Port-la-Nouvelle

5 700 hab. (Nouvellois), 2 855 ha dont 1 560 de bois, commune du département de l'Aude dans le canton de Sigean, 8 km à l'est du chef-lieu. La commune a été créée en 1844 à partir de Sigean. La Nouvelle est cependant mentionnée dès 1528, mais l'aménagement du port date du début du 19e siècle. Il a été établi en 1820 sur le grau de l'étang de Sigean; le canal de la Robine, passant entre les étangs de Sigean et de l'Ayrolle, le reliait à Narbonne à 20 km, et ainsi le connectait au canal du Midi. La commune s'est d'abord appelée Port-de-la-Nouvelle, puis officieusement La Nouvelle, avant de prendre son nom actuel en 1953; elle avait 2 400 hab. en 1890, 1 800 en 1954, puis a fortement progressé jusqu'en 1975, lentement depuis; enfin elle a gagné 800 hab. entre 1999 et 2009, signe de réussite des résidences nouvelles.

Le canal ne sert plus qu'à la plaisance, mais le port reste actif, notamment grâce à la pose d'une conduite en mer, permettant aux pétroliers de 40 000 t de rester à plus de 2 km du rivage. Une firme privée (Dyneff, dont le siège est à Lézignan et qui est devenue roumaine) en a fait sa base de stockage et de distribution de produits pétroliers, couvrant peu à peu les régions du Sud et de l'Est de la France. Le port atteint ainsi un mouvement de 600 navires par an et un trafic de 2,5 Mt, dont 1,5 Mt de produits pétroliers aux entrées, et 0,7 Mt de céréales aux sorties et se trouve donc le troisième port français de la Méditerranée. Une grosse usine des ciments Lafarge emploie 100 personnes. Un vaste entrepôt public d'alcools de Vinflhor (Onivins) peut stocker 800 000 hl. Au total, Port-la-Nouvelle rassemble 11 des 24 établissements à risque (Seveso) du département de l'Aude.

La commune s'étire sur 11 km de côte; elle inclut au nord le grand salin de Sainte-Lucie, ainsi que l'île boisée de même nom, réserve de 250 ha entre les étangs de Sigean et de l'Ayrolle, et une part de l'étang de Sigean (env. 600 ha) avec la petite île de la Nadière, ancien hameau de pêcheurs, et une étroite plaine littorale marécageuse. Au sud, les collines de garrigue portent depuis 1993 une station éolienne de 5 turbines Vestas (2,2 MW), doyenne de l’équipement languedocien, réalisée par la Compagnie du Vent avec l’aide et pour le profit de la cimenterie. Près de Sigean, le domaine de Frascati a été acquis par le Conservatoire du littoral. La voie ferrée de Narbonne à Perpignan — ou du Rhône à Barcelone — traverse la commune du nord au sud après être passée entre les étangs.

La ville joue à la fois sur le port de commerce et sur ses atouts balnéaires: une longue plage et les étangs; mais quoique rarement mentionnées, les cuves de pétrole, les silos et la cimenterie ne se laissent pas oublier dans le paysage. La ville est d’ailleurs divisée en deux agglomérations dstinctes, la plage et le port, complétés par un actif port de pêche (depuis 1963) et le petit port de plaisance (150 places). Elle enregistre officiellement un hôtel, trois campings (630 places), 4 600 résidences secondaires (61% des logements). Village de vacances (Vacantel, 210 villas) et campings portent à 20 000 le nombre affiché de «lits» touristiques; «musée» de la baleine, à partir du squelette d’une baleine échouée en 1989; hôpital public pour convalescents, collège public, supermarché U (75 sal.); agence immobilière du Soleil (45 sal.), transports Camidi (Camions du Midi, 200 sal.), travaux publics Lavoye (90 sal.), services GIE Tourisme (35 sal.).