelé), de 9 ha, à 2 621 m sous le pic Long.

Le canton, frontalier, a 3 000 hab. (3 300 en 1999), 17 communes, 44 517 ha dont 4 560 de bois. Il est le plus étendu de la région Midi-Pyrénées; sa partie méridionale relève de Gavarnie et Gèdre, sa partie orientale de Barèges. Quelques petits villages se disputent les bas versants et la plaine du gave, et leurs finages s’étendent plus ou moins vers les pacages de la montagne.

Esquièze-Sère (400 hab., 152 ha), à 700 m juste face à Luz de l’autre côté du Bastan, se signale par les deux tours, l’une ronde et l’autre carrée, du château de Sainte-Marie (14e s.), qui gardait le confluent, et deux églises anciennes (11e-12e et 17e s.); la commune résulte d’une fusion de 1962; elle a perdu 70 hab. depuis 1999. Chèze (43 hab., 1 007 ha dont 349 de bois) occupe, à 670 m d’altitude sur la rive droite du Gave à 5 km NNO de Luz, un site très exposé aux avalanches et qui fut rasé en 1600 (plus de 100 morts); il y subsiste cependant une église du 13e s.

Les communes les plus étendues sont celles de Sers (85 hab., 2 991 ha, à 1 100 m) et de Betpouey (110 Betpouyens, 1 620 ha, à 1 250 m), dont les villages se font face de part et d’autre du Bastan, 4 km en amont de Luz. Le territoire de Sers occupe toute la soulane du Bastan jusqu’au Tourmalet et dépasse 2 600 m aux abords du Pic du Midi; elle englobe à l’extrême NE le cirque et le lac d’Oncet (2 250 m, 7 ha). Le finage de Betpouey s’étire vers le SE en direction du Néouvielle sans toutefois l’atteindre: il culmine au pic de la coume de l’Ours (2 855 m qui domine le lac du Pourtet (5 ha, à 2 420 m), entre les finages de Luz et de Barèges; le village est dans la vallée du Bastan à 4 km NE de Luz et conserve une église romane du 13e s.