Marquise

5 200 hab. (Marquisiens), 1 346 ha, chef-lieu de canton du Pas-de-Calais dans l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer, 15 km NNE de Boulogne. La ville est au bord de la Slack sur la route de Boulogne à Calais, reprise et aménagée par l’A 16 à laquelle elle a deux accès. Elle a été et demeure un centre réputé d’extraction de pierre à bâtir (marbre de Marquise) et d’industrie métallurgique, avec hauts fourneaux. Les carrières restent actives. Les autres principaux employeurs sont une métallennerie Lenglet (110 sal.) et les viandes de volailles Moy Park (110 sal.); gardiennage GSE (35 sal.).

Marquise a un collège public et un privé, un lycée professionnel public, une maison de retraite, des supermarchés Intermarché (50 sal.) et Carrefour (30 sal.). La commune avait déjà 4 400 hab. en 1866 ; sa population s’est ensuite abaissée (3 200 hab. en 1896), est remontée à 5 000 hab. autour de 1870 et a encore fluctué ensuite. Puis elle a gagné 610 hab. de 1999 à 2010. La ville est le siège de la communauté de communes de la Terre des Deux Caps, qui rassemble 21 communes et 21 600 hab. L’Insee voit Marquise à la tête d’une «unité urbaine» de 13 400 hab., mais sans «aire urbaine».

Le canton a 22 000 hab., 21 communes, 18 334 ha dont 834 de bois. Rinxent prolonge à l'est la ville de Marquise et en accueille la gare. Rety a également dépassé 2 000 habitants. Ferques (1 900 Ferquois, 897 ha), 6 km ENE de Marquise, est traversée au sud par la voie ferrée de Boulogne à Calais; elle avait des carrières, et une mine de houille au hameau d'Élinghen, intégré en 1790, qui fut la dernière du Boulonnais (1921-1950). Les carrières de marbre et de kaolin sont encore exploitées par les Carrières du Boulonnais (250 sal.) et Stinkal (40 sal.). Les ruines du monastère de Beaulieu et le bois de Beaulieu sont tout à l'est. Ferques organise un festival de musique électronique Agoraphones; la population croît depuis les 1 000 hab. de 1901.

Un peu au nord, Landrethun-le-Nord (1 200 Landrethunois, 770 ha) prolonge les habitats de Ferques; un site expérimental de V3 avait été établi à Mimoyecques en 1944 mais, copieusement bombardé, n'avait pu être mis en service; un musée a été aménagé dans la forteresse. La population communale croît depuis 1954 (430 hab.) et a gagné 300 hab. de 1999 à 2010; soit un tiers.

La plupart des autres communes sont de petite taille, sauf Ambleteuse sur le littoral. Cinq sont au sud. Beuvrequen (410 Beuvrequentois, 475 ha) est à 3 km au SO du chef-lieu, bordée au nord par la Slack et au sud et à l'est par l'autoroute. Wacquinghen (240 Wacquinghenois, 247 ha) est à 5 km au SO du chef-lieu, en bordure d'autoroute; elle s'orne du château et du parc de Berguette (18e s.). Maninghen-Henne (340 Maninghenois, 399 ha) est un peu plus au sud, sous les hauteurs du mont de Colembert (115 m) et à 7 km du chef-lieu. Ancienne fraction de Wimille et nommée alors Maninghen-au-Mont, elle s'est appelée Maninghen-Wimille de la Révolution à 1929. Henne, précédemment Hennes, est un lieu-dit de la commune, où fut jadis un château. La commune n'avait que 110 hab. en 1975. Un musée de la meunerie est aménagé dans un ancien moulin.

Offrethun (270 Offrethunois, 282 ha) a un fort petit territoire à 3 km au sud de Marquise; le manoir d'Escœult y a un jardin remarqué. Beaucoup plus étendue, et en lente croissance depuis 1954 (620 hab.), Wierre-Effroy (800 Wierrois, 1 891 ha) a son centre à 5 km au SE de Marquise, mais un habitat très dispersé dans les collines; elle détient le château de la Briamerie, et la ferme du Val, du 16e s. à tourelle; transports Louvet (45 sal.).

Six autres communes sont proches de Marquise à l'ouest et au nord, sans atteindre le littoral. Hervelinghen (240 Hervelinghinois, 589 ha) est au pied du talus septentrional de la fosse du Boulonnais, à 9 km au nord du chef-lieu: elle aurait gagné 60 hab. de 1999 à 2006, soit un tiers de plus. Saint-Inglevert (750 Labigeois, 660 ha) est un peu plus à l'est, à 8 km NNE de Marquise et sur le plateau de revers de la côte. Son chœur d'église, du 14e s., est inscrit. Sa population a gagné près de 200 hab. de 1999 à 2010, presque un tiers. La commune est faite de trois petits villages, les deux autres étant Hauteville et Wadenthun, et de la ferme de l'Abbaye au sud-est; elle est traversée par l'A 16; au nord est un aérodrome de loisirs privé, avec aéroclub et piste de 800 m, issu d'une piste construite pendant la dernière guerre par les Allemands, ensuite abandonnée puis reprise en 1989. Le nom n'est pas celui d'un saint, mais la déformation d'un nom originel Santingheveld, le champ d'un certain Cento ou Santinius.

Leubringhen (330 Leubringhenois, 798 ha) est comme Hervelinghen au pied du talus, qui se nomme ici mont de Coupe, à 5 km NNE de Marquise et près de l'autoroute, qui traverse son territoire. Les ruines du château de Blacourt s'aperçoivent à l'est. Sa population est également en progression: 70 hab. de plus de 1999 à 2010 (un quart). Audembert (440 Audembertois, 750 ha) l'accompagne vers l'ouest, sous le signal de Saint-Inglevert (162 m) qui couronne le talus et offre un superbe panorama; elle accueille un négoce agricole de la coopérative La Flandre et contient la réserve naturelle du mont de Couple (14 ha) et les manoirs de Noirbernes et de Warcove, du 17e s.; elle a gagné 80 hab. de 1999 à 2010.

Leulinghen-Bernes (420 Leulinghenois, 690 ha), qui se nommait Leulinghen avant 1921, est à 2 km au nord de Marquise et également traversée par l'autoroute; travaux publics Ramery (40 sal.). La fille de Charles VI y épousa Henri V d’Angleterre en 1420 cinq ans après la bataille d’Azincourt, ce que la commune célèbre par des fêtes dites médiévales. Leulinghen a gagné des habitants depuis 1962 (240 hab.). Son finage est défoncé par le site d'une ancienne carrière, orné d'un étang, dans le prolongement des carrières de Ferques. Bernes est un petit vilalge autonome à l'ouest, de l'autre côté de l'A 1.

Bazinghen (430 Bazinghenois, 1 320 ha), également en progrès, a crû de 80 hab. entre 1999 et 2010; c'est une commune plus étendue à l'ouest de Marquise, dont le territoire touche au sud à la rive droite de la Slack et s'élève à 122 m au mont de la Louve; elle contient le manoir-ferme de Bertinghen, typique de l'architecture du Bas-Boulonnais.

Quatre communes se partagent le littoral au nord d'Ambleteuse. La plus peuplée est Wissant, petite station balnéaire.Tardinghen (170 Tardinghenois, 872 ha) est un petit village à 3 km au sud-ouest de Wissant, un peu en retrait de la côte, passé à plus de 160 hab. en 2006; son finage compte 2 km de plage sous les dunes du Châtelet, qui barrent un marais, et monte au sud-est au mont Plouvin (89 m); mais l'hébergement touristique fait défaut. Audresselles (710 Audressellois, 572 ha) est un village du rivage, 2 km au nord d'Ambleteuse; lui aussi ancien site de pêcheurs-naufrageurs, il est devenu «village de charme», orné d'une église à tour fortifiée et de bateaux d'échouage (flobarts) et offrant un site de glisse; la commune a 300 résidences secondaires (la moitié des logements) et 290 places de camping (4 terrains). Elle n'avait que 420 hab. en 1962 - mais 750 vers 1830.

Audinghen (600 Audinghenois, 1 309 ha), à 10 km NO de Marquise, est en fait un village de l'intérieur; mais c'est de son territoire que relève le cap Gris Nez, point de contact officiel de la Manche et de la mer du Nord et point de la France le plus proche des Îles Britanniques. Le cap, haut d'une quarantaine de mètres, à sommet de grès tithoniens et base de calcaires kimméridgiens, est couronné par les ruines d'un fort du 16e s. et offre un large panorama sur les mers et même sur la côte anglaise. Un musée du mur de l'Atlantique y est établi. Petite station balnéaire, Audinghen a deux campings (190 places) et 260 résidences secondaires, la moitié des logements. Son phare de 1957 et de 31 m de haut, érigé à 72 m d'altitude, a une portée de 29 milles. La commune abrite un Cross (Centre régional opérationnel de surveillance et sauvetage) pour les secours en mer. Sa population, un peu augmentée de 1975 à 1999, n'a guère changé depuis.