Saint-Jean-Pied-de-Port

1 700 hab. (Saint-Jeannais) dont 260 à part, 273 ha, chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantiques, dans l’arrondissement de Bayonne, à 46 km au sud de celle-ci; Donibane-Garazi en basque. C’est, au bord de la Nive, sur la route de Roncevaux, un traditionnel haut lieu du passage des Pyrénées, dont le nom signifie «au bas du col». C’est aussi le chef-lieu du pays de Cize, et comme tel une vieille ville et un centre d’excursions, dans un petit bassin d’habitat plutôt dispersé. Sa population a fluctué sans beaucoup évoluer depuis deux siècles; elle a eu tendance à diminuer depuis 1975 et s'est stabilisée après 1999.

La bourgade figure parmi les «villages de charme» et «de caractère» et son patrimoine est riche: citadelle (1628) avec remparts et redoutes, enserrant une «ville haute» touristique toute de pierres lie-de-vin (grès du permo-trias); hôtel de ville de Mansart, églises, prison des Évêques (classée) également en grès rouge; foire aux fromages en août; une fromagerie, une banque locale, collège et lycée polyvalent publics, un collège privé. La ville est le siège de la communauté de communes de Garazi Baigorri (30 communes, 11 800 hab.). Le territoire est borné au nord par les deux confluents successifs du Laurhiber et de l'Arzuby, puis de leur union avec la Nive de Béhérobie. Dans la plaine ont pris place la gare terminus et des équipements d'enseignement et de sports.

Le canton, frontalier, dont le chef-lieu est excentré au nord-ouest, a 6 400 hab. pour 19 communes et 32 960 ha dont 6 049 de bois. Il correspond surtout au haut bassin de la Nive, très accidenté, peu habité et d’accès difficile, mais dont les maisons dispersées sont bien entretenues et profitent d’un certain intérêt touristique (randonnées). Uhart-Cize (650 Uhartiars) est juste à l'ouest du chef-lieu et participe à sa croissance; son territoire est traversé par la Nive d'Arnéguy, et se termine au nord à son confluent avec la Nive proprement dite. Ispoure (610 Izpurars, 785 ha) jouxte la ville au nord. Son village est entre le Laurhibar et l'Arzuby, doté d'une clinique de 34 lits. Au-delà du cours de l'Arzuby, son territoire monte sur le haut relief de l'Harchuria à 481 m (table d'orientation, parking) et du pic d'Arradoy (660 m), qui dominent au nord un grand cirque de rive droite de la Nive.

Saint-Jean-le-Vieux (890 hab., 1 164 ha), 4 km à l’est du chef-lieu, Donazahar en basque, au-dessus du Laurhibar, a une église inscrite du 12e s., des restes de plusieurs châteaux médiévaux et de la redoute de Belle Esponda (18e s.), maisons anciennes et chapelles, un ancien castrum romain avec musée archéologique et une base de loisirs au lac d’Harrieta. Son territoire comprend à l'ouest le hameau de la Magdeleine sur la rive droite du Laurhibar, et le château d'Irunberry perché au-dessus de la rive gauche; au sud du village, le château de Salla et un centre de vacances. Au nord, il englobe un grand vallon qui descend vers l'Arzuby à l'est du pic d'Arradoy.

Bustince-Iriberry (100 hab., 567 ha) associe dès le 18e siècle deux villages de la vallée de l'Arzuby au nord-est de Saint-Jean-le-Vieux, Iriberry en aval et Bustince en amont; son finage englobe à l'ouest un massif de collines montant à 379 m. Jaxu (160 Jatsuars, 1 065 ha) est au nord-ouest de Bustince dans la vallée NO-SE du Jaxubiko, affluent de l'Arzuby, et à 10 km NE de Saint-Jean-Pied-de-Port par la D 22 qui assure une liaison directe. Son finage s'étend sur les reliefs au nord et à l'ouest, montant à 555 m à l'Ihizgorri. Lacarre (140 Lakartars, 440 ha) est sur la grand route (D 933) à 9 km ENE du chef-lieu, sous le château d'Harispe. Son finage monte au sud à 597 m.

Ainhice-Mongelos (170 Ainhiztars-Monjolostars, 1 030 ha) occupe l'angle nord-est du canton , sous le relief du Pagaburu (543 m) qui la borde au nord. Mongelos est un gros hameau sur la route principale (D 933), Ainhice est un peu au nord dans un bassin du haut Arzuby. Ils sont associés depuis les années 1790. Gamarthe (120 Gamartars, 991 ha) est la dernière commune au nord-est, à 12 km ENE du chef-lieu; le village est dans l'une des vallées de tête de l'Arzuby sur une dérivation de la grand route. Son territoire s'étend surtout vers le sud, où il englobe la butte isolée de l'Eheta (637 m) et redescend dans la haute vallée de la Laminosine, où est le gouffre Laminia.

Bussunarits-Sarrasquette (180 Duzunariztars-Sarasketars, 1 204 ha) est à l'est de Saint-Jean-le-Vieux et son territoire s'étend d'ouest en est au sud de ceux de Lacarre et de Gamarthe. Résultat d'une fusion de 1841, comprend à l'ouest le hameau de Bussunartis, près duquel sont la mairie et le fronton, et un peu en aval le château d'Aphat (15e et 18e s.). Sarrasquette est un peu plus à l'est dans une vallée. Vers l'est le relief atteint 783 m au Lauhiburu; la D 120 communique avec la vallée de la Laminosine par le col de Gamia (508 m) où est un hôtel.

Ahaxe-Alciette-Bascassan (300 Ahastars-Altzietars-Bazkazandars, 1 464 ha) est une commune qui associe trois hameaux de vallée distincts d'ouest en est, à 8 km ESE environ du chef-lieu: Bascassan près de la rive gauche du Laurhibar (église et benoîterie des 17e-18e s.); Ahaxe au nord-est, au bout de la colline isolée de l'Ahaxamendy; Alciette encore plus à l'est (église inscrite, en partie du 12e s.). Ahaxe s'est jointe en 1842 à Alciette-Bascassan, déjà réunies auparavant. Au sud d'Ahaxe sont, aux abords de la D 18, le fronton et des élevages piscicoles. Le finage atteint au nord-est le Lauhiburu. Au sud-ouest, le finage de Bascassan monte à 756 m au Gatarre, près duquel est le dolmen de Buluntza.

Lecumberry (190 Lekunberritars, 5 809 ha dont 1 500 de bois) est au sud de la précédente à 10 km ESE de Saint-Jean-Pied-de-Port dans la vallée du Laurhibar. Le village y est doublé par le hameau de Bastida, de l'autre côté du Behoriéguy, affluent du Laurhibar qui coule parallèlement à lui dans la vallée. Le relief qui domine à l'est le village porte le site protohistorique classé du Gastellu à 629 m; plus au nord, latitude de la commune monte à 792 m au Coheguy; un petite route monte au col des Palombières (614 m) par lequel elle permet de joindre Hosta et la vallée de la Bidouze. Le territoire communal, très contourné, et très étranglé dans sa partie centrale entre ceux de Mendive et d'Estérençuby, s'étire loin vers le sud à travers forêts et estives, jusqu’à la frontière et aux abords de la forêt d’Iraty; il monte, par la vallée de l’Estérenguibel, jusqu’au sommet d’Occabé (1 456 m), point culminant du canton, auprès duquel se voit un cromlech de pierres levées. Le GR 10 et la D 301 serpentent sur ces hauteurs, tandis que la D 18 suit la crête qui limite à l'est le finage de Lecumberry. L'extrême sud de la commune est au-delà de la ligne de partage des eaux et appartient ainsi au bassin de l'Iraty et donc de l'Èbre.

Mendive (200 Mendibars, 4 177 ha dont 1 500 de bois), juste en amont de Lecumberry, dont le finage n’atteint pas la frontière mais monte par la haute vallée du Laurhibar jusqu’au pic Mendibel (1 411 m) et au pic Chardeka (1 440 m). Le col de Burdincurutcheta, franchi à1 135 m par la D 18, marque la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Nive et de l'Iraty. Aux abords de la D 18, sont dans la commune le dolmen de Gastaynia et la chapelle Saint-Sauveur (12e s.). Sur le versant de soulane du Laurhibar court vers l'est la D 417, sous la crête vive du pic de Béhorléguy (1 265 m), qui est dans la commune. L’activité pastorale a été soutenue, voire relancée, par les laiteries.

Béhorléguy (80 Behorlegitars, 2 058 ha dont 300 de bois) est un village juste à l'est de Mendive, sur la D 117, perché au-dessus de la vallée de l'Urhandia, affluent de droite de Laurhibar. Le finage s'étend vers le sud-est sur les deux vastes versants de cette vallée, montant à 1 268 m à l'est au sommet du Hauscoa. La D 117 passe par les cols de Landerre (1 072 m) et d'Apanice (1 044 m) qui ouvrent sur la Haute-Soule; un gouffre est au col d'Apanice (ou Aphanize) à la limite du territoire de Mendive; un dolmen de Xuberaxain est sur la crête entre Laurhibar et Urhandia au bord de la D 417 et aussi à la limite du territoire de Mendive.

Caro (200 Zaroars, 401 ha.) à 3 km SE de Saint-Jean-Pied-de-Port, et Aincille (130 Ahintzilars, 626 ha) à 5 km SE, sont des villages de basses collines entre les vallées du Laurhibar et de la Nive de Béhérobie; le finage de Caro dépasse toutefois le cours de la Nive vers l'ouest. Celui d'Aincille parvient au sud à 756 m au sommet du Gatarre, qu'elle partage avec Bascassan. Saint-Michel (250 hab., 3 030 ha dont 709 de bois), à 4 km SSE du chef-lieu, est sur la rive droite de la Nive de Béhérobie. Son territoire va loin au sud, par la vallée de Mendiola au bout de laquelle sont le pic d'Hastateguy (1 142 m) et l'ancienne redoute du Château Pignon (16e s.), et encore au-delà où il englobe la forêt d'Orion et atteint à la frontière l'Urculu (1 419 m). La D 428 circule dans ce haut bassin parsemé de cabanes pastorales, sortant de la commune à l'ouest par le col d'Elhursaro à 1 152 m.

Juste en amont du confluent de la vallée de Mendiola, la Nive de Béhérobie a franchi le défilé des gorges de Soussignaté, qui isole quelque peu le territoire d'Estérençuby (360 Ezterenzubitars, 4 587 ha dont 991 de bois). Le village est à 8 km au sud-est de Saint-Jean, au confluent de la Nive de Béhérobie et de l'Estérengubel qui vient de l'est. La commune a été créée en 1842 à partir de fractions de huit communes du canton; elle avait 890 hab. en 1851 et n'a cessé de se dépeupler qu'en 1999. Le finage, qui atteint au sud la frontière d'Espagne, contient ainsi les hauts bassins de ces deux rivières, sauf à l'ouest la fraction du bassin de la Nive qui revient à Saint-Michel et une petite en Espagne à la source même de la Nive. Il atteint le col (1 76 m) et le pic d’Errozate (1 345 m). La D 301 remonte la vallée de la Nive et se divise ensuite en deux branches, l'une (D 428) vers l'ouest et Arnéguy par les hautes pâtures de Saint-Michel, l'autre (D 301) vers la vallée d'Iraty par le pic d'Arthaburu (1 156 m) et les hauts de Lucumberry. Le GR 10 traverse la commune, avec gîte d'étape et table d'orientation de Kaskoleta au-dessus d'Esterenguibel et du petit hameau de Phagalcette.

De Saint-Jean-Pied-de-Port, la route vers l’Espagne, ouverte en 1883 par la vallée encaissée de la Petite Nive (aussi Valcarlos), mène à Roncevaux par le col d’Ibañeta, qui est à 16 km du poste frontière; elle sort de France à Arnéguy (280 Arneguitars, 2 121 ha dont 315 de bois), 8 km au sud du chef-lieu, et suit encore la frontière sur 7 km. Elle emprunte l’une des grandes traversées pyrénéennes traditionnelles. La frontière suit le cours du torrent, ce qui fait qu’elle coupe en deux un bassin d’habitat assez dense, dont les deux versants sont liés par de nombreuses traditions d’échange; c’est ainsi que les habitants du hameau d’Ondarolle à Arnéguy, au sud du village principal, continuent à pratiquer leurs actes religieux en face, à Valcarlos (Espagne). Le finage d'Arnéguy s'étend exclusivement à l'est de sa Nive; il atteint au nord les premières maisons de Saint-Jean-Pied-de-Port et s'étire vers le sud-est le long de la frontière, englobant le pic de Leizar Athéka (1 409 m). La montagne est desservie par la D 128 (qui devient D 428 à l'est à Saint-Michel).