Mas-Cabardès

210 hab. (Mascabardésiens), 909 ha dont 700 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Aude dans l'arrondissement de Carcassonne, 25 km au nord de Carcassonne au bord de l'Orbiel. Ce petit centre déchu, dont la population atteignait encore 600 hab. vers 1900 et 450 un demi-siècle plus tard, est assez isolé dans la partie la plus accidentée du Cabardès, où s'enfonce profondément la vallée de l'Orbiel; il conserve une belle église à clocher octogonal du 12e s. La commune s'étire jusqu'à la crête de la Montagne Noire au bord du Parc et à la limitedépartementale, où l'altitude dépasse 900 m.

Le canton a 2 400 hab. (2 100 en 1999), 15 communes, 15 602 ha dont 7 345 de bois et garrigues; il est limitrophe du département du Tarn. Les Martys (280 Martysais, 1 918 ha dont 1 300 de bois), 12 km au NO du Mas, en occupent la partie la plus élevée (969 m à la Garnison), que traverse la route de Carcassonne à Mazamet dans un site forestier au-dessus du lac voisin de Laprade; la population a augmenté de 80 hab. depuis 1999. Caudebronde (180 Caudebrondais, 622 ha dont 350 de bois), dont le village est à 14 km à l'ouest du chef-lieu (moins de 5 km à vol d'oiseau) au fond de la vallée encaissée de la Dore, laquelle devient la Rougeonne après Montolieu, a reçu 2 éoliennes Vestas 4 MW Grand-Bois en 2010, pour Eole-Res.

Tout au NE, le canton monte jusqu'au pic de Nore (1 211 m), point culminant de la Montagne Noire situé dans la commune de Pradelles-Cabardès (160 Pradellois, 2 061 ha dont 1 400 de bois), dont le village se tient à 820 m, à 14 km du chef-lieu mais plus accessible de Mazamet (19 km); un site éolien de 20,8 MW y a été ouvert en 2006 avec 6 machines Bonus et 6 Siemens pour Eole-Res (parc du Haut-Cabardès), en partage avec Cabrespine (canton de Peyriac-Minervois).Roquefère (80 Roqueférois, 806 ha dont 663 de bois), juste à l'est du Mas, a un château féodal remanié au 17e et au 19e s., où se représentent des spectacles en été; elle est le siège de la communauté de communes du Haut-Cabardès, qui correspond sensiblement au canton (14 communes, 2 200 hab.).

En aval du Mas sur l'Orbiel, Lastours (170 Lastourois, 280 ha), 7 km au sud du Mas, est plus connue, pour son site sauvage, les ruines des Quatre Vieux Châteaux et les grottes voisines, qui en firent un haut lieu de résistance du catharisme (spectacles son et lumière); le château de Cabaret est à l'origine du nom du Cabardès et une appellation de vin de pays des côtes-de-lastours est étendue à 19 communes du Cabardès. Deux groupes de trois et sept éoliennes (ensemble 3,2 MW) avaient été installés dans la commune; ils ont été remplacés en 2010 par 5 machines Enercon (11,5 MW) pour Aerowatt-JMB, au Plan de Pal.

C'est tout près que se trouve le village de Salsigne (380 Salsignolais, 1 148 ha), à 19 km au nord de Carcassonne, aux environs duquel ont été exploitées plusieurs mines sur des filons d'or (et d'arsenic) du massif ancien; un téléphérique de 4 km relie la dernière mine à la vallée de l'Orbiel, dans le canton de Conques. La population de la commune avait pu monter à plus de 900 hab. dans les années 1940 et a fortement chuté après 1970. Villanière (1140 Villaniérais, 704 ha dont 167 de bois), sur la croupe qui domine les deux villages de Lastours et Salsigne et un peu au nord, a été le site de l’une des deux exploitations minières de l’or de Salsigne; elle a gagné 40 hab. de 1999 à 2009.

Salsigne et la mine

Salsigne a longtemps été la seule mine d'or française. L'or y a été découvert en 1892 dans un gisement de minerai de cuivre, puis dans une ancienne mine de fer. L'exploitation a été engagée en 1924 par une société franco-belge dite MPCS (Mines et produits chimiques de Salsigne); la mine a ensuite été acquise par des capitaux canadiens en 1950, puis est passée à la société d'État Coframines sous l'égide du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) en 1980. Le gisement fut alors exploité à moitié en mine, à moitié en découverte, au rythme de 300 000 t/an; l'or existe à environ 5 à 8 grammes par tonne de minerai, ce qui donnait environ 2 tonnes d'or par an; il est accompagné d'arsenic (jusqu'à 10%), d'argent, de cuivre, de bismuth et de soufre. Au total, on estime que 50 t d'or ont été extraites. Mais il s'agissait d'une exploitation coûteuse et surtout très dangereuse, tant en raison de la teneur en arsenic des minerais que des procédés de traitement au cyanure, dans une unité spéciale construite à Lastours. La baisse des prix de l'or a provoqué un premier arrêt avec dépôt de bilan en 1991; le gisement, rebaptisé MOS (Mines d'or de Salsigne) a alors été repris par la société australienne Elvin en 1992 et assorti d'une société pour le traitement des déchets par pyrométallurgie (1993-1996).

Le gisement s'étend sur cinq communes, Salsigne et Villanière pour l'extraction de l'or, Lastours, Limousis et Sallèles-Cabardès pour le stockage et le traitement des déchets sur le site de la Combe du Saut. L'exploitation a mobilisé jusqu'à 600 personnes à la fois; l'effectif était tombé à 180 au moment de la fermeture définitive en juin 2004. Depuis, quelques dizaines de personnes poursuivent le traitement des déchets, qui risquent autrement de polluer gravement les eaux de l'Orbiel. Durant les quinze dernières années, les mineurs de Salsigne ont mené de nombreuses luttes contre les conditions d'exploitation du gisement, puis contre la fermeture du site, tandis que montaient alentour les craintes provoquées par la chimie du site. Salsigne reste un point noir du département de l'Aude après avoir été un sujet d'originalité, sinon de fierté.