Montignac (Dordogne)

2 900 hab. (Montignacois), 3 715 ha dont 1 580 de bois, chef-lieu de canton de la Dordogne dans l’arrondissement de Sarlat-la-Canéda, 26 km NNO de la ville. Le bourg, des deux côtés de la Vézère et au confluent du Doiran qui vient de l'est, a des ateliers du bois, des maisons à galeries sur la rivière, un musée Eugène Le Roy, le fameux auteur de Jacquou le Croquant, un institut pour enfants, un collège public; imprimerie de la SFC (Société française de continu, 100 sal.), Intermarché (45 sal.), charpentes Fima (35 sal.). Surtout, Montignac est le lieu de la grotte ornée de Lascaux, découverte par des enfants en 1940 dans le relief au sud du bourg, une des merveilles mondiales de l’art pariétal; mais la grotte est fermée au public depuis 1963, ce qui a conduit à proposer aux touristes la visite d’une reconstitution aux environs (Lascaux II).

Aux environs, sur le relief, a été trouvé le gisement préhistorique du Régourdou et s'est établi un village de vacances; le lieu, considéré comme consacré jadis à un culte de l'ours, abrite quelques ours vivants… Au pied sont un autre village de vacances, le château de Puy Robert et le gros hameau de Brénac. Le finage s'étend aussi au nord de la Vézère, où est le château de Coulonge dans un vallon à étangs. Au nord-est, la plaine de la Vézère s'élargit dans une zone de confluence où débouchent la Laurence et d'autres vallons venant du nord, où s'est développé l'habitat. Montignac est le centre amont du pays des grottes préhistoriques du Périgord Noir, Le Bugue lui répondant en aval. Elle est aussi le siège de la communauté de communes de la vallée de la Vézère (12 communes, 6 400 hab.). Sa population augmentait lentement depuis les 2 700 hab. de 1954, mais sans avoir retrouvé les 4 000 hab. de 1851, et elle aurait perdu 150 hab. après 1999.

Le canton de Montignac a 8 800 hab. (8 300 en 1999), 14 communes et 29 370 ha (dont 14 172 de bois; il s’étend de part et d’autre de la vallée encaissée de la Vézère et abonde en grottes et en châteaux, que chaque commune s’efforce de mettre en valeur. Les populations sont inférieures à celles du 19e siècle, mais reprennent corps depuis les années 1970. Au nord de Montignac, à 6 km, Auriac-du-Périgord (430 hab., 1 863 ha dont 630 de bois) est dans la vallée de la Laurence, qui rejoint la Vézère un peu en amont de Montignac et divise en deux le finage. La commune a une église inscrite du 12e s., offre un musée de la médecine et abrite à l'ouest du village le château de la Faye; miellerie, menuiserie Séguy (20 sal.).

À 3 km au NE du chef-lieu, Aubas (620 hab., 1 753 ha dont 763 de bois) est sur la rive droite de la Vézère, son église des 12e et 15e s. est inscrite. Son finage s'étend surtout vers l'est et le sud dans les fortes collines du causse, mais aussi au nord-ouest dans la plaine de confluence de rive droite de la Vézère, englobant le hameau de Laudigerie. La commune accueille une usine des meubles Rouchon (descendue de 50 à 20 sal.) et s'orne des châteaux de Sauvebœuf au nord-est sur la rive droite de la Vézère, de Brégadelle au sud dans les collines; elle a gagné 120 hab. de 1999 à 2008. La mention «du Périgord» a été ajoutée en 1925. Les Farges (350 Fargiens, 814 ha dont 471 de bois) est une autre commune du nord du canton, dont le village est à 7 km NE de Montignac, un peu isolé dans les collines boisées; son finage atteint au nord-est la vallée du Cern aux abords du Lardin-Saint-Lazare, et son habitat comporte au sud, sur une grosse butte au-dessus de la Vézère, l'ancien hameau du Cheylard où sont des restes d'église et de tour. La commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2007.

Isolé dans un vallon du causse au nord-est du canton, 9 km à l'est de Montignac et 22 km au nord de Sarlat, Saint-Amand-de-Coly (400 hab., 2 640 ha dont 1 500 de bois) est un «village de charme» et «village de caractère» aux maisons anciennes, site d'une abbaye classée (12e et 14e-15e s.) et lieu de manifestations estivales. Son grand finage va au-delà de la vallée de la Chironde vers l'est, au-dessus de laquelle se perche le hameau de Larnaudie, et à celle du Doiran à l'ouest, où est le château de la Grande Filolie (14e au 16e s.). Le finage est traversé par la D 704, ancienne N 704 de Limoges à Cahors. La commune a eu plus de 1 000 hab. de 1841 à 1868 et a connu son minimum de population en 1982 avec 300 hab.; elle a gagné 40 hab. de 1999 à 2007. La Chapelle-Aubareil (460 Chapellois, 1 985 ha dont 1 132 de bois) est à 8 km au SSE de Montignac et occupe le sud-est du canton, le village a une église abbatiale fortifiée (12e s.). Le finage, bopisé, a plusieurs clairières, à l'ouest, la vallée du Turançon contient un lac de barrage; les hameaux se dispersent sur les croupes. La commune a eu 1 000 hab. en 1856, 280 en 1975 et gagne encore des habitants (+80 de 1999 à 2008).

Les autres communes sont liées à la vallée de la Vézère et à ses ressources préhistoriques. En aval de Montignac à 6 km, Thonac (260 hab., 1 162 ha dont 502 de bois) est sur la rive droite de la Vézère au confluent du Thonac dont la vallée s'encaisse au nord. Sur la vigoureuse butte du Thot qui domine au nord le village, se sont établis un parc zoologique et le centre d’art préhistorique dit Espace Cro-Magnon; au pied, au bord de la rivière, est le château de Losse (16e-17e s.), tour carrée penchée de la Vermondie dans les collines à l'ouest. Valojoulx (260 hab., 1 179 ha dont 780 de bois)) est un petit village 2 km à l'est de Thonac dans la vallée du Turançon, doté d'une église inscrite du 12e s.; son finage s'étend des deux côtés de la vallée et atteint au sud celle de la Seignolle. Entre Turançon et Seignolle, sur les collines, le site des Cabanes conserve des cabanes jumelées de pierres sèches; gisement préhistorique de la Combe. Au nord sont les gros hameaux de la Fraysse sur le plateau, des Bories dans la plaine de la Vézère face au château de Lose; au sud, châtezu du Masnègre. Sergeac (210 hab., 1 071 ha dont 606 de bois, musée) est un petit village sur la rive gauche de la Vézère 2 km au sud de Thonac, avec une église classée du 12e s.; c'est dans le relief au sud du village, dominant directement un coude de la Vézère, qu'ont été découverts les gisements préhistoriques de Castel-Merle et du Conquil, un parc préhistorique y a été aménagé. Le finage monte au sud sur le relief, où s'isole le hameau de Montargnac.

Saint-Léon-sur-Vézère (440 hab., 1 376 ha dont 614 de bois) est à 10 km au SO de Montignac, sur la rive droite de la Vézère. La commune a une église classée des 12e et 17e s., plusieurs châteaux (14e et 16e s.) et d’autres grottes, et même un parc aux Dinosaures, et a obtenu son classement dans les «plus beaux villages de France». Son finage comprend au nord un beau cingle de la Vézère à la côte de Jord. Chaban et le château de Chaban (13e et 15e-18e s.), issus d'une paroisse intégrée dès les années 1790, sont juste à l'ouest, où le finage englobe le puissant relief entre la Vézère et son affluent de droite le Vimont; les gisements préhistoriques de la Rochette et de Sous le Roc sont au pied de ce relief à l'est. Le finage s'étend peu au sud de la Vézère, mais loin vers le nord entre les finages de Thonac et de Plazac.

Peyzac-le-Moustier (150 hab., 1 010 ha dont 671 de bois) est une commune au finage complexe. Le vieux village est sur le relief qui domine à l'est le cours encaissé de la Vézère; il s'y est assorti d'un arboretum. Son territoire s'étend vers le sud-est sur le plateau, jusqu'à la vallée de la Petite Beune. Au sud-ouest, l'escarpement de la Roche Saint-Christophe domine directement la Vézère, un musée est aménagée en contrebas. En face, au nord, le finage de Peyzac a une petite extension sur la rive droite. C'est là que sont le village du Moustier et, juste au-dessus sur le promontoire de confluence de la Vézère et du Vignon, l'abri préhistorique du Moustier, éponyme du moustérien. Le Moustier a une église inscrite du 12e s. La réunion de Payzac et du Moustier date des années 1790, mais le nom fut ensuite Payzac-de-Montignac et n'a pris sa forme actuelle qu'en 1925.

Trois communes, vers l'ouest, sont à l'écart de la vallée de la Vézère. Fanlac (150 hab., 1 437 ha dont 856 de bois) est sur une forte croupe, au-dessus de la vallée du Thorac à 7 km à l'ouest de Montignac, château du Sablou au nord-est, d'Auberoche (14e et 17e s.) dans le vallon du même nom au sud-ouest, tributaire du Thorac. Plazac (760 hab., 3 377 ha dont 1 804 de bois), à 15 km OSO de Montignac, est un village compact dans la vallée encaissée du Vimont; le château des Évêques (12e au 17e s.) y abrite un musée d'art sacré. La commune a gagné 150 hab. de 1999 à 2007.

Un peu plus loin à l’ouest, à 22 km de Montignac par la route et 11 km au nord des Eyzies, Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac (1 600 Rouffignacois, 5 990 ha dont 2 243 de bois) a pour centre un village qui fut brûlé par les Allemands en 1944, puis reconstruit, assez étoffé sur une grande croupe, et qui a absorbé la commune voisine de Saint-Cernin-de-Reilhac (au sud-ouest) en 1972; atelier de chimie Alcal (DPP, 30 sal., désinfectants). La commune a gagné 60 hab. de 1999 à 2008. Elle produit des fraises et se pare de la célèbre grotte ornée de Rouffignac, au Cro de Granville à la limite sud-est de la commune face au village de Fleurac; elle compte 11 km de galeries. Le finage va loin vers le nord, où l'Herm conserve les ruines d'un château sur une butte (15e et 16e s.).