Pontarlier

19 450 hab. (Pontissaliens) dont 810 à part, 4 135 ha dont 1 818 de bois, sous-préfecture du Doubs. C'est la principale ville du massif français du Jura. La commune atteint la frontière de la Suisse dans la montagne du Larmont, qui domine le défilé d'Entre Portes. Son territoire est très accidenté: il englobe le fort relief anticlinal du Grand Taureau, qui monte à 1 323 m (table d'orientation et panorama étendu au sommet); sur son échine se dresse encore côté ouest un ancien fort militaire au-dessus de la cluse de Joux. Celle-ci permet au Doubs de trancher le relief et d'atteindre la haute plaine de la Chaux d'Arlier, au bord de laquelle se tient la ville de Pontarlier, à 840 m d'altitude. Le Grand Taureau est bordé au nord par une ligne de crêts, ouverts par la petite cluse d'Entre-Portes et dominant un étroit vallon monoclinal où coule le ruisseau des Étraches; vers le nord-ouest, une autre barre de relief, à laquelle s'adosse Pontarlier, monte à plus de 1 000 m et domine au nord le Val du Sauget.

La ville est ainsi au pied des hautes crêtes du Jura plissé, sur un ancien cône de déjection du Doubs qui contribue à lui donner une forme en triangle, étalé dans la haute plaine de la Chaux d'Arlier, qui est encombrée par les débris de l'époque glaciaire. Du 13e siècle à 1678, Pontarlier dirigea une sorte de république d'hommes francs dits «barons-bourgeois», associant une vingtaine de villages sous la forme d'une communauté dite baroichage. Elle reste une sorte de capitale locale, réputée la plus haute et la plus froide de France. La N 57 de Besançon à Lausanne, qui s'enfonce en amont dans la cluse de Pontarlier, sert d'axe principal (NO-SE) à la ville, reconstruite en 1736 après un grand incendie. Active et vivante, celle-ci concentre des fonctions tertiaires de bon niveau: hôpital (180 lits), clinique (85 sal., 63 lits), deux collèges publics, un lycée général et un lycée professionnel publics, un collège privé et deux lycées privés dont un professionnel; une maison familiale rurale, un institut médico-éducatif. L'espace Espera Sbarro (Espace Sbarro pédagogique d'étude et de réalisations automobiles) a été créé par le styliste Franco Sbarro en 1995 comme musée et école de stylisme de l'automobile; musée municipal.

Pontarlier y ajoute un solide ensemble d’industries, dans des domaines assez différents: valves pour automobiles Schrader (390 sal., groupe états-unien SBII); poudre de chocolat et café soluble Nestlé (310 sal.); dalles de plafonds (Armstrong, 200 sal.); carburateurs et pompes à gaz pour motocycles (Gurtner, 105 sal.); mandrins et outillages (LFA Amyot, principal producteur français, 60 sal.); composants électroniques Idealec (55 sal.) mécanique de précision et de décolletage comme Streit (60 sal., ex-Parker Hannifin); fromagerie Badoz (30 sal.); constructions De Giorgi (90 sal.), Bâti 5 (25 sal.), AJ (20 sal.), plâtrerie Perrin (85 sal.), installations électriques Pourcelot (35 sal.).

En revanche, la grande usine d’électronique qui fut CIT, puis Framatome, puis FCI (France-Connectors International), au groupe Areva, et qui eut jusqu’à 1 000 salariés, encore 300 en 2004, a dû fermer; à sa place a été aménagé un parc d’activités dit CIT-y Parc, qui accueille plusieurs entreprises de moindre taille, dont Idealec et ce qui reste de FCI, totalisant environ 200 salariés. BEC (Bobinage électronique comtois, 45 sal.) a également disparu, comme les cuisines Delacroix.

Dans les services apparaissent la publicité Adrexo (60 sal.), le travail temporaire Manpower (105 sal.), Synergie (80 sal.), Adecco (70 sal.), Randstad (50 sal.), Sup Interim 90 (40 sal.), le nettoyages Enett (130 sal.) et NPPI (45 sal.); hypermarché Géant Casino (120 sal.), négoces d'accessoires d'automobiles Jurafiltration (70 sal.), de matériaux Doras (20 sal.), autocars Gentiane (régie départementale, 35 sal.) et Monts Jura (35 sal.), garages. Pontarlier a été jadis le foyer de l’absinthe, dont la distillation a fait la fortune et le renom de la famille Pernod. La commune inclut l’aérodrome (code LFSP), qui a une piste de 1 000 m et un aéroclub, et une petite station de ski dite Super-Pontarlier, au-dessus de la cluse de Joux; elle a 5 hôtels (200 chambres) et un camping de 70 places.

Pontarlier a eu 8 000 hab. à la fin du 19e s., et n’a cessé de croître depuis, passant les 15 000 en 1960; toutefois, le gain apparent n'a été que de 130 hab. entre 1999 et 2008. Le conseil municipal a une majorité de droite, avec pour maire Patrick Genre. La ville est le siège de la communauté de communes du Larmont, qui réunit 10 communes et 26 900 hab. L’unité urbaine Insee est donnée pour 22 600 hab., l’aire urbaine pour 31 300 hab. L’arrondissement a 102 200 hab. (68 900 en 1999), 7 cantons, 155 communes et 187 200 ha; il s'est accru en 2009 par les transferts des cantons du Russey à partir de l'arrondissement de Montbéliard, de Pierrefontaine-les-Varans et de Vercel-Villedieu-le-Camp à partir de celui de Besançon. Le bassin d’emploi du Haut-Doubs englobe les cantons de Pontarlier, Mouthe, Montbenoît et Levier; il s’étend sur 111 700 ha dont 48 500 de forêt, compte 51 500 hab. et 78 communes et son agriculture est entièrement herbagère et laitière.

Le canton de Pontarlier a 33 600 hab. (31 000 en 1999), 24 communes et 31 413 ha dont 11 189 de bois; il est limité à l’est par la frontière suisse et envoie en Suisse de nombreux travaileurs frontaliers. Sa partie occidentale correspond à la haute plaine de l’Arlier, dont le drainage a été désorganisé par d’abondants apports proglaciaires et qui, pour cela, compte des étangs, tourbières et zones humides. Le cours du Drugeon, affluent du Doubs, a dû y être entièrement canalisé. La commune de Doubs, juste au nord de Pontarlier, participe à l’agglomération. Vuillecin (620 Grenouillards, 1 424 ha dont 245 de bois), un peu au NO à 5 km de la ville, à 850 m, a une entreprise d’électricité, une carrière (Marguet, 20 sal.) et des fabriques de bétons (Ferrari, 40 sal.; Préfa, 20 sal.), travaux publics Boucard (20 sal.); ski de fond. La commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2008. L’hypermarché Leclerc de l’agglomération (180 hab.) et quelques magasins associés sont à Houtaud (980 Hostasiens, 789 ha), juste à l’ouest de Pontarlier dans la plaine, à 810 m, une commune qui n’avait pas 200 hab. en 1962 et qui en a encore gagné 160 après 1999.

Chaffois (900 740 Chaffoyards, 1 625 ha dont 259 de bois) s'est acrue d'exactement autant entre 1999 et 2008; le village est un peu plus à l’ouest, à 840 m, à la bifurcation des routes vers Dole et vers Lons-le-Saunier; la commune n'avait que 400 hab. en 1954); le puits naturel de Jardelle s’y enfonce dans la plaine karstique de la Chaux d’Arlier. Celle-ci s’étire assez loin au sud-ouest. La Rivière-Drugeon (790 Revicards, 1 916 ha dont 605 de bois), 14 km au SO de Pontarlier, à 825 m, a une conserverie d’escargots (Romanzini, 45 sal.), et a gagné 130 hab. après 1999; la commune se nommait simplement La Rivière jusqu'en 1923. Granges-Narboz (830 Grangeards, 1 622 ha dont 595 de bois), 4 km au SO de Pontarlier à 828 m, associe plusieurs hameaux et des terroirs de plaine et des premiers monts et a reçu un institut médico-éducatif; fromagerie moderne Marcel Petite (55 sal.), transports Jeantet (45 sal.), ski; sa population s'est accrue de 170 hab. après 1999.

La partie orientale du canton est accidentée par les plis du haut Jura, que recoupe la haute vallée du Doubs. En amont de Pontarlier, La Cluse-et-Mijoux (1 200 Clusiens, 2 250 ha dont 859 de bois), à 865 m, disperse une série de hameaux derrière le rempart du Larmont, qui domine la cluse étroite où passent N 57 (E 23) et voie ferrée, et que gardaient le château de Joux et le fort inférieur du Larmont; salaisons (Decreuse, 20 sal.), charpentes et coffrages Cofreco (45 sal.), maçonnerie Invernizzi (35 sal.). Mijoux a été associé à La Cluse dans les années 1790. Sa population s'est accrue de 60 hab. de 1999 à 2008. Le château de Joux est une forteresse qui fait suite à un château médiéval, mentionné dès 1030 et bien placé pour garder la cluse. Fortifié par Vauban, il a été utilisé ensuite comme prison, où Mirabeau fut incarcéré et où Napoléon acheva Toussaint Louverture. Il fut encore renforcé en 1880. En cours de restauration, il abrite un musée d’armes. Il serait le monument comtois le plus visité, avec la chapelle de Ronchamp.

Les Fourgs (1 210 Bouffis, 2 799 ha dont 1 088 de bois), 12 km SSE de Pontarlier à 1 100 m, commune frontalière, a équipé une station de ski sur les pentes du crêt du Vourbey (1 247 m) et s'est accrue de 130 hab. depuis 1999; Platex Composites (35 sal.) y fabrique des plateaux de libre-service; la commune a 260 résidences secondaires (un tiers du parc de logements). Verrières-de-Joux (420 Varisiens, 1 015 ha dont 276 de bois), un peu à l’est au pied du Larmont et à la frontière, est sur la route (et la voie ferrée) de Neuchâtel, à 990 m; fabrique de chaînes pour l’industrie (Sedis, 65 sal.); la commune a eu plus de 900 hab. dans les années 1850; son minimum est de 1999; elle a gagné 50 hab. ensuite.

Plus au sud, Les Hôpitaux-Vieux (360 Trouille-Bourreaux, 1 421 ha dont 605 de bois, à 1 040 m) et Les Hôpitaux-Neufs (740 Trouille-Bourreaux, 656 ha dont 346 de bois, à 1 000 m) gardent la cluse qui mène à Vallorbe; un tronçon d’ancienne voie ferrée y a été récupéré à des fins touristiques (le Coni’fer); base de ski de fond à la Seigne. Les Hôpitaux-Neufs sont le siège de la communauté de communes du Mont d’Or et des Deux Lacs qui associe 19 communes et 10 200 hab., et servent de village-centre à plusieurs communes, dont les stations de ski voisines de Métabief et du Mont d’Or; un Intermarché (40 sal.); la commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2008, tandis que Les Hôpitaux-Neufs augmentaient de 220 hab. (+42%); celle-ci a un camping de près de 100 places et plus de 300 résidences secondaires (45% des logements).

Enfin, un peu plus à l’ouest, s’étire sur 7 km le superbe lac de Saint-Point, de 420 ha de superficie (81 Mm3), d’où sort le Doubs; parfois appelé aussi lac de Malbuisson, il est d’origine naturelle et occupe un fond de val drainé par le haut Doubs et encombré de moraines, qui donnent à son bassin une topographie mouvementée. Il incluait jadis le lac de Remoray, dans le canton voisin, et en a été séparé par l’alluvionnement. Oye-et-Pallet (700 hab., 1 045 ha dont 385 de bois), au bord du Doubs à la sortie du lac à 870 m, a une boulangerie (Au Fournil du Lac, 16 sal.), une maçonnerie (Pellegrini, 30 sal.), un négoce de matériel agricole (Coste, 25 sal.). La commune résulte d'une fusion des anénes 1790; elle est fréquentée en hiver et en été et offre 450 places d'accueil; sa population s'est accrue de 40 hab. après 1999.

Le village de Saint-Point-Lac (280 Saint-Pointus, 452 ha dont 140 de bois), sur la rive occidentale à 855 m, a une plage et un petit port de plaisance, et a gagné 90 hab. dans le même temps (+49%); un hôtel, un camping de 100 places, une moitié de résidences secondaires; la mention du Lac dans son nom date de 1923. Les Grangettes (230 hab., 538 ha dont 215 de bois) sont juste au nord et leur territoire occupe le rivage nord-occidental du lac, que borde tout au nord Port Tili.

Il fait face à Malbuisson (640 Malbuissonnais, 660 ha dont 274 de bois), qui est à 900 m d’altitude et à 15 km de Pontarlier; ce village, le plus touristique du lac, a crû de 230 hab. (+56%!) depuis 1999; il a un bon équipement hôtelier, avec 3 hôtels (85 chambres) dont l'hôtel du Lac (55 sal.), un camping de 300 places et plus de 400 résidences secondaires (57% des logements), et a reçu une base de loisirs près de la route principale, qui suit la rive orientale et mène à Mouthe et Morez; ski de fond en hiver; le relief monte à 1 091 m au sud-est.

Montperreux (800 hab., 1 161 ha dont 596 de bois), un peu au nord à 956 m, associe eux hameaux au bord du lac, Cham au nord et Chaudron au sud, et le village-centre un peu plus haut; base nautique, source intermittente de Fontaine Ronde; elle a 210 résidences secondaires (40% du parc); sa population a augmenté de 190 hab. depuis 1999; la commune culmine à 1 099 m.