Saint-André

52 100 hab. (Saint-Andréens) dont 330 à part, 5 307 ha, commune de la Réunion sur la côte au Vent à 26 km ESE de Saint-Denis. Elle a été commune dès 1741; elle est divisée en trois cantons. La ville se tient à 3 km de la côte, sur la N 2. La commune, à l’origine Saint-Joseph et dont le nom rebaptisé est venu du prénom d’une notabilité locale en 1740, est bornée au sud par la rivière du Mât, la plus longue de la Réunion (35 km), aux crues redoutées, et qui fut une barrière difficile à franchir aux premiers temps de la colonisation. La limite nord suit la Grande Rivière Saint-Jean, ce qui rapproche de la ville de Sainte-Suzanne le territoire communal, et accorde à Saint-André une douzaine de kilomètres de côte.

Tout au nord, Bois-Rouge y conserve l’une des deux sucreries de l’île, au bord du rivage (135 sal. permanents et 100 saisonniers, 8 000 t/j). Vendue par le groupe Bourbon au consortium sucrier métropolitain Union-SDA (devenu Téréos), elle compte aussi une forte participation du groupe réunionnais GQF (Quartier Français); elle traite 800 000 t de canne par campagne, provenant de 1 700 planteurs (8 400 ha), et en tire 84 000 t de sucre, dont la moitié sont envoyées en France métropolitaine; la distillerie de rhum de Savanna fait partie du complexe et produit 10 millions de litres de rhum par an. Un peu à l’est sur la côte, l’étang de Bois-Rouge est protégé comme réserve naturelle régionale, sur 30 ha.

La plaine est très peuplée, notamment par les quartiers urbanisés de Cambuston (au nord), Ravine Creuse et Rivière du Mât-les-Bas à l’est, la Cressonnière et Mille Roches au sud. Mais le finage se rétrécit vite sur le relief, où il n’atteint pas 1 000 m. Une route suit la profonde vallée de la rivière du Mât, qui sort en gorge du cirque de Salazie, et fournit à Salazie son seul accès. Le grand parc d’attractions nautique et touristique du Colosse englobe la sucrerie et la centrale électrique à charbon et bagasse de Bois-Rouge (1992, 100 MW en trois groupes depuis 2004), pilotée par EdF et L’Air Liquide et qui fournit plus de 10% des besoins de la Réunion.

La commune bénéficie d’un nouveau port, du musée-maison de la Vanille et d’un musée historique (Dan’tan longtemps), de temples tamouls dont celui du Colosse: la commune a été à l’origine de la communauté tamoule dans l’île; le Dipavali (fête de la Lumière, d’origine indienne) y est particulièrement célébré, en octobre. On y visite aussi la belle villa créole Valliamée, construite en 1925 et qui appartint à une famille de la bourgeoisie tamoule avant d’être acquise par la commune.

Saint-André a quatre collèges publics (dont le plus gros de l’île, 1 400 élèves) et un privé, deux lycées polyvalents (dont un de 1 600 élèves) et un lycée professionnel (1 100 élèves, avec internat), tous publics, une maison familiale rurale. Elle héberge également un service du centre hospitalier de Saint-Benoît avec un centre de soins de longue durée, et une maison de retraite. Les cultures principales sont la vanille, la canne et les légumes. La commune a moins d’emplois (8 400) que de personnes occupées (10 000) et compte 8 000 «actifs» sans emploi. Le taux de chômage est à 45%. Le quartier de la Cressonnière, avec une partie du centre-ville, est classé en «zone urbaine sensible». Sa population augmente sensiblement: elle était de 43 600 hab. en 1999, 35 400 en 1990. Le maire est Éric Fruteau, professeur, qui a battu en 2008, avec l’appui du Parti communiste réunionnais, le sénateur UMP Virapoullé, maire depuis 1972.