Orcières

710 hab., 9 827 ha dont 1 075 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l'arrondissement de Gap, 29 km ENE de la préfecture. Le village est à 1 440 m dans la vallée du Drac Noir, en adret. Le finage correspond au bassin du Drac Noir. Celui-ci descend d'un grand cirque dominé par le Mourre Froid au sud (2 994 m) et le Roc Blanc à l'est (2 897 m), proche de la Tête du Couleau. Au hameau de Prapic, 4 km en amont d'Orcières, il est rejoint par le torrent de Blaisil, qui vient du nord et descend du Grand Lac des Estaris (2 782 m), sous la pointe des Estaris (3 086 m), point septentrional de la commune où a été délimitée une réserve naturelle.

Prapic, qui est juste à l'entrée du Parc national des Écrins, offre un bureau d'information sur le Parc et un musée de la vie rurale ancienne, avec parc aux marmottes. Au nord-est se dressent le Grand et le Petit Pinier (3 117 et 3 100 m), qui dominent le lac (à 2 510 m) et la cascade des Pisses. Au sud, le torrent d'Archinard débouche sur le Drac face à Orcières; il descend de la crête de Malamorte, entre l'Aiguille (2 791 m) à l'est et la Grande Autane (2 782 m) à l'ouest; la pointe sud de la commune est à la Coupa (2 628 m).

Après l'apparition de téléskis en 1952 puis 1962, la station d'Orcières-Merlette a été lancée en 1971 au-dessus du village, en adret à 1 850 m, accessible par une route en lacets et dotée progressivement de nombreux chalets et immeubles. Elle offre, entre 1850 et 2650 m, 53 pistes de ski alpin sur 100 km, plus 50 km de pistes nordiques dans la vallée, et 26 remontées mécaniques dont trois télémix (sièges et cabines); jardin des Neiges, inauguré en 1967. L'entreprise Labellemontagne (groupe Rémy, d'origine vosgienne) gère la station depuis 2003 avec 100 sal., plus 25 sal. au Palais des Sports de la Grande Ourse.

Orcières a reçu plusieurs villages de vacances dont un Belambra (ex-VVF) de 20 employés; il s'y tient un festival de musiques et danses des pays de montagne. La commune a eu plus de 1 500 hab. autour de 1850, un minimum de 510 en 1962. Sa population a augmenté ensuite, mais elle vient de perdre 110 hab. entre 1999 et 2008, un signe de saturation de la station et d'un certain malaise de l'urbanisation massive. Elle offre 3 300 résidences secondaires (90% du parc des logements), contre 950 en 1968 et 2 400 en 1982.

Le canton a 1 800 hab., 3 communes, 23 398 ha dont 3 129 de bois. Les hautes crêtes des communes d'Orcières et de Champoléon sont dans le Parc national des Écrins, le reste est dans le préparc. Champoléon (130 hab., 9 854 ha dont 997 de bois) est une grande commune d'habitat très dispersé qui, au nord-ouest d'Orcières, occupe tout le bassin du Drac de Champoléon ou Drac Blanc; la mairie est à 1 260 m. Son finage culmine au nord au Sirac (3 440 m) et va au nord-est jusqu'à la pointe de Verdonne (3 327 m) et aux pointes de Rougnoux (3 179 m). Ces sommets dominent le cirque de la Chaumette où naît le Drac Blanc et où a été construit le refuge du Pré de la Chaumette; le petit glacier de la Pierre subsiste sous Verdonne. Au nord-ouest, les lacs de Crupillouse (2 656 m) se nichent sous le pic de Parières (3 076 m). Au centre de la commune, la montagne de Cédera émerge à 2 886 m entre le Drac Blanc au nord et le profond vallon du torrent de Méollion au sud. Une petite station de ski est au-dessus de leur confluent. La commune avait largement dépassé les 700 hab. au milieu du 19e s.; elle a atteint son minimum en 1990 (100 hab.). Elle a aussi 90 résidences secondaires.

Saint-Jean-Saint-Nicolas (1 000 hab. dont 95 à part, 3 717 ha dont 1 057 de bois) a une topographie très différente des deux précédentes. Le village principal, Pont-du-Fossé, est en fond de vallée du Drac après la réunion des Dracs Blanc et Noir, 10 km en aval d'Orcières à 1 130 m. La vallée du Drac traverse tout le finage, qui s'étend presque également de part et d'autre. Au sud, le versant d'ubac est très boisé et, au-delà de la Sapinière, monte à la Grande Autane. Le versant nord, en adret, est un peu plus étendu, va moins haut (2 620 m à la pointe Sud de la Venasque) et a peu de bois, mais porte plusieurs petits hameaux.

La commune est «station verte de vacances»; elle a reçu une Maison du Parc des Écrins, un centre de vacances de la ville de Pierrefitte-sur-Seine, deux éléments de l'écomusée du Champsaur (maison paysanne, école d'autrefois) et elle est le siège de la communauté de communes du Haut-Champsaur (4 communes, 2 100 hab.). Elle abrite aussi un lycée professionnel privé (laïque) de 200 élèves dont une centaine d'internes (d'où la population comptée à part). Elle s'est nommée Montorcier pendant la révolution; elle a absorbé en 1963 la commune de Chabottonnes, juste en aval, qui n'avait qu'une quarantaine d'habitants. Sa population a pourtant assez peu varié sur deux siècles, entre 950 et 630 hab. Elle offre 275 résidences secondaires (en légère baisse), contre 390 résidences principales (en nette augmentation après 1999) et sa population s'est accrue de 140 hab. entre 1999 et 2008.