Pézenas

8 700 hab. (Piscénois) dont 390 à part, 2 956 ha, chef-lieu de canton du département de l'Hérault dans l'arrondissement de Béziers, 23 km ENE de Béziers. Bourg et ancienne ville d'art en position centrale dans le département de l'Hérault, au confluent de la Peyne et de l'Hérault, Pézenas a une ancienneté respectable. Pline la nommait Piscenoe; elle a été signalée comme villa Pedinatis, puis Pedenas. Le nom viendrait ainsi de celui de la r. Peyne: c'est le «bout (ou le nez) de la Peyne». Elle fut longtemps aux mains des familles Condé puis Conti et Montmorency, avec statut de ville.

Bien située, elle a eu d'actives foires et fabriquait des draps. Henri IV lui avait octroyé un collège en 1597; puis elle est devenue un lieu de résidence du gouverneur du Languedoc, et un chef-lieu de la Contre-réforme où ont proliféré les ordres religieux. Pézenas a bénéficié alors de grandes extensions, avec une nouvelle enceinte et des hôtels particuliers sur le Quai; mais l'exécution de Henri II de Montmorency (1632) et la mort de Conti (1666) ont retiré un peu de l'aura d'une ville qui avait touché de près au pouvoir.

Son rôle s'est affaibli dès la fin du 17e s. Dans l'ensemble, sa situation actuelle n'est pas en rapport avec son rôle historique; la commune était même plus peuplée en 1880 (8 000 hab.) qu'aujourd'hui, et elle aurait encore perdu des habitants au cours des années 1990 si l'on en croit les recensements, avant d'en regagner 900 entre 1999 et 2009 - à moins que la population de 1999 ait été sous-estimée; quoi qu'il en soit, le recensement de 2005 lui attribue 8 500 hab. (sdc). Célébrée jadis par Molière, qui y joua à trois reprises (1650, 1653 et 1655), elle est la ville natale du géographe Vidal de La Blache (1845-1918) et de Boby Lapointe (1922-1972). Elle fait des efforts pour attirer touristes et résidants et encourager l'artisanat d'art; un festival international de l'image des métiers (FILM) réunit chaque été des villages d'artisans français et étrangers; deux parcs de loisirs ont été aménagés (cinq campings).

Pézenas est une très belle ville d'art, dont le centre est riche en maisons et hôtels particuliers des 15e, 16e et 17e s.; beaucoup sont classés et forment un secteur sauvegardé; la place Gambetta, notamment, propose un ensemble superbe. La ville offre aussi d'anciennes portes de ville, des rues étroites, la collégiale Saint-Jean du 18e s. et de nombreuses autres églises, plus le parc Sans-Souci. Pézenas est même la seule ville de l'Hérault à avoir été classée «ville d'art» (en 1950), appellation devenue «villes et pays d'art et d'histoire», ainsi que comme «ville et métiers d'art». Le vieux centre est bâti en rond sur une légère butte, ancien oppidum dominant la rive droite de la Peyne, près du confluent avec l'Hérault, ce qui d'ailleurs expose aux crues certains quartiers bas. Il est entouré d'une large ceinture elliptique de boulevards qui englobe les anciennes extensions vers le SE. Une troisième ceinture est apparue au 19e s., puis d'autres se sont formées au 20e.

La ville a les commerces de son rang, de l'artisanat, un hôpital local (27 lits), une clinique (32 lits50 sal.), une maison de retraite Orpea (35 sal.); un tribunal de commerce et un tribunal de première instance, deux lycées et un collège public, un collège et un lycée agricole privés, un théâtre du 18e s. (ancienne église de 1590 où siégèrent les États du Languedoc, transformée en théâtre en 1804), des musées (tapisseries, mobiliers, peintures; faïences du 18e s.; vie de Molière). S'y ajoutent des fêtes, où l'on sort un cheval de bois articulé; et deux célébrités locales en gastronomie: les berlingots, et les petits pâtés de Pézenas, fourrés d'un mélange de viande d'agneau, citron confit et sucre roux, inventés en 1768 par le cuisinier d'un aristocrate anglais qui revenait d'Inde; il existe même une «confrérie» d'amateurs. Parmi les principaux employeurs sont une base d’approvisionnement Intermarché (280 emplois), un Intermarché (75 sal.), un supermarché Carrefour (125 sal.), Bricomarché (30 sal.); conserves Languedoc Salaisons (30 sal.), menuiserie Sun-Abris (25 sal.); installations électriques Allez (40 sal.), recyclage de déchets Delta (25 sal.).

Le territoire est étendu et complexe. Au nord sont des carrières de basalte, le grand domaine-parc de la Grange des Prés, le pont de Montagnac sur l'Hérault, la chapelle de Saint-Jean-de-Bébian (prieuré roman du 12e s.). À l'ouest se dispersent plusieurs domaines avec parcs; au SO, parc et château (17e s.) de Fontdouce, nécropole de Saint-Julien (7e-6e s. avant notre ère), oppidum de Saint-Siméon et l'ancien étang asséché de la Grange Rouge. Au sud se tiennent le château et le gros hameau de Conas, avec un ancien moulin sur le fleuve. En tout, les vignerons de Pézenas cultivent plus de 1 300 ha de vignes (en partie d'AOC coteaux-du-languedoc) et la cave coopérative Molière a une cuverie de 93 000 hl.

Le canton a 18 100 hab. (13 800 en 1975), 5 communes, 9 316 ha. Saint-Thibéry au sud, Caux au nord ont plus de 2 000 hab. Plus près de Pézenas, Tourbes (1 670 Tourbains dont 180 à part, 1 596 ha dont 830 de vignes), 4 km OSO de la ville, a une cave coopérative (31 000 hl), quelques belles maisons des 15e-16e s., une église classée du 14e s., une tour, et abrite l'école d'agriculture Bonne Terre (lycée privé). La population communale augmente depuis 1975 (740 hab.); elle s'est accrue de 190 hab. entre 1999 et 2009.

Nézignan-l'Évêque (1 450 Nézignanais, 433 ha), 4 km au sud de Pézenas, est dans la vallée de l'Hérault et cultive 370 ha de vignes; c'est un gros village circulaire doté d'une cave coopérative, d'un foyer-résidence et d'une hostellerie (Saint-Alban); confiserie Dumas (50 sal.), aide à domicile A2micile (20 sal.); maison du patrimoine et du tourisme; église des 12e-13e s., maisons des 16e et 17e s. La population avait atteint son point minimal en 1962 (590 hab.) et augmente depuis; elle a gagné 480 hab. de 1999 et 2009, soit une moitié.