Rouen (port de)

l'un des grands ports maritimes et fluviaux français, étiré le long de la Seine. Le Port Autonome de Rouen gère en fait trois sites distincts. Le plus étendu est celui de Rouen, qui va du centre-ville à La Bouille; il comprend le port Saint-Gervais à Rouen sur la rive droite, suivi par quelques installations linéaires vers Val-de-la-Haye sur la même rive; surtout, il s'étire le long de la rive gauche en aval du centre de Rouen, par Le Grand-Quevilly, Petit-Couronne et Grand-Couronne et inclut la raffinerie de pétrole de Petit-Couronne.

Un second ensemble associe, sur la rive droite en aval, les installations de Port-Jérôme et Radicatel dans les communes de Notre-Dame-de-Gravenchon, Lillebonne et Saint-Jean-de-Folleville, juste en amont du pont de Tancarville. Le troisième se tient sur la rive gauche de l'estuaire face au Havre, entre le pont de Normandie et Honfleur, dans cette commune et celle de La Rivière-Saint-Sauveur (Calvados) et se nomme Zipec (zone industrialo-portuaire Eure-Calvados).

Le trafic total a été de près de 23,3 Mt en 2009 (8,9 aux entrées, 14,4 aux sorties), et 9 000 mouvements de navires, ce qui lui donne le cinquième rang en France: un peu plus 14 Mt dans la partie rouennaise, dont 2,5 dans la commune de Rouen, 2,3 dans celle du Grand-Quevilly, 3,2 à Petit-Couronne, 3,7 à Grand-Couronne, 2,4 sur la rive gauche à Canteleu-Val-de-la-Haye; 6,5 Mt à Port-Jérôme et Radicatel, principalement en pétrole raffiné et au terminal de conteneurs; 0,6 aux terminaux de vrac de la Zipec. D'autres appontements, à Saint-Wandrille-Le Trait, ajoutent 400 000 t. Les équipements ont été constamment améliorés et le port de Rouen se flatte de quelques records pour un site relativement «intérieur»: un navire de 150 000 t, un de 280 m de long, un maximum de 11,6 m de tirant d'eau. Les gros gabarits courants sont toutefois plutôt de 60 000 t de port en lourd, 2 500 boîtes pour les porte-conteneurs, et une profondeur minimale garantie de 9 mètres. Elle n'était que de 3 à 4 m au début des aménagements modernes du port (1846), de 6 à 7 m vers 1900 et il est possible qu'elle finisse par atteindre 11 m grâce aux incessants dragages. Les bassins sont sans écluse.

Le port de Rouen est surtout un port pétrolier et chimique (8,7 Mt de pétrole, 1,6 Mt d'engrais et produits chimiques liquides); le deuxième poste est celui des céréales (7 Mt), en provenance des grandes plaines du Bassin Parisien et exportées, mais dont le trafic est assez fluctuant. Le port augmente son trafic de conteneurs, qui est monté en 2009 à 122 000 evp (boîtes standard) pour 1 Mt de marchandises; les trois terminaux pour conteneurs sont à Radicatel, Grand-Couronne et au port Saint-Gervais de Rouen; des lignes régulières sont entretenues, notamment avec l'Irlande.

Rouen reçoit aussi des navires de croisière (27 00 passagers en 2009), en raison de sa proximité de Paris; l'opérateur Radisson en a même fait une tête de ligne. En amont du centre-ville de Rouen, le port fluvial enregistre 3,8 Mt de marchandises (contre 5 Mt pour celui du Havre) et se classe en quatrième position en France. Un Musée maritime a été aménagé au port Saint-Gervais; Rouen organise périodiquement des rassemblements de voiliers très fréquentés: l'Armada, dont la quatrième édition a eu lieu en 2003 et a réuni 34 grands voiliers, attirant des centaines de milliers de spectateurs.