Monêtier-les-Bains (Le)

1 000 hab., 9 787 ha dont 1 480 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l'arrondissement de Briançon, 14 km au NO de la ville à 1 495 m. C'est le principal bourg de la vallée de la Guisane, au bas de son adret. Le territoire communal est très étendu. Au nord, il atteint le pic des Trois Évêchés (3 116 m), le col du Galibier (2 642 m), le pic de la Moulinière plus à l'est (3 073 m); la limite orientale suit la crête entre Guisane et Clarée, et fixe aussi la limite de la zone périphérique du parc des Écrins. Au sud-est, le finage monte au Grand et au Petit Arée (2 868 et 2 487 m). La limite occidentale est plus élevée. Elle passe par le col du Lautaret (2 058 m), le principal pic de Combeynot (3 155 m), inclut le lac de Combeynot à 2 555 m et le petit lac d'Arsine (2 463 m) mais divise le glacier d'Arsine, passe par la montagne des Agneaux (3 663 m) et le pic de Dormillouse (3 409 m) et culmine à la pointe des Arcas (3 478 m), qui marque l'angle sud-ouest du finage. Ces hauts sommets du massif du Pelvoux dominent les glaciers du Casset et du Monêtier.

La crête orientale est incluse dans le champ de tir du mont Thabor; mais elle est parcourue par le GR 57, est ornée par le Grand Lac à 2 282 m sous la Moulinière, et bénéficie au nord du prestige et du trafic du Galibier, facilité depuis 2002 par la remise en état d'un tunnel routier évitant les derniers lacets. La crête occidentale, au contraire, fait partie du pac national des Écrins et attire les alpinistes. Au-dessous, ce versant d'ombrée est en partie boisé et, surtout, participe à la grande station de ski dite de Serre-Chevalier (station de Serre-Chevalier 1 500) dont le point culminant est le pic de l'Yvret (2 830 m), accessible par téléphérique.

La commune a plusieurs hameaux, rehaussés de chapelles anciennes, certaines à fresques; le plus haut est le Lauzet (1 630 m), où se maintient une ferme fromagère (les Boussardes); celui du Casset, en amont du Monêtier à 1 520 m, a reçu une Maison du Parc; au Freyssinet, tout au sud, de l'anthracite fut extrait de la fin du 18e siècle à 1973. La nationale 91 suit le cours de la Guisane, rive gauche. Le Monêtier a un musée d'art sacré, une maison de la Nature (surtout pour la chasse).

Des sources chaudes (44 °C) sont à proximité du bourg. Connues des Romains qui nommaient le lieu Stabatio, elles ont été utilisées au 18e et au 19e s.; la mention «les Bains» date de 1893. Puis, apparemment victimes des sports d'hiver, elles furent abandonnées. Un grand projet de remise en exploitation a été lancé; un petit établissement, d'usage surtout local, a déjà été ouvert en 1999. Les principaux établissements sont ceux de l'hôtel Alpazur (35 sal.) et de l'Auberge du Choucas (25 sal.); la commune a un village de vacances et de nombreuses résidences; Arts et Vie doit ouvrir un centre de vacances de 450 lits à la Cime du Pré Chabert. Le Monêtier enregistrait au total 1 500 résidences secondaires en 1999. Mais sa population avait atteint 2 800 hab. en 1846 et dépassait encore 2 000 hab. en 1896, avant de s'affaisser jusqu'à 730 hab. de 1938 à 1964.

Le canton a 3 600 hab., 3 communes, 15 917 ha dont 3 108 de bois. La-Salle-les Alpes (1 000 hab., 3 542 ha dont 644 de bois) est à 6 km au sud-est du Monêtier, à 1 400 m, hors de la zone périphérique du Parc des Écrins. La mention «les Alpes» est de 1987. La commune, «station verte de vacances», a eu plus de 1 400 hab. au milieu du 19e s., à peine 500 au début des années 1950; sa population a augmenté jusqu'en 1982 et diminue depuis: elle a perdu 80 hab. de 1999 à 2004; mais La Salle affiche près de 3 000 résidences secondaires. L'habitat ancien est fait de plusieurs hameaux proches, un peu au-dessus de la Guisane et des deux côtés; église à éléments du 12e s., avec un beau porche à fines colonnes du début du 16e s.

Son finage s'étire sur les deux versants de la Guisane, mais il est étroit. C'est assez néanmoins pour inclure sur l'ubac de rive droite la partie centrale de la station de ski de Serre-Chevalier (Serre-Chevalier 1400), qui tire son nom du pic situé à la limite de la commune de La Salle et de celles de Saint-Chaffrey et de Puy-Saint-André. Les principaux établissements de la commune sont associés à la station: ses services emploient 130 salariés, le Club Méditerranée 25 sal., l'hôtel Le Grand Aigle 35. La commune a huit villages de vacances et propose un musée rural (Autrefois mon village). Vers le nord, le finage de La Salle monte jusqu'au col de Cristol (2 483 m) et descend au-delà, au-dessus de Névache, incluant les petits lacs de Cristol (2 246 m) et de l'Oule; il culmine à 2 750 m à la Croix de la Gardiole.

Saint-Chaffrey (1 600 hab., 2 588 ha dont 984 de bois) est la commune la plus méridionale du canton, juste au nord de Briançon à 1 360 m. Son ubac monte au sommet de Serre-Chevalier et inclut la partie de la station de ski dite Serre-Chevalier 1 300, où sont les téléphériques qui partent du hameau de Chantemerle. La commune a quatre villages de vacances et, au total, plus de 2 100 résidences secondaires. Sa population augmente depuis le minimum de 1968 (830 hab.); elle était restée autour de 1 300 hab. entre 1830 et 1886. L'adret est plus étendu au nord du village et abrite plusieurs hameaux; tout au nord, le col de Granon (2 404 m) est accessible par une petite route et accueille le hameau du Fort de Granon, auquel on accède aussi par télécabine et d'où l'on a une large vue sur Serre-Chevalier et le massif de la Meije-Pelvoux.