Saillagouse

1 050 hab. (Saillagousains), 1 135 ha, chef-lieu de canton des Pyrénées-Orientales dans l'arrondissement de Prades, 49 km OSO de Prades en Cerdagne. Le village, à 1 300 m, domine la haute vallée du Sègre et a une gare du Train jaune. Le finage comprend les hameaux de Védrignans (parc résidentiel de loisirs), un peu plus haut au sud, et Ro, plus bas à l'ouest; il est de forme assez contournée, mais monte peu sur versant nord du Puigmal où il n'atteint que le pic de Segalera (2 180 m). Saillagouse viendrait du saule (par salico) et fut un village de potiers; c'est aujourd'hui un village de services bien équipé, doté d'hébergements touristiques diversifiés, d'un centre de pneumologie pour enfants, d'un centre d'interprétation archéologique, d'un musée du jambon et de la charcuterie.

La commune avait fusionné avec Llo de 1974 à 1984; elle avait un peu plus de 500 hab. de 1870 à 1960, et a crû ensuite, mais inégalement; elle vient de gagner 190 hab. entre 1999 et 2009. Plus de la moitié de ses logements, soit 570, sont des résidences secondaires, ce qui est déjà beaucoup pour une bourgade sans station; elle a aussi un hôtel (40 chambres) et un camping (210 places). Le village est le siège de la communauté de communes Pyrénées-Cerdagne (13 communes, 7 900 hab.).

Le canton a 10 800 hab. (10 200 en 1975), 21 communes, 49 136 ha dont 10 853 de bois, ce qui en fait le plus étendu de la région. Il est limitrophe de l'Espagne, de l'Andorre et du département de l'Ariège et entoure l'enclave espagnole de Llivia. Correspondant pour l'essentiel au haut bassin du Sègre, il s'appuie sur trois éléments géographiques: au sud, le rebord septentrional du massif du Puigmal; au centre, la haute plaine de Cerdagne; au nord et à l'ouest, les massifs du Carlit et de Campcardos, séparés par le col de Puymorens. Ses communes ont autant que possible cherché à disposer de terroirs de haute plaine et de pacages en montagne, ce qui explique des limites communales aux dessins parfois curieux.

Le plus oriental des villages est Eyne (Eina, 130 Eynois, 2 036 ha dont 347 de bois), 5 km à l'est de Saillagouse à 1 500 m, qui donne sur le signal de la Perche (1 622 m) au débouché de la vallée de l'Eyne; celle-ci, étroite et rectiligne, descend des pics de Fenestrelles (2 826 m) et d'Eyne (2 786 m) et a été promue réserve naturelle en 1993; au-dessus du village a été aménagée la station de ski dite non sans exagération Eyne-2 600, qui fait partie de l'ensemble de la station de Cambre d'Aze; Maison de la Montagne, avec expositions. Eyne a un hôtel et 570 résidences secondaires pour 40 principales; elle est la seule station pyrénéenne à faire partie de l'Association des Villages de Montagne, il est vrai limitée à une douzaine de sites en France…

Llô (Llo en catalan, 160 Llotois, 2 844 ha dont 672 de bois) se perche à 1 600 m au-dessus de Saillagouse, à 2 km ESE; en amont, la commune occupe toute la haute vallée du Sègre jusqu'aux pics de Fenestrelles et de Sègre (2 795 m); sources d'eau chaude, église romane, restes de château; une via ferrata a été équipée pour l'escalade; un petit hôtel, 110 résidences secondaires sur 180 logements.

Err (660 Errois, 2 592 ha dont 2 000 de bois) est à 2,5 km au sud de Saillagouse, à 1 350 m au débouché de la vallée d'Err, que son finage occupe en entier et où a été aménagée la station de ski d'Err-Puigmal (25 pistes, 10 remontées mécaniques). Le Puigmal (2 910 m) trône au fond; gare du Train jaune au village, bains chauds et clinique (22 lits). La commune a gagné 100 hab. de 1999 à 2009; elle a 4 campings (390 places) et 400 résidences secondaires sur 700 logements.

Ces trois communes sont frontalières; il n'en est pas de même de Sainte-Léocadie (140 Léocadiens, 888 ha dont 124 de bois, à 1 290 m), qui s'élève peu en montagne où elle atteint le puig d'Estaqué (2 060 m); le village est à 4 km au SO de Saillagouse; on y trouve gare, aérodrome(code LFYS) avec aéroclub et centre d’entraînement militaire au vol en montagne, une piste de 800 m gazonnée; un musée cerdan à la ferme Cal Mateu, et une vigne que l’on dit la plus haute d’Europe; table d’orientation à 1 681 m. La commune a 40 habitants de plus qu'en 1999, et 430 résidences secondaires pour 50 principales. Nahuja (60 70 Nahujans, 560 ha, à 1 350 m), juste au SO, est minuscule mais réussit à avoir un peu de plaine, un peu de montagne.

Osséja (1 610 Osséjans, 1 713 ha dont 1 293 de bois), 8 km au SO de Saillagouse et 3 km au SE de Bourg-Madame, à 1 250 m, a bien plus d'ampleur et son finage atteint presque la crête frontière; c'est depuis longtemps une station de cure, marquée par l'ouverture du sanatorium en 1925; elle a cinq établissements de soins (enfants, pneumologie, post-cure, convalescence, rééducation), institut médico-éducatif, qui occupent 400 personnes et offrent plus de 80 lits médicaux; plan d'eau avec base de loisirs; aplec de sardanes, concours international des chiens de berger, expositions de gravures rupestres. La commune a 60 hab. de plus qu'en 1999; un camping; 750 résidences secondaires (55% des logements).

Le village de Palau-de-Cerdagne (450 Palausans, 1 150 ha dont 393 de bois), à 1 270 m, est jointif de celui d'Osséja et sa population a augmenté de 52 hab. (12%) entre 1999 et 2004; mais la commune s'étire loin tout au long de la frontière espagnole, jusqu'à la Coma Morera (2 205 m), où elle déborde même un peu de la crête principale; les comtes de Cerdagne y eurent au 10e s. un palais d'été, d'où le nom (palau = palais); école d'équitation, un camping, 250 résidences secondaires (55% des logements).

Reste dans le massif du Puigmal une seule commune enfoncée dans la montagne et éloignée de la haute plaine, Valcebollère (Vallcebollera, 44 Valcebollérencs, 2 603 ha dont 785 de bois), 5 km en amont d'Osséja à 1 500 m dans une vallée profonde et boisée, dominée par la Coma Morera et, plus haut, le pic de Dorria (2 539 m); elle offre un musée de l'agriculture cerdane; plusieurs routes forestières donnent accès au plan de Salinas, sur la crête frontière; un hôtel, 50 résidences secondaires sur 70 logements.

Le territoire de la commune d'Estavar (440 Estavarois, 924 ha dont 120 de bois), 5 km NONO de Saillagouse à 1 300 m, est le moins «montagnard» de la partie méridionale du canton de Saillagouse, mais monte tout de même à 1661 m au nord, au-dessous d'Égat; il comporte plusieurs hameaux, dont Bajande, ancienne commune rattachée en 1822, au sud. Le village-centre est très proche de Llivia, près du confluent de l'Angoustrine et du Sègre; un festival vidéo est organisé avec Llivia; église à fresques; maçonnerie Cer Mat (25 sal.). La population, tombée à 110 hab. en 1962, a augmenté depuis mais lentement. Estavar a deux campings (210 places) et 550 résidences secondaires sur 800 logements.

Au-delà de l’enclave espagnole de Llivia, la partie septentrionale du canton de Saillagouse est un peu différente, et très marquée par la route de Toulouse en Espagne. Bourg-Madame en est la commune principale. Un peu au nord de Bourg-Madame (4 km), au confluent du Carol et de l’Angoustrine, le petit village d’Ur (370 Urois, 679 ha), à 1 200 m, se cantonne aux basses pentes; il a conservé ou retrouvé sa population de la fin du 19e siècle, gagnant 60 hab. de 1999 à 2009. L’église a une abside triple; maison de convalescence; elle a deux campings (120 places), 160 résidences secondaires sur 300 logements.

Enveitg (Enveig, 680 Enveigtois, 3 052 ha), 2 km à l’ouest au-dessus du Carol, à 1 230 m, est également frontalière; mais son finage va très loin au nord jusqu’à la crête SO du Carlit où elle atteint le roc del Pounchut (Punxó, 2 581 m) et celui de la Font Grand (2 712 m). Le nom de la commune se dit à peu près Ennevaïtch. La population communale a fluctué entre 380 et 730 hab. depuis un siècle et demi, sans tendance nette, en partie au gré des chantiers; elle a gagné 50 hab. de 1999 à 2009. Au vieux petit hameau de Brangoly (Brangoli), sur la faille bordière du massif du Carlit, subsiste un dolmen; centre d’aide par le travail, plusieurs colonies de vacances, un camping (120 places), 380 résidences secondaires sur 730 logements.

Enveitg partage avec Latour-de-Carol (440 Carolans, 1 263 ha dont 190 de bois, à 1 250 m) la gare terminus du Train jaune, qui est aussi branchée sur le réseau espagnol à écartement différent et devait assurer trois électrifications distinctes sur les lignes vers Toulouse, Perpignan et Barcelone; une cité de cheminots y avait été établie; la voie ferrée vers Toulouse est en cours de rénovation. Le village de Latour est à 9 km au NO de Bourg-Madame; la commune, frontalière, se cantonne aux bas versants de la vallée du Carol depuis l’abandon des finages de Porta et Porté: elle a eu 1 500 hab. dans les années 1820, 630 en 1876 et sa population est à peu près stabilisée depuis 1950. Des villages de vacances sont au hameau d’Yraval, où se trouve une chapelle à mobilier très riche; maçonnerie Rénovbat (25 sal.). La commune a un hôtel, un camping, 230 résidences secondaires sur 460 logements.

Au-dessus de Latour-de-Carol, passé le site du saut et des ruines du vieux château de Carol, se trouvent les deux communes de Porta et Porté. Le village de Porta (140 Portais, 6 519 ha dont 975 de bois), est à 18 km NO de Bourg-Madame et à 1 510 m; son finage, détaché de Latour-de-Carol en 1837, s’étale largement en montagne le long des frontières de l’Espagne et de l’Andorre et au débouché des tunnels routier et ferroviaire du Puymorens dans le défilé de la Faou. La commune a eu 400 hab. en 1876; mais elle a repris 40 hab. depuis 1999. Son territoire englobe à l’ouest la vallée du Campcardos («champ de pierres»), enrichie de petits lacs sous le Puig Pedros (2 905 m) et le Camp Couloumer (2 860 m) à la frontière espagnole, et le pic Nègre d’Envalira (2 825 m) à la frontière andorrane. En outre, elle déborde au NO sur les pelouses du haut bassin de l’Ariège, le long de la frontière andorrane, dans le cirque de Font Nègre; elle y inclut le site frontalier du Pas de la Casa. Une nouvelle station de sports d’hiver nommé la Porte des Neiges y a été équipée sur 1 000 ha, avec 4 000 lits, sous l’égide du promoteur espagnol Sacresa, et pense parvenir à 300 emplois; la commune a 150 résidences secondaires sur 220 logements.

Porté-Puymorens (140 Portéens, 4 942 ha dont 1 118 de bois) est à 3 km au-dessus de Porta, à 1 610 m, sous l’abri du col de Puymorens. La commune a été détachée de Porta en 1860, elle-même sortie de Latour-de-Carol en 1837; elle avait atteint 450 hab. en 1911. On y voit les ruines d’el Castell, l’ancien château seigneurial, et une station de ski (17 pistes, 13 remontées mécaniques), un centre Ufolep. La commune a un camping (60 places, 300 résidences secondaires sur 360 logements. Son territoire s’étire d’ouest en est sur 14 km, depuis les pics orientaux de Font Nègre (2 814 m) jusqu’au pic de Col Rouge (2 835 m) sous le Carlit. Une partie du finage, à l’ouest et au nord, donne sur le bassin-versant de l’Ariège; il reste des traces de l’ancienne mine de fer. Le reste est tributaire du Carol, et compte une forêt communale d’ombrée et de petits lacs.

En revanche, le Carlit et le haut bassin du Carol, avec le lac de Lanoux, appartiennent à la commune d’Angoustrine. Le rebord méridional du massif du Carlit forme balcon au-dessus de la haute plaine cerdane, et ce site d’adret a fixé toute une série de villages et de hameaux. Angoustrine-Villeneuve-les-Escaldes s’y est taillé la meilleure part des estives et le plus vaste finage. Un peu à l’ouest des Escaldes, le petit village de Dorres (180 Dorrois, 2 477 ha dont 283 de bois) se tient à 1 450 m, 10 km au nord de Bourg-Madame; son finage monte jusqu’au pic du Col Rouge (2 835 m); le nom, préroman, pourrait évoquer des sources (Etorras à l’origine). La chapelle romane de Belloc (Bell-Iloc), issue d’un monastère, se tient au-dessus du village (panorama sur la Cerdagne); musée des tailleurs de pierre, sources chaudes (sulfurées à 42 °C) et bains «romains» avec piscines ouvertes. La commune a perdu 40 hab. depuis 1999; elle a un hôtel, et 140 résidences secondaires sur 240 logements.

Vers l’est, Targassonne (210 Targassonnais, 780 ha) est un autre village du balcon, à 1 600 m, dont la notoriété vient de son spectaculaire chaos de boules granitiques, aussi réputé que ceux du Sidobre ou du Huelgoat; l’ancienne centrale solaire expérimentale de Thémis (1976-1986) à 1 650 m, au hameau de Vilatte, devait fournir de l’électricité au réseau; mais elle n’était pas rentable; elle a été réaménagée en «théâtre multimédia» image et son. Le finage de Targassonne est restreint, mais monte toutefois à 2 138 m; observatoire, site de vol libre. La commune a un hôtel, un camping et 130 résidences secondaires sur 220 logements

Égat (Èguet, 470 Égatois, 447 ha dont 110 de bois) est un peu à l’est, à 1 800 m, sous la forêt de Font-Romeu, à 13 km de Saillagouse comme de Mont-Louis; il y reste une vieille tour d’un château du 13e s.; la commune a un camping, et 170 résidences secondaires sur 360 logements. Juste au nord de Saillagouse, l’association des villages formant Font-Romeu-Odeillo-Via est évidemment le site le plus connu de la Cerdagne.