Olette

390 hab., 2 895 ha dont 680 de bois, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l'arrondissement de Prades, 16 km OSO de Prades, à 620 m. Le village, Oleta en catalan, est dans le fond de la vallée de la Têt sur la rive gauche; il a quelques commerces, et une centrale électrique. La commune a eu 1 286 hab. en 1851, quelques industries et une mine de spath-fluor, mais n'a plus d'activité secondaire; elle s'est dépeuplée sévèrement jusqu'en 1999, mais a repris 40 hab. de 1999 à 2009. Elle propose une Maison du Haut-Conflent, avec exposition permanente. Des tours ruinées sont dans la vallée de la Têt en aval d'Olette, au hameau de la Bastide qui vient d'une forteresse du 14e s., près de l'usine de spath-fluor, fermée en 1993.

Le territoire communal s'étire sur 11 km vers le NO sur les deux versants de la vallée de la rivière d'Évol, et atteint les abords du Madrès au pic des Gourgs (2 351 m) au pied duquel scintillent les eaux du Gourg Nègre, petit lac de cirque à 2 082 m. Le hameau d'Évol, intégré en 1827, est apprécié pour ses maisons de schiste à toits de lloses (lauzes); perché sous les ruines d'un ancien château, il fut siège d'une seigneurie. Dans l'église romane, subsiste un assez célèbre retable gothique sur la vie de saint Jean Baptiste; musée d'arts et traditions, cabinet littéraire de l'écrivain Ludovic Massé.

Le canton a 1 600 hab., 15 communes, 32 019 ha dont 11 084 de bois. Il s'étend sur 30 km du NO au SE, entre la limite départementale de l'Ariège et la frontière espagnole et prend ainsi en écharpe trois unités distinctes: le versant un peu aride des Garrotxes au nord, qui monte jusqu'au Madrès (2 469 m); la vallée de la Têt au centre, et son couloir de circulation; l'ombrée boisée du massif du Canigou au sud. Au nord dans les Garrotxes, c'est le petit village de Sansa (24 hab., comme en 1990, 2 227 ha dont 410 de bois), 17 km NO d'Olette à 1 486 m, qui tient tout le versant sud du Madrès; mais ce beau village déchu de schistes et d'ardoises (lloses) adhère à la communauté de communes du Capcir, à laquelle il a un accès direct par deux cols, de la Sansa et de Creu, franchis par de petites routes plutôt meilleures que celle qui mène à Olette; sa population avait atteint 250 hab. dans la première moitié du 19e s. et encore 160 en 1906; elle était tombée à 7 hab. en 1999.

Plus au sud, Ayguatébia-Talau (48 hab. dits Carallols, 2 968 ha dont 1 300 de bois), dont le village central est à 1 365 m, réunit depuis 1982 deux anciennes communes tout aussi dépeuplées l'une que l'autre, d'une vingtaine d'habitants chacune, mais qui en comptaient 700 au 19e siècle. La commune atteint au sud le pic de la Tausse (2 034 m) et contient la plus grande partie du terrain militaire d'exercice de Mont-Louis (camp de la Tausse, avec un fort de la fin du 19e s.). La limite orientale du finage suit la rivière des Cabrils, qui descend directement sur Olette; Ayguatebia, dont le nom signifie eau tiède, avait plus de 550 hab. en 1836, et Talau 150.

Le village de Canaveilles (Canavelles, 49 Canaveillois, 1 095 ha dont 384 de bois), 4 km au SO d'Olette, est perché à 930 m sur une échine de la soulane du Conflent; son finage s'étire vers l'ouest parallèlement à la Têt jusqu'à la serre de Clavéra (1 995 m), incluant l'intéressant hameau de Llar, à 1 200 m, réuni en 1821 et qui conserve une église romane et une ancienne tour; la commune a eu 315 hab. en 1846 et l'on y a exploité du cuivre; en bas se niche Canaveilles-les-Bains, dont l'établissement thermal a disparu dans un incendie en 1984.

Le petit village d'Oreilla (16 Oreillanais, 1 603 ha) est également perché en soulane, à 860 m, mais très près d'Olette et son finage suit vers le nord le ruisseau de Cabrils sur quelque 8 km, montant ainsi à 2 052 m dans les Garrotxes. Jujols (48 Jujoliens, 1 011 ha dont 376 de bois), 5 km ENE d'Olette, occupe une autre position perchée à 960 m; la commune monte en pointe jusqu'au mont Coronat (2 172 m), dans une réserve naturelle délimitée; elle juxtapose Maison de la réserve, église romane du 11e s., accueil touristique et exposition de bijoux.

Enfin en aval, Serdinya (220 Serdinyanais, 1 691 ha dont 300 de bois), 5 km à l'est d'Olette et à 540 m, dont le nom dériverait du latin Secundus, occupe une position inhabituelle sur les deux versants du Conflent, offrant une belle opposition entre une soulane pelée et une ombrée très boisée. On y a exploité du marbre, et une mine au hameau voisin de Joncet, en amont; plusieurs hameaux plus ou moins déchus parsèment le finage; la commune a dépassé 700 habitants au 19e siècle et encore en 1901.

Six communes se partagent le versant du Canigou. Souanyas (39 Souanyasais, 481 ha dont 104 de bois) n'est plus qu'un minuscule village perché au-dessus d'Olette. Thuès-entre-Valls (34 Thuésiens, 2 041 ha dont 1 587 de bois), 6 km en amont d'Olette à 850 m, au débouché de la Carança dans la Têt, se divise en un petit village avec centrale électrique, et un hameau d'aval avec source thermale, Thuès-les-Bains, dont l'établissement est devenu en 1963 un centre privé de rééducation et réadaptation fonctionnelle (neurologie et traumatologie, 80 lits). Au-delà des belles gorges de la Carença, la commune monte sur l'ombrée du Canigou en deux branches, le long de la Carença (forêt domaniale de Campilles), où elle culmine au pic de Gallinas (2 624 m) et dans le vallon de Fajet (forêt d'Entre-Valls); la commune héberge un village de vacances; le hameau d'Entrevalls est un ancien village abandonné.

Le village de Nyer (170 Nyérois, 3 700 ha dont 1 057 de bois), 3 km au sud d'Olette à 720 m, est à l'écart de la Têt, juste en aval des gorges sciées par la rivière de Mantet (centrale électrique). Il a reçu une maison de santé et rééducation (100 sal.) et montre les restes de deux anciens châteaux, l'un du 13e s. en ruines, l'autre du 15e s. restauré au 19e. Le hameau abandonné d'En se tient à l'ouest du village, ancêtre du monastère de Cuxa, rattaché à Nyer en 1822. Le finage de Nyer, qui porta 460 hab. en 1836, s'étend assez loin, jusqu'à la serre Gallinière (2 663 m) tout près de la frontière et du pic de la Dona, et possède ainsi, outre le bassin inférieur de la rivière de Mantet, une partie du bassin-versant de la Carença; une réserve naturelle a été délimitée, dotée d'un sentier botanique et d'une Maison de la réserve. La commune englobe aussi le défilé de Graüs sur la Têt, où la route passe en tunnel. Sa population n'était que de 110 hab. en 1999; c'est la seule commune à avoir fait un tel saut.

Escaro (100 Escaronats, 1 521 ha dont 945 de bois) est un village perché à 900 m au-dessus de Nyer et de Serdinya, et déjà à 14 km au SE d'Olette (mais 4 km à vol d'oiseau); il avait encore 540 hab. en 1926. Une ancienne mine de fer (jusqu'en 1962) et une carrière de spath-fluor (jusqu'en 1991) ont quelque peu dégradé le paysage; une exposition permanente de matériel minier et un centre d'accueil sont venus en compensation; plus bas à l'est, s'isole le hameau d'Aytua. Le finage monte jusqu'au pic de Tres Estelles (2 099 m), que se partagent quatre communes.

La moins dépeuplée d'entre elles et la plus orientale est Sahorre Saorra, 360 Sahorrans, 1 488 ha dont 196 de bois), à 677 m, qui conserve quelques commerces et avait atteint 830 hab. en 1911. Elle occupe le bassin moyen de la Riotja et communique plus facilement avec Vernet (4,5 km) qu'avec Olette (17 km). On y voit des traces d'anciennes mines de fer, une belle chapelle romane (12e s.) à haut clocher, le large panorama et la tour de défense à signaux de Goa (1 268 m, restaurée en 1990) au SE du village. À l'ouest, le hameau de Thorrent a une église romane et un château féodal bien conservé à donjon carré; cet ancien village a fusionné avec Sahorre en 1822.

Restent les deux communes les plus éloignées de la vallée; toutes deux sont d'ailleurs largement en réserves naturelles. Le territoire de Py (Pi de Conflent, 110 Pyens, 5 086 ha dont 1 950 de bois), dont le village est à 6 km en amont de Sahorre dans la vallée de la Rotja, à 1 020 m, atteint la crête du massif du Canigou aux Esquerdes de Rotja, culminant à 2 463 m au Mort de l'Escoula et à 2 403 m au puig de la Colla Verde; une réserve naturelle de 3 930 ha a été délimitée en 1984; Maison de la réserve, exposition sur la nature, centre d'accueil. La commune a un peu plus de 500 hab. au 19e s.

Il faut encore passer le col de Mantet (1 760 m) pour atteindre, 11 km plus loin, le village de Mantet (Mentet, 25 Manetaïres, 3 215 ha dont 1 200 de bois), qui a trouvé un petit adret à 1 545 m dans un autre bassin mais qui est inaccessible autrement; cela met le village à 33 km d'Olette (9 à vol d'oiseau); la commune va jusqu'à la frontière espagnole où se succèdent les pics de la Dona (2 702 m), de la Coma Armada (2 504 m), de la Llosa (2 456 m) et le roc Colom (2 507 m); elle est traversée par le GR 10; Maison de la nature, ferme de découverte; on y a compté 160 hab. vers 1900.