Roquecourbe

2 300 hab. (Roquecourbains), 1 665 ha dont 431 de bois, chef-lieu de canton du département du Tarn dans l’arrondissement de Castres, 9 km au NNE de Castres. Le bourg est sur la rive gauche de l’Agout, face au pédoncule d’un long méandre presque fermé, dont les contours sont guidés par des failles au rebord même du massif ancien. L’Agout sort un moment de celui-ci avant d’y revenir dans les gorges de Burlats. Roquecourbe fut une citadelle, et un haut lieu du protestantisme; elle conserve une place centrale à galeries, des maisons à colombages et encorbellements.

Quelques ateliers y sont encore établis, comme le tricotage Berlaine (20 sal.) et l’ennoblissement textile Bercolor (30 sal.); mais le tricotage Gout (pullovers, 100 sal.) a fermé en 2005, la filature Molinier-Laur en 2007. Roquecourbe a eu 2 000 hab. en 1841 et en 1881, moins de 1 500 en 1936, est remontée à plus de 2 200 hab. en 1975 et s’y tient à peu près depuis: elle n’a gagné que 70 hab. entre 1999 et 2009. Elle est membre de la communauté de communes Sidobre-Val d’Agout, qui siège au Bez dans le canton voisin.

Le canton a 6 500 hab. (6 200 en 1999), 6 communes, 9 764 ha dont 4 366 de bois; il déborde un peu dans la plaine de Castres au NO de Roquecourbe, mais c’est par excellence le canton du Sidobre. Lacrouzette (1 800 Crouzettois, 2 877 ha dont 1 928 de bois), dont le village est à 10 km à l’est de Roquecourbe sur le plateau, à 450 m, offre sur son territoire, outre le Saut de la Truite, les sites les plus prestigieux de chaos granitiques et formes curieuses de rochers, dont Peyro Clabado, les Trois fromages et le roc de l’Oie, ainsi que le plus grand nombre de granitiers, dont le métier est magnifié par une sculpture monolithe de près de 6 mètres de haut; taille de pierres Cordeiro (25 sal.), Sénégats (20 sal.); transports Marty (60 sal.), Combes (20 sal.). Le village fut un bastion protestant; il conserve une petite filature; la population communale est passée de moins de 1 000 hab. dans les années 1930 à 1 960 en 1982, puis diminué avant de se stabiliser.

Burlats (1 950 Burlacois, 3 262 ha dont 1 794 de bois), dont le s final se prononce, est dans la gorge de l’Agout au sud et en aval de Roquecourbe; taille de granite (Bonnery, 20 sal.), cosmétiques du groupe Pierre Fabre (45 sal.). De l’ancien prieuré de 1160, reste une église collégiale romane du 12e s.; le village a des maisons très anciennes, dont deux du 12e s. et de décor roman, le pavillon d’Adélaïde et la maison d’Adam. La centrale électrique du Carla en amont du village, alimentée par une conduite de 8 km depuis le barrage de Luzière, a une puissance de 36 MW; d’autres barrages ont été établis sur l’Agout à l’angle SO de la commune (les Salvages). Sur le plateau à l’est, on visite la cascade du saut de la Truite et de nombreux compayrés, dont celui des Sept Faux; petit lac du Merle derrière un barrage; au sud, dans un ravin sous le hameau de la Fontasse, la grotte dite de Saint-Dominique est formée par un chaos de boules. Burlats a eu 1 900 hab. en 1876, environ 1 100 de 1931 à 1970, et croît depuis; elle a augmenté de 70 hab. entre 1999 et 2009.

Au nord-ouest, le canton déborde sur les collines de Terrefort. Montfa (380 hab., 1 069 ha) est une commune d'habitat entièrement dispersé, 7 km au NO du chef-lieu; maçonnerie Albert (40 sal.). Elle a eu plus de 600 hab. dans les années 1830, 230 seulement en 1975. Ses voisines Saint-Jean-de-Vals (70 Saint-Jean-Valois, 475 ha), qui la sépare de Roquecourbe, et Saint-Germier (140 Saint-Germiérois, 416 ha) au sud-ouest, n'ont que quelques fermes éparses; elles ontégalement repris un peu de croissance depuis les années 1970.