Saint-Affrique

8 940 hab. (Saint-Affricains) dont 660 à part, 11 096 ha dont 3 744 de bois, chef-lieu de canton du département de l’Aveyron dans l’arrondissement de Millau, 31 km au SO de Millau dans la vallée de la Sorgue, affluent du Dourdou, au confluent de deux profonds vallons. Son site lui vaut de se flatter d’avoir «sept montagnes et cinq ponts». Elle fut une ville drapante et de tannerie, elle reste un gros marché agricole et un foyer de services appréciés, dont le centre hospitalier a été âprement défendu contre des menaces de fermeture, et compte 82 lits.

La ville a un collège et un lycée publics, un collège et un lycée privés, plus un lycée professionnel agricole public (la Cazotte, 330 élèves) et un lycée agricole privé (Vaxergues); matériels électriques pour l'aéronautique SEFEE (115 sal.), fromagerie (Fromagère de Saint-Affrique, 55 sal.), viandes Oviasud (30 sal.), charcuterie Grand Saloir Saint-Nicolas (25 sal.); supermarché Super-U (70 sal.), agence de voyages Filcall (25 sal.).

L’église n’est que de 1913, mais s’inspire du gothique flamboyant et sa flèche atteint 71 m de haut; temple protestant de 1806; vieux pont sur la Sorgue, de 1270; musée-maison de la Mémoire, depuis 1994. La grande affaire est évidemment l’agro-alimentaire: Roquefort est à 12 km; un musée Pastoralia est consacré au «monde des brebis». La commune s’étend très loin vers l’ouest au nord du Dourdou. Aux environs de la ville, au nord, beau site dominant du rocher de Caylus; château de Valhauzy à l’est, refait au 19e s. dans le style des châteaux de Loire; au nord-est de la commune, dolmen au village de Tiergues. La population communale fut de 6 000 hab. en 1820, 7 000 en 1900; elle a culminé à 8 500 (sdc) en 1982 avant de diminuer régulièrement; puis elle a augmenté de 530 hab. entre 1999 et 2009.

Le canton a 12 800 hab. (11 800 en 1999), 11 communes, 36 195 ha dont 11 170 de bois; il a pour axe la vallée du Dourdou, que prolonge en amont, vers le SE, celle de la Sorgue; il associe un morceau du causse du Larzac à l’est, où se trouvent Roquefort-sur-Soulzon et ses voisines Tournemire et Saint-Rome-de-Cernon, et une large part du rougier de Camarès à l’ouest.

Vabres-l’Abbaye (1 150 Vabrais, 4 136 ha dont 1 491 de bois), 4 km en aval de Saint-Affrique au confluent de la Sorgue et du Dourdou, est soudée à l’agglomération et sa population augmente depuis 1968 (720 hab.); mais elle fut de plus de 1 600 hab. dans les années 1830. Le village est né d’une abbaye bénédictine de 862 et il lui reste une église qui fut érigée en 1317 en cathédrale, le pape d’Avignon Jean XXII (originaire de Cahors) ayant souhaité dédoubler l’évêché de Rodez; c’est la création du département en 1790 qui a mis fin au diocèse. Vabres accueille un Intermarché (40 sal.) et le siège de la communauté de communes du Saint-Affricain, qui groupe 8 communes (11 400 hab., 31 500 ha).

En aval, Calmels-et-le-Viala (250 Calvialais, 2 320 ha dont 858 de bois) s'étend, depuis la réunion des deux paroisses dans les années 1790, des deux côtés du Dourdou qui y dessine un grand méandre encaissé. Le Viala se perche sur un promontoire du coteau de rive gauche, où sont des restes d'anciennes mines de cuivre. Calmels n'est plus qu'un minuscule hameau du méandre, rive droite, en amont du Viala. À 16 km en aval au bord du Dourdou, le gros château de Saint-Izaire (330 Saint-Izariens, 3 448 ha dont 1 292 de bois) relevait des évêques de Vabres; il a des parties des 14e, 17e et 19e s., et un petit musée épiscopal; musée d’art traditionnel au village, qui a conservé un certain aspect médiéval.

La vallée de la Sorgue au sud de Saint-Affrique se partage entre deux communes, Versols-et-Lapeyre (450 Verpeyrais, 2 795 ha dont 555 de bois) à 9 km du chef-lieu, Saint-Félix-de-Sorgues (200 Saint-Féliciens, 3 100 hab. dont 1 011 de bois) 8 km en amont; toutes deux ont des finages qui montent sur le causse au nord, sur la crête de la Loubière au sud, et ont quelques vieilles pierres d’intérêt: un vieux pont en dos d’âne et le tympan roman de l’église en ruine de Lapeyre, le château de Montalègre à Versols (13e s. à tours d’angles, rénové et hôtelier), pont vieux (14e s.) et maisons anciennes de Saint-Félix, qui a aussi un parc animalier au sud en montagne, au hameau de Drulhe. Les deux communes ont eu plus de 800 hab. chacune au milieu du 19e s. Versols a gagné 90 hab. (un quart) de 1999 à 2009.