Régina

820 hab., 1 213 000 ha, commune et chef-lieu de canton de la Guyane dans l'arrondissement de Cayenne. La commune, qui est la deuxième de Guyane (et de France) par l'étendue, grande comme au moins deux départements métropolitains, correspond au bassin de l'Approuague et de son affluent de gauche l'Arataï. Elle a pris son nom en 1969, à la suite de la fusion des deux communes d'Approuague (chef-lieu Régina), anciennement nommée Centre-Approuague avant 1953, et Approuague-Kaw, le canton conservant le nom d'Approuague-Kaw. Elle s'étend sur 200 km, du massif Émerillon et des monts Bakra (711 m) au sud-ouest jusqu'à l'océan au nord-est, de part et d'autre de l'estuaire de l'Approuague dans les marais de Kaw, jusqu'à la baie de l'Oyapoc. Elle inclut la réserve naturelle des Nouragues, au centre-ouest, sur les pentes des montagnes Balenfois (464 m).

Le bourg-centre est à la tête de l'estuaire, mais ainsi à 50 km du littoral proprement dit. Il est atteint par la route nationale 2, qui le met à 116 km de Cayenne; le nouveau pont sur l'Approuague et l'achèvement de la route vers Saint-Georges (N 2) vont étendre son rayon jusqu'à l'Oyapoc. Le hameau de Corossony, un peu en amont sur l'Approuague, a bénéficié d'aménagements agricoles orientés vers les vergers, ainsi que le secteur au pied du mont Inéry (ou Inéri), lequel domine le village principal du haut de ses 384 m. La commune ne se peuple que lentement: elle avait 530 hab. en 1990, 770 en 1999.

La bourgade a école et dispensaire, une cathédrale, une microcentrale thermique de 660 kVA, un aérodrome doté d'une piste de 850 m revêtue (SOOR, 04 18 53 N 052 07 54 W). Un collège y a été ouvert en 2008. Régina héberge aussi un contingent réduit du 3e régiment étranger de Kourou et son centre d'entraînement en forêt équatoriale (CEFE). Elle a une petite fonction d'accueil touristique, assurant l'accès aux sauts appréciés de l'Approuague en amont, au pied des montagnes Tortue (462 m), et aux camps d'accueil qui y ont été installés: Cisame (Centre d'initiation à la survie et à l'aventure en milieu équatorial, alias Aventures équatoriales) près du saut Grand Matthias (45 km de Régina, 2 h de pirogue), Jungle Lodge près du saut Athanase (1h30 de pirogue de Régina); plus loin, on accède aussi aux sauts Grand Canori (le plus haut de Guyane, 19 m de chute) et Grand Machicou, celui-ci nettement plus éloigné.

On descend aussi l'Approuague vers Kaw (v. ce nom) au milieu des marais septentrionaux. Sur la rive droite, l'ancien village de Guisanbourg fut le chef-lieu d'une commune à son nom, née d'un site de mise en valeur agricole des années 1770 fondé par Guisan, ingénieur suisse qui dirigeait des polders au Surinam et qui avait été sollicité par les pouvoirs publics; mais Régina était plus près des placers d'or et le village a été abandonné, la commune a disparu au début du 20e siècle; la végétation a envahi l'ancien village et il ne reste, des polders de Guisan, que de vagues traces et le canal qui relie le village de Kaw à l'estuaire de l'Approuague. Au large de la côte, les îles du Connétable sont incluses dans une réserve naturelle.

À l'ouest du fleuve s'étalent les vastes zones d'intérêt écologique (znieff) de la plaine de Kaw (121 998 ha) et de la montagne de Kaw (38 233 ha) partagées avec la commune de Roura, ainsi d'ailleurs que le placer du Camp Caïman (v. Roura). À l'est de l'Approuague et jusqu'à l'Oyapoc, la zone d'intérêt écologique (znieff) de la pointe Behague et de la baie d'Oyapoc (70 149 ha) est partagée avec Saint-Georges.

Au sud du bourg, ont également été définies des zones d'intérêt écologique (znieff) des Trois Pitons (6 851 ha, avec Saint-Georges), de la crique Païra (6 925 ha), des criques Kourouaï et Kapiri (44 729 ha) et de la savane-roche Virginie (735 ha), celle-ci correspondant à un inselberg granitique. Néanmoins, dans les bassins de la Mataroni et de la Kourouaï, affluents de droite de l'Approuague au sud de Régina, et surtout dans les bassins des petits affluents de gauche de l'Approuague sous les montagnes Tortue et Balenfois, des permis de recherche d'or ont été délimités. Du côté est, la Compagnie Boulanger de Roura y est titulaire de 48 km2 (Mataroni). Du côté ouest, Iamgold (Canada) détient 40 km2 par la CBJ (sites de la crique Tortue); la Somiral (qui siège dans la zone d'activités de Collery à Cayenne) a 61 km2 en trois permis (crique Benoît, et crique Aïcoupaye près de l'ancien site Impératrice); la Cemci (Compagnie d'exploitation minière de la crique Ipoucin) détient 32 km2 en deux permis près du hameau de Saint-Lucien sur la crique Ipoucin (ou Ipoussing); le permis de la Compagnie de Sikini sur la Kounamary (20 km2) est partagé avec Roura. Une trentaine de concessions artisanales de cent hectares s'ajoutent à la liste des permis dans le même secteur.

Les autres hameaux se dispersent en amont de Régina le long du fleuve; c'est dans le bassin de l'Arataï, aujourd'hui dans la réserve des Nouragues, que l'on a fait les premières découvertes d'or en Guyane au milieu du 19e siècle. Les traces de l'orpaillage se voient encore en aval sur l'Approuague jusqu'à la station Impératrice (46 km SO de Régina à vol d'oiseau), mais l'activité officielle a cessé. Toutefois, les chercheurs de la réserve des Nouragues se plaignent de l'intrusion récente d'orpailleurs clandestins, dont certains disposent de gros moyens. Juste au sud de la réserve des Nouragues a été reconnue une petite zone d'intérêt écologique (znieff) de 1 873 ha au mont Chauve, qui a quelques parois verticales.

La moitié méridionale de la commune est considérée comme entièrement vide. Elle partage avec Saint-Georges une zone d'intérêt écologique (znieff) du massif forestier de l'Armontabo (34 192 ha), avec Saül la zone d'intérêt écologique (znieff) du pic Matécho-roche Carapana-monts la Fumée au sud-ouest (63 431 ha) et avec les communes de Camopi et Maripasoula la grande zone d'intérêt écologique (znieff) des Massifs centraux de la Guyane (320 010 ha), dont elle a en particulier la znieff des monts Bakra et du pic Courdeau (3 524 ha) à la limite sud. Tout au sud de la commune, le haut bassin de la Sapokaï, affluent de droite de l'Approuague, est ou a été un lieu de permis de recherche d'or.