Marcoing

1 900 hab. (Marconiens), 1 511 ha, chef-lieu de canton du département du Nord dans l'arrondissement de Cambrai, 9 km au SO de celle-ci. Le bourg est dans la vallée de l'Escaut (rive gauche) au bord du canal de Saint-Quentin; il offre un hôtel de ville flamand avec clocheton à bulbe de 1932, et le château de Talma (17e et 19e s.), ancien sanatorium fermé en 1994, en cours de conversion en logements. La commune a un atelier de menuiserie SBL (45 sal.) du groupe Lapeyre, une forcerie et des cultures d'endives. La population communale a peu varié depuis 1875, autour de 2 000 hab.

Le canton a 15 200 hab., 21 communes, 20 081 ha dont 1 068 de bois. Il est traversé par le canal de Saint-Quentin, qui emprunte la vallée de l'Escaut, et il a une spécialité de culture d'endives. Il comporte une enclave dans le département du Pas-de-Calais, à une douzaine de kilomètres à l'ouest du chef-lieu, simplement séparée par la commune de Graincourt-lès-Havrincourt et traversé par la N 30 de Cambrai à Bapaume, ancienne voie romaine. Les trois communes de l'enclave sont du nord au sud Mœuvres (450 Mœuvriens, 738 ha), Boursies (340 Bodiciens, 762 ha) et Doignies (300 Doignésiens, 740 ha).

Elles forment ensemble la communauté de communes de l'Enclave, dont le siège est à Mœuvres et qui, avec 1 090 hab., est la moins peuplée de toute la région. Chacune d'elles avait environ 900 hab. au milieu du 19e s. et toutes ont décliné jusque vers 1982, un peu plus tard pour Doignies. Boursies est sur la N 30, à 16 km OSO de Cambrai, mais reprend un peu depuis 1982; atelier France-Endives (25 sal.) et marché aux endives. Mœuvres, au nord-est, est traversée par le canal du Nord et cache un souterrain-refuge. Doignies, la plus éloignée au sud-ouest, inclut au nord de la route le château et le parc de Louverval, avec cimetière et mémorial du Commonwealth commémorant les 7 000 morts de la bataille de Cambrai (fin 1917).

Anneux (250 Anneusiens, 544 ha), 5 km au NO de Marcoing, dessine une avancée dans le département voisin. Le village a été détruit en 1917 et conserve un cimetière britannique; son finage est traversé par la N 30 et par les autoroutes A 2 et A 26, qui y communiquent par un vaste échangeur. Cantaing-sur-Escaut (440 Cantinois, 648 ha), 4 km au nord du chef-lieu, est un village-rue sur les pentes dominant l'Escaut, qui frôle la commune à l'est; il fut également détruit en 1917; moulin à eau de Cantigneul, restauré. La mention «sur Escaut» est de 1938. Anneux a eu plus de 500 hab. et Cantaing plus de 700 vers 1850 et toutes deux étaient à leur minimum dans les années 1980.

Noyelles-sur-Escaut (780 Noyellois, 460 ha) est plus proche du fleuve, à 2 km au nord de Marcoing, et a attendu 1962 pour ajouter Escaut à son nom; mais elle a mieux maintenu sa population, qui a culminé plus tard (790 hab. en 1881) et diminué moins (480 hab. en 1975). Le canal de Saint-Quentin y franchit l'Escaut par un pont-canal; la commune a des casemates restaurées et une fabrique d'aliments du bétail Novial (190 sal.) du groupe Evialis, une fabrique de matériel agricole Morteau (70 sal.). La plupart de ces communes ont gagné quelques habitants depuis 1999.

Ribécourt-la-Tour (380 Ribécourtois, 879 ha) est à 4 km au SO de Marcoing dans un vallon, et Flesquières (280 Flesquerois, 628 ha) est à 2 km au nord de Ribécourt sur le plateau. Leurs finages s'étendent entre la limite départementale et le tracé de l'A 26. Flesquières a eu 800 hab. en 1850 et n'a pas cessé de se dépeupler depuis; ruinée en 1917, elle a deux cimetières britanniques, une église de béton sur pilotis des années 1920 et un château du 19e s. (la Retraite), reconstruit après 1920. Ribécourt a également deux cimetières militaires, et une église de la reconstruction à haut clocher, ce qui lui permit d'ajouter «la Tour» à son nom en 1933; les jardins du Clos Xaviannes sont signalés. Ribécourt a eu 720 hab. en 1850, 400 en 1975 et vient encore de perdre 30 hab. en 2007.

Villers-Plouich (420 Villersois, 1 097 ha) est à 6 km au SSO du chef-lieu, au centre d'une commune étirée d'ouest en est, qui inclut à l'ouest le hameau de Beaucamp, à l'est celui de la Vacquerie, proche d'une aire de service sur l'A 26 et dont le nom a servi à désigner la communauté de communes. La commune a eu plus de 1 000 hab. vers 1850 et le nombre des habitants y est à son minimum. La commune a deux églises de la reconstruction par P. Leprince-Ringuet, deux cimetières militaires. Plouich est le même mot que plessis.

Gouzeaucourt (1 450 Gouzeaucourtois, 1 211 ha), limitrophe du Pas-de-Calais et de la Somme, est le plus gros village à l'angle sud-ouest du canton, à 11 km de Marcoing, et le siège de la communauté de communes de la Vacquerie, qui réunit 5 communes et 4 800 hab. Il sert de centre de services et de commerces et a un collège public, ainsi qu'un atelier de pièces pour automobiles Thyssenkrupp Sofedit (90 sal.). Une borne octogonale du 16e s., protégée, marquant une ancienne limite seigneuriale, symbolise aujourd'hui la limite du département; cimetière britannique, un Intermarché (20 sal.). La commune avait plus de 2 600 hab. vers 1870 et seulement 1 200 en 1954, niveau auquel elle demeure attachée.

Elle est flanquée à l'est par les villages-tas de Gonnelieu (330 Ganelons, 497 ha) et de Villers-Guislain (710 Guislanais, 1 127 ha), dont l'A 26 rase à l'est les finages. Villers a été détruit en 1917 et bien reconstruit, mais conserve plusieurs cimetières militaires. La commune a eu plus de 2 000 hab. de 1835 à 1880 et se dépeuple depuis. Gonnelieu a jadis dépassé le millier d'habitants et a également été ruinée en 1917; elle s'est accrue de 60 hab. depuis 1999, comme sa voisine.

Plus à l'est, Honnecourt-sur-Escaut (760 Honnecourtois, 1 549 ha) est à 13 km au sud du chef-lieu, sur la rive gauche du fleuve, doublé par le canal de Saint-Quentin; maison de retraite. Elle s'est nommée Honnecourt, puis Honnecourt-sur-l'Escaut en 1936, avant de perdre l'article en 1962. Elle avait plus de 2 000 hab. en 1876, et 670 hab. à son minimum de 1982; elle croît lentement depuis. Le village est le siège de la communauté de communes des Hauts du Cambrésis, qui réunit 3 communes et 1 800 hab. Le finage s'étend des deux côtés de la vallée et contient dans celle-ci le hameau d'Ossu, et sur le plateau oriental celui de la Terrière et la ferme de Rancourt, longée par la N 44. Il est ainsi limitrophe des départements de la Somme et de l'Aisne à la fois.

Un peu au nord d'Honnecourt, Banteux (330 Banteusiens, 618 ha), sur la rive gauche de l'Escaut, fait face à Bantouzelle (410 Bantouzellois, 745 ha dont 582 de bois) sur la rive droite. Banteux partage avec Gonnelieu un échangeur de l'A 26, au nord de la commune; la route qui vient de Cambrai offre une bifurcation vers l'Aisne (N 44) et vers la Somme (D 917). La ferme de Bonavis, qui dépendait de l'abbaye de Vaucelles, y arbore un beau porche-pigeonnier; entretien et réparation de machines agricoles Godefroy (30 sal.). Le finage de Bantouzelle s'étire en pointe vers le sud-est jusqu'à la limite départementale et inclut un bois près de la ferme isolée de Gratte-Planche; musée 1914-1918. Chacune des deux communes avait nettement plus de 1 000 hab. dans la seconde moitié du 19e s. et a été à son minimum en 1990.

Trois villages à l'est du canton sont remarquables par leur proximité et par le dessin de leurs finages. Les Rues-des-Vignes (690 Les-Rues-des-Vinois, 1 785 ha) est sur la rive gauche de l'Escaut, à 6 km au SE de Marcoing. La commune a été créée à partir de Crèvecœur-sur-l'Escaut en 1930 avec 830 hab., n'en avait plus que 630 en 1962 et le nombre de ses habitants a fluctué depuis. Jadis, le village se nommait Vinchy et il fut rendu célèbre par une victoire de Charles Martel en 717 contre les Francs Neustriens. Le nom a d'ailleurs été repris par la communauté de communes de la Vallée de Vinchy, dont le village est le siège et qui réunit 3 communes (1 700 hab.).

Le nom actuel était déjà attesté en 1492, après que le terroir ait reçu des vignes pour le compte de deux abbayes; on y fête à nouveau la vigne mais l'activité principale est une fabrique d'aliments pour animaux de compagnie Royal Canin (180 sal.). Le finage est partagé en deux par l'Escaut et le canal et inclut sur la rive droite le site de l'ancienne abbaye cistercienne de Vaucelles (1145), dont il reste des bâtiments restaurés des 12e et 18e s., notamment une très grande salle capitulaire, et un beau parc; il s'y tient fêtes et expositions. Un Archéosite a été aménagé sur un site archéologique fouillé dans les années 1980, et le parc de loisirs de l'Échauguette ajoute aux attraits de la commune.

Crèvecœur-sur-l'Escaut (710 Crépicordiens, 1 906 ha) est sur la rive droite de l'Escaut à 1 km au NE de la précédente. La mention du fleuve est de 1895 et la commune a eu 2 600 hab. en 1881; son minimum (590 ha.) est de 1954 mais le nombre d'habitants n'a pas beaucoup augmenté depuis. Son territoire, très affecté par l'indépendance des Rues-des-Vignes, est allongé du nord au sud sur 11 km, fort étroit en son milieu et s'épanouit au sud autour de la ferme de Montécouvez et d'un cimetière britannique. Il y occupe tout l'angle sud-est du canton et atteint la limite du département de l'Aisne. Crèvecœur a un institut médico-éducatif (70 places) et un atelier de fermetures Seeuws (35 sal., plastique et aluminium).

Sa voisine Lesdain (420 Lesdainois, 843 ha), 1 km à l'est, est dans un vallon affluent de l'Escaut, le torrent d'Esnes, et son territoire étroit s'allonge également vers le sud jusqu'au hameau de Mézières. Elle est en 2010 à son minimum de peuplement.

En aval de ce triplet et à 2 km seulement de Marcoing, à l'est, et à l'endroit où la N 44 franchit l'Escaut et le canal de Saint-Quentin, Masnières a dépassé 2 000 hab. Rumilly-en-Cambrésis (1 500 Rumillons, 676 ha) la suit juste au nord sur le plateau le long de la N 44, au point que leurs maisons se confondent. Le village a été détruit en 1917; la commune conserve un menhir de grès dit Peulvan d'Hermès, découvert en 1971, et un tumulus; elle a un négoce de matériaux (GD, 30 sal.). La mention Cambrésis a été ajoutée en 1933. Rumilly a eu plus de 2 000 hab. entre 1870 et 1914, dont 2 200 en 1896, et a eu son minimum en 1954 (1 300 hab.); la population fluctue depuis, mais plutôt à la hausse.